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Hors Service
Le futur RER : les veines de la métropole
Sabotons les travaux du Réseau Express Régional
Le silence relatif qui entoure les gigantesques travaux en cours pour
le fameux réseau ferroviaire RER est tout à fait inquiétant. Ce
n'est pas que les politiciens et gestionnaires de tous bords n'ont
pas fait la pub de ce projet, ni que les riverains ou les populations
bruxelloises ne sont pas concernés par les travaux qui avancent.
Car, aux quatre coins de Bruxelles, des dizaines d'engins et des
centaines d'ouvriers travaillent pour niveler la terre, abattre les
obstacles sur le chemin des tracés, creuser des fossés à deux pas
des maisons, déverser du béton à tout va, construire les
installations électriques rudimentaires, creuser d'énormes tunnels,
etc. Non, les travaux ne se passent pas en silence, mais ils semblent
bien passés sous silence.
Penchons-nous donc un instant sur les motivations de ce projet
monstrueux. L'ambition affichée et défendue ne pourrait être plus
claire : garantir à Bruxelles, métropole en devenir, un réseau
de transport rapide, viable, sécurisé et omniprésent. Si les
nombreux réaménagements de quartier poussent de plus en plus les
basses couches de la société, main-d’œuvre pourtant
indispensable au capital hors de la ville, vers les périphéries, il
est évident que le pouvoir s'est demandé comment tous ces gens-là,
une fois stockés hors de la ville, vont réussir à venir à
Bruxelles pour bosser dans les zones industrielles, les entreprises
liées à l'aéroport, les divers ateliers de l'intérieur de la
ville...
Le développement urbain de Bruxelles, qui vise à adapter la ville
toujours plus aux exigences et besoins de l'économie et du contrôle,
a peut-être son tendon d'Achille : le transport urbain qui doit
garantir le va-et-vient des travailleurs et des consommateurs, des
cadres et des administrateurs. Sans connexion aux réseaux de
transport, toutes les autres constructions horrifiantes et abjectes
(centres commerciaux, centres administratifs, usines, aéroport,
centres de divertissement) seraient comme des organes sans veines.
Les futurs lignes et tracés du RER forment comme une toile qui
renfermera tout ce qui entoure la ville, le collera à celle-ci,
l'associera à son activité économique et à sa gestion sociale. Le
RER, on le voit dans des métropoles déjà fort développées comme
Paris ou Londres, ce sont ces wagons remplis de gens tristes dont la
vie ne ressemble nullement à un voyage, une découverte, une
aventure, mais plutôt à un train-train prédéterminé et éternel,
entre la cage à poules qui leur sert de maison et le boulot. Le RER
est le symbole des valeurs que prône la société actuelle :
obéir, travailler, consommer, crever. En toute vitesse et en toute
sécurité.
Pour arrêter le train-train quotidien, il n'y a d'autre choix que de
tirer, de force, le frein d'urgence. C'est la seule façon
d'interrompre un quotidien fait d'esclavage et de résignation.
S'opposer à la construction du RER appelle à une approche
semblable : des actes directs et sans médiation pour mettre des
bâtons dans la roue des travaux. Une fois résolu à l'action, une
fois déterminé à agir pour arrêter cet ouvrage de la domination,
le révolté scrute l'horizon et distingue les cibles, disséminées
partout, sur et au-delà du territoire de Bruxelles : des
dizaines, voire des centaines de kilomètres de chantiers, de
travaux, et les baraques, engins, transformateurs, matériaux de
construction, etc. qui vont avec... et ne sont aucunement à l'abri
de celui qui a développé sa critique de ce projet et arrive à
cette conclusion pratique : saboter les chantiers du RER, c'est
s'attaquer au pouvoir qui configure l'espace et le temps en fonction
de l'exploitation, de l'oppression et du contrôle.
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Numéro 36
Le Travail libère-t-il ?
Le travail pénètre et détermine
toute notre existence. Le temps coule impitoyablement à son rythme
alors que nous faisons la navette entre d’identiques environnements
déprimants à une allure toujours croissante. Le temps de travail…
Le temps productif… Le temps libre… La moindre de nos activités
tombe dans son contexte : on considère l’acquisition de la
connaissance comme un investissement pour une carrière future, la
joie est transformée en divertissement et se vautre dans une orgie
de consommation, notre créativité est écrasée dans les limites
étroites de la productivité, nos relations -même nos rencontres
érotiques- parlent la langue de la performance et de la rentabilité…
Notre perversion a atteint un tel point que nous recherchons
n’importe quelle forme de travail, même volontairement, pour
remplir notre vide existentiel, pour « faire quelque chose ».
Nous existons pour travailler, nous travaillons pour exister.
L’identification du travail avec l’activité humaine et la créativité, la domination complète de la doctrine du travail comme destin naturel des humains a pénétré notre conscience à une telle profondeur que le refus de cette condition forcée, de cette contrainte sociale, semble être devenu un sacrilège pour le concept même d’humanité.
Alors n’importe quel travail devient meilleur que pas de travail du tout. Ceci est le message répandu par les évangélistes de l’existant, sonnant les trompettes pour la course à la compétition toujours plus frénétique entre les exploités pour quelques miettes tombées de la table des patrons ; pour l’instrumentalisation et le nivelage complet des relations sociales en échange d’un peu de travail misérable dans les galères de la survie.
