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Hors Service
Syndrome de Stockholm
Le 13 mai, quelque part en Europe, un
homme est assassiné par la police dans un quartier pauvre. Ce n’est
pas un jeune, et cela ne se passe pas dans une zone connue pour sa
conflictualité. Un homme de plus est tombé sous les balles de
l’Etat. Cette fois cela se passe à Husby, dans la banlieue nord de
Stockholm, ce paradis de la gestion social-démocrate de la
domination. On n’est ni à Paris ni à Londres, pas à Bruxelles ni
à Berlin. Mais qu’est-ce que cela change ? Les riches et
leurs chiens de garde sont partout, et partout aussi existent des
individus prêts à s’armer de courage pour exprimer leur révolte
avec détermination. Même en Suède.
Moins d’une semaine plus tard, la
nuit du 19 mai, des voitures commencent à brûler dans ce même
quartier de Stockholm. La police et les pompiers sont accueillis avec
des pierres. Le lendemain, la rage se transforme en émeute, les
vitres de boutiques, d’équipements publics et d’écoles
commencent à se fendre sous le coup de projectiles. Malgré les
appels au calme et « à la responsabilité citoyenne »,
malgré les promesses des politiciens, les années d’humiliation et
le sang du vieil homme abattu par la police ne s’achètent pas si
facilement. Pour la troisième nuit de suite, ce sont encore près de
30 véhicules qui partent en fumée, mais pas seulement. Deux écoles
et un centre culturel les rejoignent dans un incendie qui devient
contagieux. A Jakobsberg, une autre banlieue située au nord-ouest de
Stockholm, les actes commencent à dialoguer directement entre eux :
un commissariat est attaqué. Les mots ne sont pas nécessaires, et
les destructions ciblées parlent d’elles-mêmes.
La quatrième nuit, près de 90 feux
sont allumés à différents endroits de la ville. Les pompiers
courent partout, protégés par la police, et harcelés par de petits
groupes. A Husby, 300 collabos effectuent des rondes pour contenir
les affrontements. Mais c’est quoi, quelques milliers de flics et
de citoyens qui essayent d’étouffer une émeute, face à la
détermination de dizaines d’émeutiers ? Faute d’oxygène dans
le quartier où tout a commencé, la joie se diffuse un peu plus
loin : trois commissariats de plus sont attaqués, un à Kista
au nord de Stockholm, deux autres au sud de la ville. La police perd
son premier véhicule de patrouille, cramé, et rencontre des lasers
aveuglants en plus des pierres et des molotovs. A 700 kilomètres de
là, dans la troisième plus grande ville de Suède (Malmö),
d’autres incendiaires rejoignent à leur tour le grand bal de la
révolte.
Le jeudi 23 mai, l’émeute dure
toujours. La police de Stockholm commence à s’épuiser, et attend
avec impatience les renforts annoncés. Dans toujours plus de
quartiers de la capitale, les feux touchent non seulement des
voitures (et hop, 70 de plus !), mais visent aussi les intérêts
de l’Etat et des patrons : à Rinkeby, à Södertälje, à
Norsborg, à Tensta (une école), à Kista (une école), à Älvsjö
(un commissariat), à Jordbro (un centre commercial). En dehors de
Stockholm, les flics sont attaqués dans les villes de Borås,
Karlskrona et Malmö. Les assurances commencent à sonner l’alarme,
et chiffrent les dégâts de moins d’une semaine d’émeute à
« plusieurs centaines de milliers d’euros ».
On arrête là, ou on continue de
compter les nuits ? Alors ok, une dernière pour la route, la
sixième. Stockholm est saturée de flics, et beaucoup crient
provisoirement victoire. Sauf que tout n’est pas si simple, et
d’autres grandes villes de Suède se réveillent avec un goût de
cendres dans la bouche : à Orebro par exemple, une école a
brûlé et un commissariat fait l’objet d’une tentative
identique, tandis qu’à Kista, une autre école est partie en
fumée.
Alors, ces émeutes pas si lointaines
nous disent aussi quelque chose d’autre, à nous, ici ? Peu
d’affrontements massifs avec les flics, et beaucoup de petits
groupes mobiles. Des dizaines de voitures brûlées pour attirer les
différents uniformes, puis des guet apens agiles. Et surtout, la
capacité de cueillir une occasion, celle de détruire ce qui nous
opprime au quotidien : une école ici, un commissariat là, ou
un centre commercial encore ailleurs. En Suède, des poignées
d’individus relativement isolés, mais armés de détermination et
d’un peu d’imagination, ont réussi à diffuser leur rage pendant
de longues nuits. Ils ont employé une langue enflammée qui a
directement parlé au cœur et à l’esprit d’autres révoltés
sur des centaines de kilomètres. Et si celle-ci a pu fendre en
quelques jours la glace de la pacification apparente d’un grand
pays nordique, qui sait si d’autres inconnus ne pourront pas à
leur tour être saisis par sa beauté destructrice ? Une sorte
de nouveau syndrome de Stockholm qui se gripperait à travers toute
l’Europe…
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Numéro 37
Hors de nos vies !
Aux Marolles, un homme a
été abattu par les keufs. Les habitants du quartiers avaient encore
crié aux keufs de ne pas tirer.