Ce ne sont pas, cependant, seulement les conditions générales de travail qui créent l’impasse. C’est le travail comme une totalité, comme un processus de commercialisation de l’activité humaine qui réduit les humains à des composants vivants d’une machine qui consomme des images et des produits. C’est le travail comme condition universelle dans laquelle les relations et la conscience sont formées, comme la colonne vertébrale qui maintient et reproduit cette société basée sur la hiérarchie, l’exploitation et l’oppression. Et en tant que tel, le travail doit être détruit.
Alors nous ne voulons pas simplement devenir des esclaves plus heureux ou de meilleurs managers de la misère. Nous voulons redonner son sens et son essence à l’activité humaine et à la créativité en agissant, conduits par la recherche de la joie de la vie à travers la connaissance, la conscience, la découverte, la camaraderie, la solidarité.
Pour la libération individuelle et collective …
Nous existons pour travailler, nous travaillons pour exister.
L’identification du travail avec l’activité humaine et la créativité, la domination complète de la doctrine du travail comme destin naturel des humains a pénétré notre conscience à une telle profondeur que le refus de cette condition forcée, de cette contrainte sociale, semble être devenu un sacrilège pour le concept même d’humanité.
Alors n’importe quel travail devient meilleur que pas de travail du tout. Ceci est le message répandu par les évangélistes de l’existant, sonnant les trompettes pour la course à la compétition toujours plus frénétique entre les exploités pour quelques miettes tombées de la table des patrons ; pour l’instrumentalisation et le nivelage complet des relations sociales en échange d’un peu de travail misérable dans les galères de la survie.
Ce ne sont pas, cependant, seulement les conditions générales de travail qui créent l’impasse. C’est le travail comme une totalité, comme un processus de commercialisation de l’activité humaine qui réduit les humains à des composants vivants d’une machine qui consomme des images et des produits. C’est le travail comme condition universelle dans laquelle les relations et la conscience sont formées, comme la colonne vertébrale qui maintient et reproduit cette société basée sur la hiérarchie, l’exploitation et l’oppression. Et en tant que tel, le travail doit être détruit.
Alors nous ne voulons pas simplement devenir des esclaves plus heureux ou de meilleurs managers de la misère. Nous voulons redonner son sens et son essence à l’activité humaine et à la créativité en agissant, conduits par la recherche de la joie de la vie à travers la connaissance, la conscience, la découverte, la camaraderie, la solidarité.
Pour la libération individuelle et collective …
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Numéro 36
Ce qui se trouve en haut, peut tomber très bas
Connexions sans fil et colliers invisibles
Le
commerce des relais de portable est en pleine expansion à Bruxelles.
Avant, on retrouvait surtout ceux-ci sur les bâtiments les plus
hauts, mais il semble qu'aujourd'hui toute construction qui dépasse
un étage est susceptible d’accueillir des antennes. Les opérateurs
s'adressent aux propriétaires pour louer des toits. Et ces proprios
aiment bien se faire un peu de fric en plus. De toute façon, eux ne
seront pas emmerdés par les antennes car le plus souvent, eux, ils
ne
habitent
pas là. Les cancers provoqués par les rayonnements, c'est bon pour
les locataires.
Les opérateurs font tout pour augmenter la puissance de leur réseau. Alors,
y aurait-il eu des plaintes à la suite de conversations
téléphoniques perturbées ou interrompues à cause d'une mauvaise
connexion? Dans les régions les moins peuplées (par des humains et
des antennes), on appelle sans fil malgré que les traits indicateurs
du réseau ne s'allument pas tous.
Le problème n'est pas là. Ici, on travaille pour l'avenir. Car ces
entreprises sont convaincues que bientôt, nous aurons tous besoin
d'un smartphone,
et par conséquent d'une connexion ultra-rapide pour suivre tout
en live, en temps réel,
directement.
On
assiste déjà quelque peu à ce phénomène. On voit de plus en plus
de personnages (souvent en costard, près des institutions
européennes – les eurocrates)
qui s'agitent en tapant sur leur portable, ne regardent pas autour
d'eux, ne fixent que leur écran, qui les connecte au monde ; la
toile mondiale. Connexion permanente, communication directe. Le
quotidien virtuel se constitue de banalités :des opinions sur
ceci ou cela, le buzz de la journée, de la minute et « Regarde,
celui-là a mis à jour sa photo de profil ! ».
D'innombrables événements qui exigent tous une réaction :
j'aime.
Suivre en permanence –
je suis
–, tous spectateurs d'une réalité virtuelle. Dans le flux
constant des messages, il n'y ni le temps, ni l'espace pour prendre
du recul, pour se décider et orienter la vie réelle.
Les
vieux téléphones portables portaient déjà en eux de vous rendre
joignable à tout moment (pour qui ? Pour quoi?) et de permettre
un mécanisme de contrôle intégré (pour les employeurs, les
parents - « où
es-tu »
- et pour les différentes services de police). La nouvelle
génération d'appareils a étendu ces exigences à l'infini virtuel.
Une marée d'entreprises étudient et pilotent notre comportement
virtuel pour nous refourguer leurs produits et services. L'accès à
ces portables et aux « réseaux sociaux » est une mine
d'or pour la répression (« Qui
est-il ? Où est-ce qu'elle est maintenant ? Qu'est-ce
qu'il fait ces derniers temps ? Y-a-t-il une photo plus
récente ? »).