« Flics, porcs,
assassins ! », c'était le slogan crié pendant les
semaines émeutières en Grèce, 2008, après l'assassinat par les
balles des flics du jeune anarchiste Alexis.
« Flics, porcs,
assassins ! ». Chaque jour, dans les quatre coins du
monde, les flics affirment ce qu'ils sont et confirment le pouvoir
qu'ils protègent. Pour tous ceux qui connaissent leur façon de
faire, leur brutalités, mais aussi leurs mesquineries couronnées du
petit sourire victorieux, il n'y a pas à expliquer pourquoi les
keufs provoquent la haine.
A Bruxelles, la pression
des flics monte depuis un bon moment. Ceux de l'Amigo, ceux de la
zone du Midi, ceux de Molem, et tous les autres. Ils mettent la
pression en permanence, installent la peur, le stress, la méfiance
d'une ville entière afin de la nettoyer. De la nettoyer de tout
comportement bordélique, de tout comportement qui dérange les
riches et leurs différents pouvoirs (de l'UE, de l'OTAN, de l'Etat
belge, de la ville et de la région bruxelloise). Des sanctions
administratives aux keufs des Kobans (pour bien surveiller et
quadriller un quartier), ceux qui emmerdent les chauffeurs jusqu'aux
perquisitions aux domiciles de personnes soupçonnées d'histoires de
« banditisme » et de « terrorisme ».
Les flics sont une des
prétextes pourquoi les gens se révoltent et partent en émeute.
Novembre 2005 en France, août 2011 en Angleterre. Mais aussi en
Egypte, 2011. La torture et la brutalité des keufs étaient un des
moteurs principales qui a déclenché la révolution. Dans les 18
jours du soulèvement contre Moubarak, personne n'a oublié le
célèbre « vendredi de la rage », le jour où 90% des
comicos dans tout le pays ont été attaqués, le jour où les flics
ont dû se sauver dans leurs caleçons, car continuer à porter
l'uniforme signifiait risquer d'y rester. Jusqu'à présent (plus de
deux années après), la présence des flics dans la rue y reste
minimale.
Pour une fois et
toujours :
Flics, porcs, assasins,
Hors de nos vies !
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Numéro 37
Bruxelles, prison à ciel ouvert...
Nous
ne voulons pas de
maxi-prison à Bruxelles ; nous ne voulons pas de nouvelles
prisons ; nous voulons raser au sol tous ces lieux infâmes.
Nous
ne voulons pas que
Bruxelles devienne davantage une ville-prison, taillée pour
satisfaire les riches, les puissants, les eurocrates et les
fonctionnaires.
Nous
ne voulons pas pas
de cette taule parce que nous n’acceptons pas le renforcement
sécuritaire qui en découlera, le durcissement des conditions de
vie, la misère croissante, l’agression policière, l’abrutissement
de nos c?urs
et nos têtes par un monde qui ne tourne que pour le fric et le
pouvoir.
Nous
voulons la liberté.
Nous nous insurgeons pour elle, et combattons pour la liberté de
toutes et de tous.
...Déchaînons-nous !
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Numéro 37
Le désastre au quotidien
La catastrophe n'est qu'un signe de
l'horreur du monde moderne
Un transport ferroviaire de poisons
toxiques déraille à Wetteren. L'intoxication autour de l'accident
cause la mort immédiate d'au moins une personne. Les habitants de la
zone sont évacués, les « consignes de sécurité »
fusent. Ne vous inquiétez pas, l'Etat gère. Comme à chaque
désastre, suivre les consignes qui émanent de l'Etat est le pire
qu'on puisse faire, au lieu de suivre son propre bon sens et
d’écouter son intuition pratique, qui ne sont pas intoxiquées par
les impératifs de ce meilleur des mondes d'usines. Tout leur blabla
est contradictoire : « ne mangez pas les légumes du
jardin », mais « buvez l'eau du robinet » ;
« ne buvez plus l'eau », mais « mangez les aliments
du frigo » (s’ils sont emballés hermétiquement) ;
« retournez chez vous, le périmètre est sécurisé »,
mais des milliers de litres d'eau contaminée ont été déversés
dans le fleuve. Autrement dit, les experts n'osent pas dire ce qui
est pourtant une évidence : du poison, c'est du poison, et il
circule dans l'air, l'eau, la terre. Mais un tel raisonnement leur
semble bien trop simple, d'autant plus qu'il faut absolument éviter
qu’on se pose trop de questions de base comme : d'où viennent ces
poisons ? Comment cela se fait-il qu’on vive dans un milieu
intoxiqué ?
Adressez vous une fois aux ouvriers qui
travaillent dans les complexes chimiques, dans les usines
sidérurgiques, dans les raffineries, dans les centrales nucléaires,
dans les usines de textile, dans les entreprises produisant du
plastique, etc. Ils vous affirmeront sans détour que le désastre de
Wetteren n'est pas exceptionnel, que c'est leur lot quotidien. Chaque
jour, ils sont exposés au poison ; chaque jour, les usines où
ils travaillent crachent des fumées toxiques, des eaux contaminées,
des produits nuisibles. S'indigner par rapport au désastre présenté
comme tel par le pouvoir et son spectacle, c'est oublier que tout
désastre trouve sa cause dans le monde tel qu'il fonctionne
aujourd'hui, c’est oublier que le fonctionnement même du monde
est un désastre.
Les industries ne répondent qu'à
leurs propres exigences : le profit et la religion du
progrès technologique. Pour cela, le capitalisme a toujours sacrifié
et sacrifiera toujours l'humain, l'environnement, la nature. Que ce
soit au Bangladesh (et pas seulement quand les caméras de l'Occident
s'y pointent par hasard) où les ouvriers meurent par milliers pour
produire les vêtements que tout le monde porte, que ce soit dans les
mines en Afrique où des centaines de milliers d'ouvriers courbent le
dos pour déterrer les métaux si précieux pour l'économie, que ce
soit dans les usines à côté d’ici, que ce soit sur les chantiers
de construction où meurent et sont mutilés chaque année des
centaines de personnes sur le territoire belge, etc., le monstre du
capital dévore tout pour réaliser ses profits et maintenir ses
rapports de domination.
Qui en porte la responsabilité,
demanderez-vous peut-être ? Certes, on ne cessera jamais de
souligner que pour changer ce monde, il faut attaquer et éliminer
les puissants, les capitalistes, les patrons, ceux qui profitent du
désastre quotidien et de l'enfer social. Cependant, il n'y a aucune
puissance divine ou extraterrestre qui va venir instaurer le règne
éternel de la justice. La responsabilité n'incombe donc pas
seulement à ces messieurs, mais aussi à tous ceux qui continuent à
leur obéir. Une usine ne peut pas tourner sans ses ouvriers, un Etat
ne peut pas exister sans l'aval de ses sujets. Ne me comprenez pas
mal, je sais bien que le capital et l'Etat reposent aussi sur la
coercition... mais cela ne m'empêche pas de pointer aussi la
collaboration et l'acceptation qui sont également des piliers du
système et coresponsables du désastre actuel. Celui qui parle
encore de la sauvegarde des emplois, doit comprendre qu'il a un
cadavre empoisonné dans la bouche. Celui qui parle encore de
croissance économique et de progrès, doit comprendre qu'il
cautionne les horreurs que produit le capital industriel et
technologique. Celui qui parle encore d'une meilleure gestion de
l'Etat, doit comprendre qu'il participe à la justification des
tortures, des prisons, des expulsions, des guerres… Celui qui ne se
détache pas des chaînes morales que la domination a forgé autour
de ses mains, comme la passivité, l'obéissance, la non-violence ou
le grégarisme, ne sera pas capable de lever la tête, de prendre son
arme et d'en finir radicalement avec celui qui l'exploite et
l'opprime
Par cela, nous ne voulons pas mettre au
même niveau celui qui protège et profite activement du système, et
ceux qui le subissent ; nous ne voulons pas dire que l'esclave
et le maître sont identiques ; mais tout simplement, que
l'esclave qui ne se révolte pas cautionne la persistance de
l'esclavage et l'horreur du monde moderne.
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Numéro 37
Bombe sans retardement
Fouilles à poil systématisées en
prison
La ministre de la Justice, l'abominable
Turtelboom, a encore renchéri pour ajouter une facette
supplémentaire à sa politique sécuritaire. Sa proposition de
systématiser les fouilles à poil dans les prisons, de sanctionner
davantage de faits et d'augmenter le nombre de jours de cachot ou
d'isolement pour les prisonniers « réprimés », a été
acceptée par la majorité en commission. Il ne reste que la
confirmation du parlement entier avant que ces nouveaux mesures
rentrent en vigueur.
L'Etat entend ainsi liquider
l'héritage encore présent de mutineries, de révoltes, d’évasions
et d’actes de dignité ayant eu lieu dans les prisons belges ces
dernières années. Il veut des détenus dociles et résignés, qui
se cament et s'entretuent, qui se désolidarisent des autres et qui
balancent à tout va, plutôt que des prisonniers qui résistent, qui
se battent pour leur dignité, qui ne perdent pas le goût de la
liberté et se révoltent contre la terreur de la prison et de ses
gardiens.
Introduire les fouilles à poil
systématiques, c'est ajouter une nouvelle couche à l'humiliation
par laquelle la prison cherche à détruire la personnalité même du
prisonnier. Prolonger les durées de cachot et d'isolement, c'est
chercher à terroriser toujours plus les détenus pour les garder
dans la soumission. Etendre le nombre de « faits »
sanctionnés, c'est rétrécir encore un peu plus les murs de la
prison afin d'écraser celui qui dérange la Justice et le pouvoir.
A l'époque où l'Etat construisait
deux modules d'isolement à Bruges et à Lantin (2009) afin
d'enterrer vivant les plus rebelles des prisonniers, leurs ouvertures
respectives avait été accueillies par un refus clair et net :
deux mutineries ont saccagé les modules, et toute une myriade
d'actes de révolte a eu lieu à l'extérieur contre des comicos, des
locaux des syndicats de gardiens, des entreprises qui se font du fric
sur l'enfermement et même contre des sections de criminologie à
l’université. Aujourd’hui aussi, nous estimons que ce nouveau
durcissement de la politique carcérale devrait se heurter à un
refus clair et net pour démontrer que la pacification du désir de
liberté dans les prisons ne passera pas en douceur, et à une
offensive de solidarité à l'extérieur des murs.