Il y a quelque temps, il y a eu un peu d'agitation parce que les
opérateurs veulent aussi développer les réseaux 4G (traduction :
une meilleure connexion pour les appareils nouveaux qui coûtent la
moité d'un salaire mensuel). Les normes de rayonnement compliquent
ce développement souhaité. S'en sont suivi immédiatement des
menaces du monde commercial sur combien d'institutions et
d'entreprises ne pourraient plus opérer à Bruxelles et combien ça
serait mauvais pour l'économie (« oh, sainte économie, ils ne
savent pas ce qu'ils font, pardonne-les leur ignorance et donne-nous
la rente quotidienne »). Un esprit attentif qui sait lire entre
les lignes, découvre de belles possibilités dans une information si
banale. Les réseaux de communication sont un rouage essentiel et,
surtout, vulnérable dans la destruction et l'humiliation
quotidiennes auxquelles se livrent l'économie et les puissants.
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Numéro 36
Syrie
Nous ne
sommes pas avec la dictature,
Ni avec son
opposition,
Nous sommes
avec la liberté.
Le pouvoir
fera toujours son mieux pour massacrer non seulement la révolution
elle-même, mais aussi son esprit. Par contre, il réussira jamais à
l’exterminer. L’esprit révolutionnaire resurgira toujours à un
moment imprévu.
En 2011, en
Tunisie, cet esprit a enflammé les cœurs des opprimés pour après
détruire des comicos, des prisons, le pouvoir de Ben Ali. Cette
esprit qui ne connaît pas de frontières a ensuite animé et
encouragé de millions de gens dans des différentes pays.
Aussi en
Syrie, où une population qui en a marre d'avoir peur et qui désire
la liberté, s'est soulevée pour mettre fin à plus de quarante ans
de régime de la famille al-Assad. Bashar al-Assad y a répondu par
des massacres , et au cours du conflit d'autres pouvoirs s'y
sont mêlés : l’Iran, le Hezbollah, les monarchies du Golfe, les
pouvoirs de l'Occident, les Frères Musulmans, Al Qaida,…
La cruauté
des défenseurs de Bashar et le sale jeu sectaire entre tous les
pouvoirs présents sur le terrain, a crée une situation qui semble
une spirale de guerre civile sans espoir.
Mais, dans
cette mêlée, il y a des personnes qui continuent à se battre, non
pas pour remplacer le pouvoir actuel avec le leur, mais pour rien de
moins que la liberté. Nous sommes solidaires avec ces rebelles-là.
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Numéro 36
L'évasion est nécessaire
Ce monde est une prison
à ciel ouvert
Se maintenir en forme - Le
train-train quotidien est une arme très puissante du système. On
crève au boulot, on crève à faire la queue devant les
administrations, on crève devant l'absence de vraies relations.
Notre cerveau pourrit de préjugés et de fausses valeurs comme le
pouvoir, l'argent, l'obéissance. Se tenir en forme pour être
capable de briser cette routine, exercer son esprit pour réfléchir
par soi-même, c'est entamer les hostilités contre ce système qui
nous enferme.
Chercher des complices -
Personne ne se révoltera à notre place, cela dépend entièrement
de nous-mêmes. Mais sur le chemin de la révolte, on croisera aussi
d'autres enragés. Ces complicités et ces solidarités permettront
des attaques toujours plus vastes contre le pouvoir.
Scier les barreaux - Le
pouvoir a des noms et des adresses : les banques, les
supermarchés, les institutions, les commissariats, les dépôts ;
les huissiers, les matons, les politiciens, les riches, les
balances ; les transformateurs qui alimentent leurs usines de
mort, les relais de télécommunication qui nous enchaînent à la
technologie. Ce sont tous des cibles à portée de main. N'attendons
pas de voir de grandes manifestations avant de déchaîner notre
rage, attaquons ici et maintenant, même à peu nombreux. En
commençant à scier les barreaux du pouvoir, la révolte peut faire
écho auprès d'autres rebelles et se répandre toujours plus.
Préparer sa fuite - Si le
pouvoir ne peut pas être reformé, s'il faut alors le détruire de
fond en comble, nos armes doivent être chargées de liberté. Sans
savoir où aller, sans réfléchir le pourquoi de nos révoltes, on
ne peut pas espérer s'évader du monde du fric et de l'autorité.
Déchaînons les mauvaises passions, n'ayons pas peur des ruines,
mais recommençons aussi à rêver. Car aucun pouvoir ne peut
résister à celui qui se bat pour sa dignité, pour la dignité et
la joie de vivre en femmes et en hommes libres.
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Numéro 36
Brèves du désordre 36
La belle – Vers deux heures du
matin, deux prisonniers sans-papiers s'évadent du centre fermé pour
illégaux de Steenokkerzeel, le 127bis, en coupant les barreaux. Bon
courage aux fugitifs.
Bas les pattes de mon corps -
Les murs et monuments sur le point de rassemblement de l'annuelle
marche pour la vie (contre le choix de pouvoir avorter), organisée
par des associations de catholiques intégristes, de conservateurs et
de fascistes ont été recouverts de slogans comme « Avortement
libre », « Libre choix », « Avortez
le pape, mon corps est à moi »,... C'était près de la
gare centrale, et plus personne n'y sera passée sans avoir lu et vu
les nombreuses cris de bataille pour l'avortement libre, la sexualité
libérée, la liberté des esprits et des corps...
Cache-cache
– Cinq véhicules banalisés de la police, garés discrètement sur
un parking privé un peu hors de la ville de Hasselt, ont été bien
amochés : vitres brisés, carrosserie fêlée, rétroviseurs
arrachés, pneus crevés,... Flics en uniformes, flics en civils,
flics sur le coin de la rue, flics derrière les écrans des
caméras... hors de nos vies !
Vingt
– Pour la vingtième fois depuis 2007, les bureaux du parti
fasciste Vlaams Belang a Gand ont été attaqués. Cette fois-ci, les
assaillants ont jetés des bombes de peinture et ont peint le slogan
« Le squat
continue » sur la
façade.