Refusons cette mesure, soutenons les
uns et les autres dans ce rejet, secouons les amis et amies à
l'extérieur pour qu'ils passent à l'action, à se faire passer les
nouvelles et à se coordonner dans la mesure du possible. Mais pas
seulement à l’intérieur : nous, tous les prisonniers dans la
rue, nous qui sommes enfermés dans l'usine, l'école, l'Etat, le
capitalisme, les papiers, haussons le ton dans le seul dialogue
possible avec les gestionnaires de la torture carcérale :
l'attaque.
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Numéro 37
Opération « Cendres »; Perquisitions chez des anarchistes et anti-autoritaires
Bruxelles – Le 22 mai 2013 vers 6h du
matin, des dizaines de policiers de la section anti-terroriste de la
police fédérale judiciaire investissent et perquisitionnent 3
domiciles où habitent notamment des compagnons anarchistes et
anti-autoritaires ainsi que la bibliothèque anarchiste Acrata.
Toutes les personnes présentes (11) sont arrêtées et emmenées aux
bureaux de la police fédérale.
Les accusations sont :
appartenance à une organisation terroriste, association de
malfaiteurs et incendie(s) volontaire(s). L’opération est baptisée
« Cendres » et est dirigée par la juge d’instruction
Isabelle PANOU, tristement célèbre pour sa longue carrière au
service de l’Etat.
Les policiers emportent de nombreux
documents, des effets personnels, les ordinateurs et tout ce qui a
trait à l’informatique, les GSM’s (téléphones portables), du
matériel d’agitation, etc. Pendant les auditions, auxquelles tout
le monde refuse de collaborer, il apparaît que l’enquête porte
sur des luttes, révoltes et activités allant de 2008 jusqu’à
aujourd’hui notamment contre les prisons, la construction du
nouveau centre fermé de Steenokkerzeel, les transports en commun
(STIB), les institutions européennes et les eurocrates, la
construction d'un RER à Bruxelles, l’OTAN, la machine à expulser,
les huissiers et la construction d’une maxi-prison à Bruxelles.
Sont aussi épinglées des publications telles que Hors Service ou
encore plus généralement des écrits, affiches, etc. diffusés par
des anarchistes et anti-autoritaires.
Vers 13h, tout le monde est relâché
sans avoir eu à comparaître devant la juge d’instruction.
Face à ces accusations de terrorisme
et à leur lot d’intimidations et de harcèlements, il n’y a pas
à abandonner les idées et les actes visant la destruction de toute
autorité et la joie que procure cette bataille.
Continuons à lutter pour la liberté,
à abattre ce monde mortifère qui opprime et exploite.
Rien n’est fini, tout continue
Attaquons ce qui nous opprime
Bruxelles, 23 mai 2013
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Numéro 37
Brèves du désordre 37
A bas le dressage -
Inspiré ou non par le syndrome de Stockholm, mais en tout cas, une
école à Beaufays a été touchée par un incendie volontaire.
L'échevin a annoncé que l'école restera fermée pour quelques
jours. Pareil dans une école à Hannut, où deux classes sont
parties en fumée. Quelques semaines avant, deux écoles à
Anderlecht, près de la cité du Petersbos, avaient été saccagés
par des jeunes (« Tout
a été cassé » a
déclaré la
directrice); plus au moins au même moment, les vitres d'une école
sécondaire à Liège ont été cassées. L'école cherche avant tout
à nous apprendre à obéir et à répéter ce que le pouvoir veut
nous mettre dans la tête ; en cela, c'est une institution de
dressage des individus plutôt que de leur épanouissement
Bourges – Le premier mai, le château de Obigies (Pecq) a été détruit par un incendie. Le feu a pris vers 4h du matin. Le château était la propriété d'un bourgeois notoir du coin. A Louvain, une douzaine de voitures de luxe (Audi, BMW & Alfa Romeo) garées sur un parking ont été endommagées par des inconnus ; une vengeance peut-être modeste, mais bien ciblée.
Déconstructions – A Drogenbos, un chantier d'un nouveau pavé d'appartements a été leché par les flammes. Sur le première étage, vers 20h, un feu y dévorait le matériel d'isolation. A Ruisbroek, le camion et la camionnette d'une entreprise de construction ont été incendiés pendant la nuit ; les véhicules étaient garés à deux endroits différents. A Marcinelles, un important incendie s'est déclaré le soir au sein d'un entrepôt de l'entreprise Alu-win, spécialisée dans les châssis ; le bâtiment a été sérieusement endommagé. Partout le pouvoir et le capital construit pour aménager l'espace selon ses exigences ; que ils se heurtent partout à nos désirs et notre soif d'un monde sans horreurs
Bien chaud – A Droixhe, un quartier bien populaire et bien chaud à Liège, le parking d'une société de location de véhicules a été ravagé par le feu : neuf véhicules détruits. Le feu s'est également propagé aux bâtiments administratifs. Il y a quelques semaines encore, plusieurs heurts avaient opposés des habitants de Droixhe à la police lors des interventions et des tentatives d'arréstation.
Souterrain – A Nivelles, en plein milieu de la nuit, une voiture garée dans le parking sous le supermarché Delhaize est incendiée. Malheureusement, le feu n'attaque pas le plafond afin de détruire ce temple de la marchandisation de nos vies.