Crame, chantier, crame – Dans
le zoning industriel d'Anderlecht, un incendie volontaire s'est
déclaré sur le chantier de construction d'une nouvelle structure
industrielle. Il n'y a pas de détails sur les dégâts, mais la
police dit d'avoir arrêté le coupable de l'incendie qui aurait volé
du cuivre sur le chantier avant d'y bouter le feu. En tout cas,
opposons-nous de mille manières à la construction d'horreurs comme
des usines et à l'extension des zones industriels.
Au-delà des frontières –
Mi-avril, l'ambassade de la Belgique à Berlin a été attaqué :
des assaillants ont jeté de la peinture noir, fracassé la porte
d'entrée, arraché le parlophone et ont peint le slogan « Bezahlt »,
c'est-à-dire, payé
ou comptes réglés.
Nous saluons cette attaque contre cette représentation de l'Etat
belge, Etat que nous combattons ici comme nous voulons abattre tous
les Etats du monde entier. En France, fin avril, un sabotage
incendiaire a détruit 4 engins de chantier de l'entreprise Eiffage,
constructeur notoire de prisons (en France comme en Belgique). Dégâts
estimés : 500 000 euros.
Sabotage
–
La veille d'une manif européenne des bateliers contre les nouveaux
règlements dictés par l'Union Européenne, pas moins de 30 écluses
(soit un sur deux) ont été sabotés sur l'ensemble des voies
navigables wallonnes. Deux
types de dégradations ont été commises : de la glu a été
apposée sur les serrures des locaux donnant accès aux postes de
commandes des écluses et des câbles électriques ou hydrauliques
ont été sectionnés. Parmi les installations les plus touchées,
celles qui sont sur le canal Charleroi-Bruxelles et sur le canal du
Centre, en particulier, l’écluse d’Obourg. Lors de la manif à
Bruxelles, les bateliers en sont d'ailleurs venus aux prises avec les
policiers.
« Libérez
Saint-Gilles »
- Début avril, un inconnu a appelé à la prison de Saint-Gilles et
a menacé qu'il y avait une charge explosive cachée dans les
bâtiments. L'inconnu revendique la libération de tous les
prisonniers de Saint-Gilles. Après une fouille, la police n'a pas
trouvé rien de suspect ; la prison n'a pas non plus été
évacuée. Par contre, quelques jours plus tard, c'est l'alerte à la
bombe dans le centre commercial Basilix à Berchem-St-Agathe. La
police ordonne l'évacuation et fouille le bâtiment sans rien
trouver. Encore quelques jours plus tard, c'est le tour au Palais de
Justice de Bruxelles. Plusieurs équipes de policiers fouillent en
vaine les bâtiments. « Mille
institutions du vieux monde sont marquées d'un signe fatal. »
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Numéro 36
En lutte !
Contre la construction d'une
maxi-prison et tout ce qui nous opprime
L’État veut construire 13 nouvelles
prisons, dont une au nord de Bruxelles, à Haren. Soi-disant pour
fermer St gilles et Forest. Ce projet nous fout la rage ! La
taule de Haren sera la plus grande prison jamais construite en
Belgique. Elle pourra enfermer au moins 1200 personnes, et
concentrera la plupart des régimes carcéraux qui existent : des
femmes, des mineurs, des prévenus en attente de jugement, des
personnes sous internement psychiatrique. Et même un tribunal pour
ne plus avoir à faire de transferts.
Nous luttons contre ce projet parce que
les taules nous font horreur, que nous ne voulons d'aucune prison,
pas même des nouvelles hyper modernes et des mensonges
d'humanisation qui vont avec. Ils veulent nous endormir avec leur
discours, mais une cage reste une cage. Les prisons, servent à
enfermer ceux qui nuisent au pouvoir. Ils sont privés de leur
liberté de mouvement et parqués comme des chiens, cachés derrière
des murs, pour bien nous faire comprendre ce que ça coûte de pas
respecter les lois. Régulièrement, des personnes sont torturées
par les matons qui se croient tout permis. La loi couvre les
tabassages, et les scandales qui éclatent de temps à autre le
prouvent bien. L'Etat se garde le monopole de la violence pour nous
maintenir sous contrôle et que nous restions de bon petits citoyens
obéissants et travailleurs. Et les autres finiront au trou!
Nous ne luttons pas pour «
dénoncer les mauvais traitements », ni exiger de meilleurs
conditions de détention, une meilleure police ou un capitalisme
moins brutal. On n'a aucun espoir que l'Etat nous écoute, on n'a
rien à attendre ni à demander. Que ce soit en Grèce ou en Espagne,
y'a des milliers de gens dans les rues, qui expriment leur dégoût
et leur colère, et l'Etat leur envoie les keufs et multiplie les
mesures d'austérité. En vrai, la répression devient de jour en
jour plus présente, et le pouvoir lui, renonce à aucun de ses
projets pour faire toujours plus de fric. On licencie des milliers de
personnes d'un côté, et on construit des taules de l'autre. La
crise c'est pas dans le sécuritaire, on pourra devenir maton,
vigile, ou contrôleur! Mais si on mange pas de ce pain là, et qu'on
choisit la débrouille en marge de la loi, ce sera p'têt les anciens
collègues de boulot qui auront les clés de notre cellule...