Bourges – Le premier mai, le château de Obigies (Pecq) a été détruit par un incendie. Le feu a pris vers 4h du matin. Le château était la propriété d'un bourgeois notoir du coin. A Louvain, une douzaine de voitures de luxe (Audi, BMW & Alfa Romeo) garées sur un parking ont été endommagées par des inconnus ; une vengeance peut-être modeste, mais bien ciblée.
Déconstructions – A Drogenbos, un chantier d'un nouveau pavé d'appartements a été leché par les flammes. Sur le première étage, vers 20h, un feu y dévorait le matériel d'isolation. A Ruisbroek, le camion et la camionnette d'une entreprise de construction ont été incendiés pendant la nuit ; les véhicules étaient garés à deux endroits différents. A Marcinelles, un important incendie s'est déclaré le soir au sein d'un entrepôt de l'entreprise Alu-win, spécialisée dans les châssis ; le bâtiment a été sérieusement endommagé. Partout le pouvoir et le capital construit pour aménager l'espace selon ses exigences ; que ils se heurtent partout à nos désirs et notre soif d'un monde sans horreurs
Bien chaud – A Droixhe, un quartier bien populaire et bien chaud à Liège, le parking d'une société de location de véhicules a été ravagé par le feu : neuf véhicules détruits. Le feu s'est également propagé aux bâtiments administratifs. Il y a quelques semaines encore, plusieurs heurts avaient opposés des habitants de Droixhe à la police lors des interventions et des tentatives d'arréstation.
Souterrain – A Nivelles, en plein milieu de la nuit, une voiture garée dans le parking sous le supermarché Delhaize est incendiée. Malheureusement, le feu n'attaque pas le plafond afin de détruire ce temple de la marchandisation de nos vies.
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Numéro 37
Le futur RER : les veines de la métropole
Sabotons les travaux du Réseau Express Régional
Le silence relatif qui entoure les gigantesques travaux en cours pour
le fameux réseau ferroviaire RER est tout à fait inquiétant. Ce
n'est pas que les politiciens et gestionnaires de tous bords n'ont
pas fait la pub de ce projet, ni que les riverains ou les populations
bruxelloises ne sont pas concernés par les travaux qui avancent.
Car, aux quatre coins de Bruxelles, des dizaines d'engins et des
centaines d'ouvriers travaillent pour niveler la terre, abattre les
obstacles sur le chemin des tracés, creuser des fossés à deux pas
des maisons, déverser du béton à tout va, construire les
installations électriques rudimentaires, creuser d'énormes tunnels,
etc. Non, les travaux ne se passent pas en silence, mais ils semblent
bien passés sous silence.
Penchons-nous donc un instant sur les motivations de ce projet
monstrueux. L'ambition affichée et défendue ne pourrait être plus
claire : garantir à Bruxelles, métropole en devenir, un réseau
de transport rapide, viable, sécurisé et omniprésent. Si les
nombreux réaménagements de quartier poussent de plus en plus les
basses couches de la société, main-d’œuvre pourtant
indispensable au capital hors de la ville, vers les périphéries, il
est évident que le pouvoir s'est demandé comment tous ces gens-là,
une fois stockés hors de la ville, vont réussir à venir à
Bruxelles pour bosser dans les zones industrielles, les entreprises
liées à l'aéroport, les divers ateliers de l'intérieur de la
ville...
Le développement urbain de Bruxelles, qui vise à adapter la ville
toujours plus aux exigences et besoins de l'économie et du contrôle,
a peut-être son tendon d'Achille : le transport urbain qui doit
garantir le va-et-vient des travailleurs et des consommateurs, des
cadres et des administrateurs. Sans connexion aux réseaux de
transport, toutes les autres constructions horrifiantes et abjectes
(centres commerciaux, centres administratifs, usines, aéroport,
centres de divertissement) seraient comme des organes sans veines.
Les futurs lignes et tracés du RER forment comme une toile qui
renfermera tout ce qui entoure la ville, le collera à celle-ci,
l'associera à son activité économique et à sa gestion sociale. Le
RER, on le voit dans des métropoles déjà fort développées comme
Paris ou Londres, ce sont ces wagons remplis de gens tristes dont la
vie ne ressemble nullement à un voyage, une découverte, une
aventure, mais plutôt à un train-train prédéterminé et éternel,
entre la cage à poules qui leur sert de maison et le boulot. Le RER
est le symbole des valeurs que prône la société actuelle :
obéir, travailler, consommer, crever. En toute vitesse et en toute
sécurité.
Pour arrêter le train-train quotidien, il n'y a d'autre choix que de
tirer, de force, le frein d'urgence. C'est la seule façon
d'interrompre un quotidien fait d'esclavage et de résignation.
S'opposer à la construction du RER appelle à une approche
semblable : des actes directs et sans médiation pour mettre des
bâtons dans la roue des travaux. Une fois résolu à l'action, une
fois déterminé à agir pour arrêter cet ouvrage de la domination,
le révolté scrute l'horizon et distingue les cibles, disséminées
partout, sur et au-delà du territoire de Bruxelles : des
dizaines, voire des centaines de kilomètres de chantiers, de
travaux, et les baraques, engins, transformateurs, matériaux de
construction, etc. qui vont avec... et ne sont aucunement à l'abri
de celui qui a développé sa critique de ce projet et arrive à
cette conclusion pratique : saboter les chantiers du RER, c'est
s'attaquer au pouvoir qui configure l'espace et le temps en fonction
de l'exploitation, de l'oppression et du contrôle.
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Numéro 36
Le Travail libère-t-il ?
Le travail pénètre et détermine
toute notre existence. Le temps coule impitoyablement à son rythme
alors que nous faisons la navette entre d’identiques environnements
déprimants à une allure toujours croissante. Le temps de travail…
Le temps productif… Le temps libre… La moindre de nos activités
tombe dans son contexte : on considère l’acquisition de la
connaissance comme un investissement pour une carrière future, la
joie est transformée en divertissement et se vautre dans une orgie
de consommation, notre créativité est écrasée dans les limites
étroites de la productivité, nos relations -même nos rencontres
érotiques- parlent la langue de la performance et de la rentabilité…
Notre perversion a atteint un tel point que nous recherchons
n’importe quelle forme de travail, même volontairement, pour
remplir notre vide existentiel, pour « faire quelque chose ».
Nous existons pour travailler, nous travaillons pour exister.
L’identification du travail avec l’activité humaine et la créativité, la domination complète de la doctrine du travail comme destin naturel des humains a pénétré notre conscience à une telle profondeur que le refus de cette condition forcée, de cette contrainte sociale, semble être devenu un sacrilège pour le concept même d’humanité.
Alors n’importe quel travail devient meilleur que pas de travail du tout. Ceci est le message répandu par les évangélistes de l’existant, sonnant les trompettes pour la course à la compétition toujours plus frénétique entre les exploités pour quelques miettes tombées de la table des patrons ; pour l’instrumentalisation et le nivelage complet des relations sociales en échange d’un peu de travail misérable dans les galères de la survie.
Ce ne sont pas, cependant, seulement les conditions générales de travail qui créent l’impasse. C’est le travail comme une totalité, comme un processus de commercialisation de l’activité humaine qui réduit les humains à des composants vivants d’une machine qui consomme des images et des produits. C’est le travail comme condition universelle dans laquelle les relations et la conscience sont formées, comme la colonne vertébrale qui maintient et reproduit cette société basée sur la hiérarchie, l’exploitation et l’oppression. Et en tant que tel, le travail doit être détruit.
Alors nous ne voulons pas simplement devenir des esclaves plus heureux ou de meilleurs managers de la misère. Nous voulons redonner son sens et son essence à l’activité humaine et à la créativité en agissant, conduits par la recherche de la joie de la vie à travers la connaissance, la conscience, la découverte, la camaraderie, la solidarité.
Pour la libération individuelle et collective …
Nous existons pour travailler, nous travaillons pour exister.
L’identification du travail avec l’activité humaine et la créativité, la domination complète de la doctrine du travail comme destin naturel des humains a pénétré notre conscience à une telle profondeur que le refus de cette condition forcée, de cette contrainte sociale, semble être devenu un sacrilège pour le concept même d’humanité.
Alors n’importe quel travail devient meilleur que pas de travail du tout. Ceci est le message répandu par les évangélistes de l’existant, sonnant les trompettes pour la course à la compétition toujours plus frénétique entre les exploités pour quelques miettes tombées de la table des patrons ; pour l’instrumentalisation et le nivelage complet des relations sociales en échange d’un peu de travail misérable dans les galères de la survie.
Ce ne sont pas, cependant, seulement les conditions générales de travail qui créent l’impasse. C’est le travail comme une totalité, comme un processus de commercialisation de l’activité humaine qui réduit les humains à des composants vivants d’une machine qui consomme des images et des produits. C’est le travail comme condition universelle dans laquelle les relations et la conscience sont formées, comme la colonne vertébrale qui maintient et reproduit cette société basée sur la hiérarchie, l’exploitation et l’oppression. Et en tant que tel, le travail doit être détruit.
Alors nous ne voulons pas simplement devenir des esclaves plus heureux ou de meilleurs managers de la misère. Nous voulons redonner son sens et son essence à l’activité humaine et à la créativité en agissant, conduits par la recherche de la joie de la vie à travers la connaissance, la conscience, la découverte, la camaraderie, la solidarité.
Pour la libération individuelle et collective …
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Numéro 36
Ce qui se trouve en haut, peut tomber très bas
Connexions sans fil et colliers invisibles
Le
commerce des relais de portable est en pleine expansion à Bruxelles.
Avant, on retrouvait surtout ceux-ci sur les bâtiments les plus
hauts, mais il semble qu'aujourd'hui toute construction qui dépasse
un étage est susceptible d’accueillir des antennes. Les opérateurs
s'adressent aux propriétaires pour louer des toits. Et ces proprios
aiment bien se faire un peu de fric en plus. De toute façon, eux ne
seront pas emmerdés par les antennes car le plus souvent, eux, ils
ne
habitent
pas là. Les cancers provoqués par les rayonnements, c'est bon pour
les locataires.
Les opérateurs font tout pour augmenter la puissance de leur réseau. Alors,
y aurait-il eu des plaintes à la suite de conversations
téléphoniques perturbées ou interrompues à cause d'une mauvaise
connexion? Dans les régions les moins peuplées (par des humains et
des antennes), on appelle sans fil malgré que les traits indicateurs
du réseau ne s'allument pas tous.