On est tellement scotché dans la
survie que c'est dur de capter ce qui se trame. Et ça, c'est tout
sauf un hasard. On est tellement moins dangereux abruti par le taf,
la télé et les pubs! Obligé de trouver du fric, de travailler pour
payer notre vie de galérien, notre loyer toujours trop cher pour un
espace minuscule, notre bouffe pleine de poisons. On nous bourre le
crâne jusqu'à ce qu'on trouve ça normal de passer notre vie à
taffer et à se consoler en achetant des télés, des portables et
des fringues. On veut nous dresser à coup de propagande. Citoyens
par ci, intégration par là, droit de vote, « liberté
» de manifester, « liberté » de s'exprimer. On nous
a tellement répété que la démocratie c'était mieux que la
dictature qu'on n'ose même plus réfléchir à ce que ça veut dire
« liberté » . Mais qu'est ce qu'on attend ? Des
gens torturés à mort par les keufs, ou qui se font tabasser
salement en manifs, y'en a déjà. Des caméras pour nous surveiller,
y'en a déjà. Et des flics avec des uniformes de toutes les couleurs
à tous les coins de rue pour que ça fasse pas trop peur aux
touristes, aussi. Y'a tout un paquet de prisons qui se prépare! Tout
est mis en place pour qu'on accepte bien gentiment de faire tourner
ce monde de merde.
Y a pas de mot suffisant pour décrire
ce qu'on subit tous les jours. Tout le monde en bave, c'est chacun
pour soi alors que tout le monde galère. Mais tant qu'on est vivant,
on a la possibilité de reprendre sa vie en main. Comme en Egypte ou
en Tunisie, un petit accrochage peut embraser la ville. Tous les
pouvoirs gardent bien en tête que ça peut péter d'un moment à
l'autre. Ceux qui ont la puissance et le fric ne sont pas prêts à
lâcher leurs privilèges. Ils font tout pour écraser les
possibilités de révolte, parce qu'ils savent très bien que leur
pouvoir n'est pas indestructible. Ils voudraient canaliser nos rages
pour qu'on respecte les "lois" et "la démocratie",
et qu'on perde notre temps avec des partis politiques ou des
syndicats, à faire semblant d'améliorer le quotidien. C'est juste
une façon de plus pour qu'on reste calme, et que toute cette colère
qu'ils créent ne se transforme pas vraiment en menace. Mais on n'a
pas besoin de ça. On n'a pas besoin de chef, pour nous dire quoi
faire et comment, même si on arrête pas de nous faire croire que la
hiérarchie c'est indispensable. On peut décider pour nous mêmes.
On peut très bien s'organiser, en se rencontrant, et même en petit
nombre, discuter de tout ce qui peut être fait.
Parce que cette nouvelle taule va pas
seulement nous compliquer la vie.
Parce qu'elle va aussi rajouter une
couche de souffrance, puisque ce sera 1200 personnes en plus dans les
cages de l'Etat.
Parce que la vie s'annonce de plus en
plus difficile, et que de plus en plus de personnes vont se retrouver
avec la menace de la taule au dessus de leur tête.
Parce que le pouvoir a besoin de cette
taule pour nous faire peur et qu'on se tienne tranquille.
Cette prison ne sera pas construite sur
notre résignation. Ce chantier peut être empêché, mais surtout,
le pouvoir est partout autour de nous, et partout où il est, il peut
être attaqué. Il n'y aura jamais assez de flics pour surveiller
tout qui permet à la ville de nous étouffer. Soyons ingouvernables,
et attaquons tout ce qui nous détruit!
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Numéro 35
Rassemblement St-Gilles
Après des distributions assez
intensives de nombreuses tracts (dans la rue, sur le marché, dans
les boîtes aux lettres, devant les prisons, dans les prisons, aux
sorties de métro,...) les jours avant, le samedi 16 mars, un
rassemblement contre la construction d’une maxi-prison a eu lieu à
côté de la Porte de Hal (St-Gilles). Quelques dizaines de personnes
ont participé au rassemblement, qui a surtout permis de marquer la
volonté d’une lutte radicale contre cette nouvelle prison et ce
qu’elle signifie dans les transformations de Bruxelles. Deux
banderoles étaient accrochés, il y avait du son et une table de
presse avec des tracts, brochures, autocollants, affiches etc. Comme
lors des distributions précédentes, les réactions des gens dans la
rue étaient, en général, franchement sympathiques et intéressés,
démontrant parfois une claire volonté de lutter. Il s’agit donc
de s’auto-organiser pour donner corps et âme à cette lutte, à
trouver des angles d’attaques et des espaces autonomes de
discussion, loin des partis, syndicats et politiciens de tout genre.
Lors du rassemblement, la police était présente dans les rues
alentours (une dizaine de fourgons anti-émeute de la police
fédérale, l’autopompe et quelques équipes de flics en civil),
mais n’est pas intervenue.
Dans le quartier bien effleuri
d'affiches contre la maxi-prison, de graffitis, de banderoles, une
petite manif sauvage contre la construction d'une maxi-prison et la
ville-prison à parcouru quelques jours plus tard les rues de
Saint-Gilles, faisant beaucoup de bruit à coups de "Ni flic, ni
maton, ni maxi-prison - Ni fric, ni patron, vive la rébellion"
et de pétards.
Partout et toujours, la liberté ne se
donne pas, elle se prend. Que la peur change de camp et que la lutte
reprend la rue.
Pour plus de nouvelles de la lutte
contre la construction d'une maxi-prison à Bruxelles, allez sur
www.lacavale.be où se trouve également un court-métrage
“Maxi-prison vs Maxi-rébellion”.
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Numéro 35
Vouloir
Nous voulons rompre avec la
routine quotidienne. On est piégé en permanence dans une toile
d'obligations. Dans une carrousel qui ne cesse de tourner. Si on ne
travaille pas, on ne peut plus payer les comptes. Si on ne paye plus
les comptes, tout est coupé et on est expulsé de la maison. Nous
nous levons le matin pour aller au boulot, le soir nous rentrons
fatigués, sans envie de créer nos propres projets ou de vivre nos
passions. Il est plutôt clair qui si rien ne change, on ne fera pas
demain ce qu'on ne fait pas aujourd'hui. Le train d'obligations et de
stress permanent qui nous écrasent, cherchent toujours à nous
décourager pour prendre nos vies en mains et les vivre à notre
guise. Courbé, on accepte tout.
Nous voulons
en finir avec la lutte pour la survie dans laquelle on est jeté.
Jour après jour tenter de boucler les fins du mois. Espérer que ce
sera le tour au voisin d'y succomber et pas le nôtre. Et à première
vue, il ne semble pas que les temps vont s'améliorer. On doit
regarder les choses en face : c'est à chacun de nous de
reprendre sa vie en main. Nous ne pouvons pas attendre, nous n'y
avons tout simplement ni le temps, ni l'envie.
Nous voulons
détruire toutes les institutions qui nous font avaler la merde
quotidienne. Depuis qu'on est né, il y a eu partout des personnes
cherchant de nous avilir et de nous abrutir afin de participer à la
marche de l'acceptation. Sur les bancs de l'école, ils nous
apprennent à obéir et ne pas bouger. On nous raconte combien belle
et géniale serait notre société. Et les tâches qui salissent
cette image, comme par exemple les prisons ou la différence entre
riches et pauvres, sont couvertes par le manteau du « mal
nécessaire ». Ensuite, il faut trouver du boulot, faire
carrière. Car celui qui ne veut pas travailler, n'aurait pas de sens
de responsabilité. Si nous ne voulons pas accepter toute cette
merde, il y aurait certes quelque part un assistant social pour nous
remettre sur le droit chemin, avec un peu de force. Et derrière
l'assistant, le flic, le juge et le maton attendent pour tenter de
nous briser.
Nous voulons
l'action directe pour éliminer tous les obstacles qui nous
oppriment. Nous ne voulons pas attendre jusqu'à ce qu'un quelconque
politicien cherche de nouveau à nous faire croire qui si nous
voterons pour lui ou le suivrions, tous nos problèmes seront
résolus. Et nous ne voulons pas nos plus les lendemains qui chantent
ou l'au-delà sacré. Personne ne nous prendre à la remorque. Ici et
maintenant, nous passerons à l'action que nous estimons nécessaire
et souhaitable. Toute institution, tout politicien, tout patron, tout
chef trouvera en nous toujours des ennemis. Nous rompons avec le
train train quotidien et l'acceptation d'un monde qui put la mort,
l'obéissance et l'oppression.
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Numéro 35
L’imprévu
D’une manif à une attaque en règle contre les keufs
Plusieurs organisations, politiques et syndicales, avaient lancé l’appel à une manifestation « contre les violences policières » pour le 15 mars. Avant de vous raconter comment cette initiative leur a heureusement quelque peu échappé, nous aimerions nous attarder quelque peu sur le contenu que ces organisations avançaient dans le cadre de cette « action ».
S'ils avaient pour but de dénoncer les « abus » policiers, ils revendiquent, au fond, une « meilleure » police, une police moins brutale. Or, non seulement il s'agirait de quelque chose contraire à la nature même de toute institution policière, dont la fonction est justement le contrôle et la coercition, qui produisent toujours leur lot de tortionnaires, tabasseurs, violeurs et racketteurs, mais, surtout, revendiquer une police moins brutale revient à légitimer l’existence de la police, à la renforcer... Et donc, à dire que la liberté n’est pas possible hors du cadre d’un Etat, avec ses lois et ses sbires.
Quant à nous, si nous nous battons pour la liberté, c’est parce que nous pensons qu'après avoir supprimé les sources de l’oppression et de l’exploitation, les êtres humains seront capables de vivre en liberté, c’est-à-dire, de vivre leur vie à leur guise et de faire des accords entre eux quand cela leur semble nécessaire. L’Etat, c’est la négation de la liberté, une négation qui, pour se maintenir, a recours à la police, à l’armée, à la prison… ainsi qu'à l’intégration de ses possibles opposants via le dialogue, la participation, les élections et tout ces choses-là. Le système réussit à se maintenir autant grâce à la police qui le protège que grâce à la collaboration de ceux qui le subissent ou l’acceptent.
De fait, dès le début de la manifestation, les organisations qui l'avaient appelée ont montré de quel monde ils rêvent : tout le monde devait marcher derrière un camion-sono qui crachait leurs slogans tandis qu’une petite armée de service d’ordre, spécialement recrutée pour l’occasion, encadrait les « manifestants ». Si les organisateurs prétendaient dénoncer les abus de la police, ils se montraient déjà prêts à la remplacer eux-mêmes.