Le problème n'est pas là. Ici, on travaille pour l'avenir. Car ces
entreprises sont convaincues que bientôt, nous aurons tous besoin
d'un smartphone,
et par conséquent d'une connexion ultra-rapide pour suivre tout
en live, en temps réel,
directement.
On
assiste déjà quelque peu à ce phénomène. On voit de plus en plus
de personnages (souvent en costard, près des institutions
européennes – les eurocrates)
qui s'agitent en tapant sur leur portable, ne regardent pas autour
d'eux, ne fixent que leur écran, qui les connecte au monde ; la
toile mondiale. Connexion permanente, communication directe. Le
quotidien virtuel se constitue de banalités :des opinions sur
ceci ou cela, le buzz de la journée, de la minute et « Regarde,
celui-là a mis à jour sa photo de profil ! ».
D'innombrables événements qui exigent tous une réaction :
j'aime.
Suivre en permanence –
je suis
–, tous spectateurs d'une réalité virtuelle. Dans le flux
constant des messages, il n'y ni le temps, ni l'espace pour prendre
du recul, pour se décider et orienter la vie réelle.
Les
vieux téléphones portables portaient déjà en eux de vous rendre
joignable à tout moment (pour qui ? Pour quoi?) et de permettre
un mécanisme de contrôle intégré (pour les employeurs, les
parents - « où
es-tu »
- et pour les différentes services de police). La nouvelle
génération d'appareils a étendu ces exigences à l'infini virtuel.
Une marée d'entreprises étudient et pilotent notre comportement
virtuel pour nous refourguer leurs produits et services. L'accès à
ces portables et aux « réseaux sociaux » est une mine
d'or pour la répression (« Qui
est-il ? Où est-ce qu'elle est maintenant ? Qu'est-ce
qu'il fait ces derniers temps ? Y-a-t-il une photo plus
récente ? »).
Il y a quelque temps, il y a eu un peu d'agitation parce que les
opérateurs veulent aussi développer les réseaux 4G (traduction :
une meilleure connexion pour les appareils nouveaux qui coûtent la
moité d'un salaire mensuel). Les normes de rayonnement compliquent
ce développement souhaité. S'en sont suivi immédiatement des
menaces du monde commercial sur combien d'institutions et
d'entreprises ne pourraient plus opérer à Bruxelles et combien ça
serait mauvais pour l'économie (« oh, sainte économie, ils ne
savent pas ce qu'ils font, pardonne-les leur ignorance et donne-nous
la rente quotidienne »). Un esprit attentif qui sait lire entre
les lignes, découvre de belles possibilités dans une information si
banale. Les réseaux de communication sont un rouage essentiel et,
surtout, vulnérable dans la destruction et l'humiliation
quotidiennes auxquelles se livrent l'économie et les puissants.
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Numéro 36
Syrie
Nous ne
sommes pas avec la dictature,
Ni avec son
opposition,
Nous sommes
avec la liberté.
Le pouvoir
fera toujours son mieux pour massacrer non seulement la révolution
elle-même, mais aussi son esprit. Par contre, il réussira jamais à
l’exterminer. L’esprit révolutionnaire resurgira toujours à un
moment imprévu.
En 2011, en
Tunisie, cet esprit a enflammé les cœurs des opprimés pour après
détruire des comicos, des prisons, le pouvoir de Ben Ali. Cette
esprit qui ne connaît pas de frontières a ensuite animé et
encouragé de millions de gens dans des différentes pays.
Aussi en
Syrie, où une population qui en a marre d'avoir peur et qui désire
la liberté, s'est soulevée pour mettre fin à plus de quarante ans
de régime de la famille al-Assad. Bashar al-Assad y a répondu par
des massacres , et au cours du conflit d'autres pouvoirs s'y
sont mêlés : l’Iran, le Hezbollah, les monarchies du Golfe, les
pouvoirs de l'Occident, les Frères Musulmans, Al Qaida,…
La cruauté
des défenseurs de Bashar et le sale jeu sectaire entre tous les
pouvoirs présents sur le terrain, a crée une situation qui semble
une spirale de guerre civile sans espoir.
Mais, dans
cette mêlée, il y a des personnes qui continuent à se battre, non
pas pour remplacer le pouvoir actuel avec le leur, mais pour rien de
moins que la liberté. Nous sommes solidaires avec ces rebelles-là.
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Numéro 36
L'évasion est nécessaire
Ce monde est une prison
à ciel ouvert
Se maintenir en forme - Le
train-train quotidien est une arme très puissante du système. On
crève au boulot, on crève à faire la queue devant les
administrations, on crève devant l'absence de vraies relations.
Notre cerveau pourrit de préjugés et de fausses valeurs comme le
pouvoir, l'argent, l'obéissance. Se tenir en forme pour être
capable de briser cette routine, exercer son esprit pour réfléchir
par soi-même, c'est entamer les hostilités contre ce système qui
nous enferme.
Chercher des complices -
Personne ne se révoltera à notre place, cela dépend entièrement
de nous-mêmes. Mais sur le chemin de la révolte, on croisera aussi
d'autres enragés. Ces complicités et ces solidarités permettront
des attaques toujours plus vastes contre le pouvoir.