Fort heureusement, l’imprévu vient souvent bouleverser les plans de ces apprentis-chefs. Ainsi, vers la fin de la manifestation, l’encadrement a été débordé par des dizaines de personnes ne voulant ni se plier aux mots d’ordre officiels, ni se courber devant les vigiles des organisations. Une patrouille de police a été attaquée et quatre flics en civils (d’ailleurs, des types bien connus pour leurs interventions musclées) ont été coincés et ont bien ramassé. Une demi-heure plus tard, tandis que les révoltés narguaient une rangée d’anti-émeute, les vigiles du service d’ordre ont été pris à partie quand ils tentaient une fois de plus d’endiguer la rage émeutière. Les vigiles et les prêcheurs semaient la confusion, ce qui faisait grandir la méfiance et l'agressivité vis-à-vis de tout ce qui constituait un obstacle (réel ou non) pour les révoltés. Cela amena la situation à un tel point que pas tout le monde ne savait plus distinguer entre complices et délateurs. Les organisations politiques, à travers leur but de tout incorporer dans leurs desseins, sont en grande partie responsables de cet état de fait.
D'ailleurs, pour éviter d'écorner la « bonne image » qu’elles voulaient donner aux médias et aux institutions, elles ont totalement omis d'évoquer ces événements et ces affrontements dans les communiqués qu'elles ont diffusé après la manif'. Alors, une fois de plus, pour quoi se battent-elles, si ce n'est pour remplacer elles-mêmes la police et pour mentir, à l'image des politiciens de toutes obédiences ?
Bien que ce ne soit pas dans nos habitudes, nous voulons bien aider ces organisations politiques et syndicales à en tirer au moins une leçon : ceux qui se battent contre toute autorité et ceux qui se révoltent ne respecteront pas leurs mots d’ordre et ne se laisseront pas effrayer par leurs services d’ordre ou par leur collaboration avec les keufs. Et face à la police, face aux tortures dans les commissariats et aux tabassages dans la rue, face aux chasses à l’homme et aux enfermements, nous ne revendiquerons nullement une meilleure police, nous ne ferons pas des sketches politiques pour gagner de l’influence auprès des institutions. Notre approche, elle est fort simple : dans la mesure du possible, nous leur ferons payer coup pour coup et nous frapperons là où ils ne nous attendront pas, surtout contre ce que la police cherche à défendre. Ingouvernables.
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Numéro 35
Le peuple veut la chute du régime
Le 22 mars, sous les cris « Le
peuple veut la chute du régime » et « Justice et
liberté », des milliers d'opposants, de révoltés et de
révolutionnaires qui se battent pour une véritable révolution
sociale en Egypte, sont descendus dans les rues. Leurs objectifs
étaient clairs et nets : s'approcher des sièges du pouvoir en
place, les Frères Musulmans, et les mettre à sac. Dans cinq villes,
les sièges auraient été brûlés ; dans nombreuses autres,
les locaux, les sièges du parti du président islamiste Morsi ont
été mis à sac.
Sur la colline (en réalité, une toute
petite colline) du quartier Moqatem au Caïre se trouvent les
quartiers généraux des Frères Musulmanes. Afin de protéger ce
bâtiments, des milliers de partisans islamistes sont venus en bus,
mais en traversant le quartier, les habitants leur ont balancé tout
ce qu'ils avaient. Les bus ont été attaqués et brûlés, les
milices du pouvoir ont du se réfugier. Nombreux défenseurs du
pouvoir de Morsi ont été passé à tabac, parfois avec une
virulence qui ne laisse plus rien à deviner concernant la rage et la
haine qu'ils inspirent.
Dans plusieurs endroits de l'Egypte,
les insurgés ont dressé des barrages sur les routes, empêchant la
circulation de la police et des milices du pouvoir. Parfois, ceci a
donné lieu à des véritables batailles rangées qui ont partout
fait reculer les défenseurs du régime.
Cette nouvelle flambée
insurrectionnelle s'inscrit dans un longue parcours de lutte pour une
véritable révolution sociale, une transformation profonde de la
société pour en finir avec l'exploitation et l'oppression. Il faut
tenir en compte aussi que le régime de Morsi est en train de
conclure des accords avec le Fonds Monétaire Internationale pour un
prêt, à condition d'augmenter par exemple le prix du pétrole (ce
qui laisse prévoir une hausse de prix jusqu'à 50%!). En même
temps, nombreuses entreprises multinationales rachètent des terres
et des usines, accueillis les bras ouvert par le pouvoir égyptien.
Ce tout laisse prévoir une intensification de l'exploitation
capitaliste et de la terreur étatique. Souvenons-nous aussi qu'en
décembre, le gouvernement avait réduit les subsides pour le pain,
résultant dans une hausse considérable des prix.
Mais dans nombreuses usines, comme dans
le centre industriel de Malhalla, des grèves spontanées, sauvages
ou auto-organisées sont en cours, des blocages des entrées ou des
axes de transports ont lieu, prenant souvent comme point de départ
les conditions de travail et les salaires, mais puisant leur force
d'un élan révolutionnaire qui tend à remettre radicalement en
question ce monde divisé en puissants et en opprimés, en patrons et
en travailleurs. Ailleurs, d'autres conflits comme des luttes autour
de l'accès à l'eau, contre les expulsions des quartiers pauvres
(souvent auto-construits sans aucune permission) ou les combats
quotidiens contre le renforcement d'une morale et d'une tradition
patriarcal et autoritaire, contribuent à cette gigantesque mosaïque
que forment les tensions révolutionnaires en Égypte.
Soulignons encore que personne n'est à
la tête de ces tensions et ces mouvements révolutionnaires. Certes,
nombreuses contradictions les traversent et de temps en temps, un
nouveau « leader » cherche bien à s'imposer ou à
prendre la direction. Mais jusque là, et à chaque fois, ils ont été
refusés et attaqués immédiatement. On assiste donc bel et bien à
un mouvement divers, autonome et auto-organisé qui est en train de
remettre en cause la fondements de la société autoritaire et
capitaliste. On pourrait dire qu'une véritable révolution sociale
vient de commencer. Faisons tout ce que nous estimons opportuns pour
contribuer à ce que rien ni personne freinera sa route vers la
destruction de tout pouvoir.
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Numéro 35
Brèves du désordre 35
Un pavé dans la gueule – Dans la station Lemonnier, des contrôleurs de la STIB ont jeté un homme qui n'avait pas de titre de transport hors du tram. Quelques minutes plus tard, ce mec celui-ci est revenu armé d'un pavé et a essayé d'éclater la gueule à un contrôleur. A Liège, un « fraudeur » ne s'était pas laissé brutaliser par les contrôleurs et les a passé à tabac dans le bus. Le chauffeur de bus a conduit le bus jusque devant un comico. Des policiers sont sortis pour intercepter le fraudeur exemplaire. Face aux contrôles, ripostons, chacun selon ses moyens. Et comme l'a démontré un individu qui a cassé début mars un véhicule des vigiles de la STIB à la Gare du Nord, il ne faut pas attendre qu'ils viennent vous faire chier, mais plutôt les débusquer partout.
Expédition incendiaire - A Farciennes, un véhicule de la commune a été incendié sur le parking derrière l'administration communale. Le véhicule a été entièrement détruit. Un peu plus tard, ailleurs, c'est un 4x4 qui flambe. L’État est un monstre, mais un monstre avec des tentacules et des points faibles. Pour l'attaquer, il n'y pas besoin de chercher un quelconque cœur (il n'en a d'ailleurs pas), mais il faut plutôt le frapper là où il ne peut pas se défendre, ni se prémunir contre un individu armé avec un peu de détermination qui veut réaliser une attaque modeste, mais significative.
Une par une – A la prison de Turnhout, un prisonnier révolté a mis le feu à sa cellule. La cellule a été détruite, et cinq gardiens prétendent avoir été intoxiqués par les fumées. La police est intervenue pour maintenir l'ordre dans le reste de l'enceinte. Une par une, les cellules brûleront jusqu'à ce que les atrocités comme la prison soient rasés du sol. Pour la liberté, solidarité avec les prisonniers qui luttent.
Les Marolles en force – Trois agents de prévention et de sécurité ont été tabassés par deux jeunes, selon le journal « sans raison apparente », dans l'entrée d'un immeuble de logements sociaux, dans les Marolles. Peu après, des inconnus ont tenté de bouter le feu au local du service de prévention. Auparavant, l'école des devoirs du coin était incendiée. Face à ces gestes réfractaires à l'ordre, une conseillère communale plaide pour plus de patrouilles de police et pour l'installation de caméras de vidéosurveillance.
Un concessionnaire flambe – En pleine milieu de la nuit, un incendie s'est déclaré dans une annexe du concessionnaire/garage DS Motors à Andenne, la détruisant, ainsi que les treize véhicules qu'elle abritait. Quelqu'un a peut-être voulu marquer le coup en boutant le feu à ce symbole du capitalisme et de la consommation. D'ailleurs, quelques jours plus tard, à Haine-St-Pierre, un violent incendie s'est déclaré dans les installations VL Motors. L'intervention rapide des pompiers n'a pas empêché la destruction d'une douzaine de véhicules et des installations de l'entreprise.
Trois en un coup – Le 10 mars, des inconnus ont incendié un immeuble de bureaux à Anderlecht. Celui-ci abrite le siège des entreprises Siemens, Fujitsu et Cytec. Les dégâts sont considérables ; trois foyers ont été découverts par les pompiers qui ont mis quatre heures pour éteindre le feu. Ils ont même dû casser des vitres et faire des trous dans les murs, car l'incendie s'était propagé dans les faux-plafonds et l'isolation des murs. Siemens est un grand joueur sur le marché mondial des technologies industrielles qui ravagent la planète (allant de l'armement au nucléaire en passant par des équipements pour les usines, les transports ferroviaires et les applications domestiques) ; Fujitsu excelle dans le développement technologique et la télécommunication qui transforment le monde en méga-machine et l'être humain en accessoire, tandis que Cytec est une entreprise chimique produisant des plastiques de très haute qualité, comme on peut les retrouver partout dans les campagnes, sur les plages, dans les fleuves, au milieu de l'océan.
De la grève au sabotage – A Sprimont, une grève est en cours dans l'entreprise Meister, suite à l'annonce de la cessation des activités. On se souvient que l'année dernière, quand les ouvriers ont bloqué l'accès à l'entreprise, la direction avait envoyé une milice de vigiles pour briser la grève à coup de matraques télescopiques, Tasers et lacrymogènes. Mais les ouvriers ne se sont pas contentés de croiser les bras : une dizaine d'ordinateurs avec des dossiers de maintenance et de planning ont disparus, tout un stock de marchandises semble avoir été jeté dans l'étang derrière l'entreprise à l'aide de quelques transpalettes, également noyées par la suite. Et les enregistrements des caméras de surveillance protégeant le site ont magiquement disparues. Comment c'était encore ? Ah oui, « contre le capital, vol, pillage et sabotage ! »
Et un chantier retardé... - Dans le zoning industriel de Nieuwland à Aarschot, des inconnus sont pénétrés sur un chantier : ils y ont cassé les vitres de tous les engins de chantiers et des conteneurs qui s'y trouvaient. Les travaux pour implanter une énième structure industrielle subiront quelques retards...
Ministère de la Peinture - Fin mars, la façade du bâtiment du Ministère de la Justice Porte de Hal (St-Gilles) a été la cible de grands lancés de peinture.
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