Scier les barreaux - Le
pouvoir a des noms et des adresses : les banques, les
supermarchés, les institutions, les commissariats, les dépôts ;
les huissiers, les matons, les politiciens, les riches, les
balances ; les transformateurs qui alimentent leurs usines de
mort, les relais de télécommunication qui nous enchaînent à la
technologie. Ce sont tous des cibles à portée de main. N'attendons
pas de voir de grandes manifestations avant de déchaîner notre
rage, attaquons ici et maintenant, même à peu nombreux. En
commençant à scier les barreaux du pouvoir, la révolte peut faire
écho auprès d'autres rebelles et se répandre toujours plus.
Préparer sa fuite - Si le
pouvoir ne peut pas être reformé, s'il faut alors le détruire de
fond en comble, nos armes doivent être chargées de liberté. Sans
savoir où aller, sans réfléchir le pourquoi de nos révoltes, on
ne peut pas espérer s'évader du monde du fric et de l'autorité.
Déchaînons les mauvaises passions, n'ayons pas peur des ruines,
mais recommençons aussi à rêver. Car aucun pouvoir ne peut
résister à celui qui se bat pour sa dignité, pour la dignité et
la joie de vivre en femmes et en hommes libres.
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Numéro 36
Brèves du désordre 36
La belle – Vers deux heures du
matin, deux prisonniers sans-papiers s'évadent du centre fermé pour
illégaux de Steenokkerzeel, le 127bis, en coupant les barreaux. Bon
courage aux fugitifs.
Bas les pattes de mon corps -
Les murs et monuments sur le point de rassemblement de l'annuelle
marche pour la vie (contre le choix de pouvoir avorter), organisée
par des associations de catholiques intégristes, de conservateurs et
de fascistes ont été recouverts de slogans comme « Avortement
libre », « Libre choix », « Avortez
le pape, mon corps est à moi »,... C'était près de la
gare centrale, et plus personne n'y sera passée sans avoir lu et vu
les nombreuses cris de bataille pour l'avortement libre, la sexualité
libérée, la liberté des esprits et des corps...
Cache-cache
– Cinq véhicules banalisés de la police, garés discrètement sur
un parking privé un peu hors de la ville de Hasselt, ont été bien
amochés : vitres brisés, carrosserie fêlée, rétroviseurs
arrachés, pneus crevés,... Flics en uniformes, flics en civils,
flics sur le coin de la rue, flics derrière les écrans des
caméras... hors de nos vies !
Vingt
– Pour la vingtième fois depuis 2007, les bureaux du parti
fasciste Vlaams Belang a Gand ont été attaqués. Cette fois-ci, les
assaillants ont jetés des bombes de peinture et ont peint le slogan
« Le squat
continue » sur la
façade.
Crame, chantier, crame – Dans
le zoning industriel d'Anderlecht, un incendie volontaire s'est
déclaré sur le chantier de construction d'une nouvelle structure
industrielle. Il n'y a pas de détails sur les dégâts, mais la
police dit d'avoir arrêté le coupable de l'incendie qui aurait volé
du cuivre sur le chantier avant d'y bouter le feu. En tout cas,
opposons-nous de mille manières à la construction d'horreurs comme
des usines et à l'extension des zones industriels.
Au-delà des frontières –
Mi-avril, l'ambassade de la Belgique à Berlin a été attaqué :
des assaillants ont jeté de la peinture noir, fracassé la porte
d'entrée, arraché le parlophone et ont peint le slogan « Bezahlt »,
c'est-à-dire, payé
ou comptes réglés.
Nous saluons cette attaque contre cette représentation de l'Etat
belge, Etat que nous combattons ici comme nous voulons abattre tous
les Etats du monde entier. En France, fin avril, un sabotage
incendiaire a détruit 4 engins de chantier de l'entreprise Eiffage,
constructeur notoire de prisons (en France comme en Belgique). Dégâts
estimés : 500 000 euros.
Sabotage
–
La veille d'une manif européenne des bateliers contre les nouveaux
règlements dictés par l'Union Européenne, pas moins de 30 écluses
(soit un sur deux) ont été sabotés sur l'ensemble des voies
navigables wallonnes. Deux
types de dégradations ont été commises : de la glu a été
apposée sur les serrures des locaux donnant accès aux postes de
commandes des écluses et des câbles électriques ou hydrauliques
ont été sectionnés. Parmi les installations les plus touchées,
celles qui sont sur le canal Charleroi-Bruxelles et sur le canal du
Centre, en particulier, l’écluse d’Obourg. Lors de la manif à
Bruxelles, les bateliers en sont d'ailleurs venus aux prises avec les
policiers.
« Libérez
Saint-Gilles »
- Début avril, un inconnu a appelé à la prison de Saint-Gilles et
a menacé qu'il y avait une charge explosive cachée dans les
bâtiments. L'inconnu revendique la libération de tous les
prisonniers de Saint-Gilles. Après une fouille, la police n'a pas
trouvé rien de suspect ; la prison n'a pas non plus été
évacuée. Par contre, quelques jours plus tard, c'est l'alerte à la
bombe dans le centre commercial Basilix à Berchem-St-Agathe. La
police ordonne l'évacuation et fouille le bâtiment sans rien
trouver. Encore quelques jours plus tard, c'est le tour au Palais de
Justice de Bruxelles. Plusieurs équipes de policiers fouillent en
vaine les bâtiments. « Mille
institutions du vieux monde sont marquées d'un signe fatal. »
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