Manifestation sauvage contre toutes les expulsions

Manifestation sauvage contre l'expulsion du squat La Mère Mine à St Josse

C’est l’histoire de La Mère Mine, une maison occupée au 44 rue du Méridien à St Josse (Bruxelles) et de ses habitants qui apprennent leur expulsion. Tracts, affiches, barricades, banderole (« Face aux expulsions d'indesirables (sans papiers, pauvres, squats, ...) Rendons les coups ! ») déployée sur la façade,…
Le jeudi 5 août (48h après l’avis d’expulsion), la rue est bloquée au matin par 6 combis de flics, une flopée de civils plus ou moins discrets, quelques ouvriers et un camion nacelle pour l’expulsion. Après avoir sonné à la porte, pris des photos et claqué quelques coups de pieds d’usage, le convoi de gyrophares repart bredouille sous le regard amusé des occupants.

Le soir, une manifestation sauvage s’improvise. Plusieurs dizaines de personnes se rassemblent et déambulent dans les rues avoisinantes en distribuant des tracts et en laissant sur leur passage de nombreux tags et affiches. Des paroles de soutien s’expriment de la part des passants déjà bien au courant. Deux voitures de la commune de St Josse et une voiture d’ISS (entreprise de nettoyage qui se fait des tunes sur l’enfermement dans les centres fermés) disparaissent sous les tags et affiches. Petit passage par « La mission locale » pour l’emploi et « l’agence immobilière sociale » de St Josse qui y ont également droit. Pour finir, une petite faveur est accordée à la « Justice de paix » et au « Service de prévention » de la commune où les promeneurs s’essaient, après quelques tags et un coup de bombe sur la caméra, au lancer de nombreuses boules de peinture sur leurs tristes façades.

Le mardi 10 août, c’est un gros dispositif policier qui a à nouveau pris place, à l’aube, Rue du Méridien pour retenter l’expulsion du squat. Les coups de bélier vont résonner et réveiller tout le quartier pendant plus d’une demie heure. La porte résiste toujours et la police décide d’abandonner cette cible et de s’attaquer au volet. Ils parviennent non sans mal à venir à bout de cette barricade et auront mis au total 1h30 à expulser la maison…vide, et à en décrocher la banderole! Les habitants étant déjà partis…

Sur l’affiche et les tracts, on peut lire ceci :


« Expulsés !?...
C’est l’histoire de quelques personnes qui décident d’investir une maison vide et oubliée au 44 rue du Méridien. Quelques personnes qui se donnent les moyens de diminuer la pression de l’argent sur leurs vies et d’avoir un lieu où elles partagent leurs luttes et leurs révoltes.
Mais c’est aussi l’histoire de deux proprios qui, quand leur maison reprend vie, se rappellent soudainement de son existence. Les deux proprios se rendent alors chez un juge de paix qui ordonne : « EXPULSEZ les squatteurs, par la force s’il le faut ! »
C’est l’histoire quotidienne de personnes qui se retrouvent à la rue, EXPULSEES par la police parce qu’elles ne peuvent ou ne veulent plus payer leurs loyers.
C’est l’histoire de ces personnes arrivées en Belgique EXPULSEES sur ordre d’un fonctionnaire de l’Office des étrangers : hors critères, délit de sale gueule,…
C’est l’histoire d’une commune qui EXPULSE ses pauvres pour les remplacer par des fonctionnaires européens aux poches bien remplies. C’est l’histoire d’un quartier vivant, rasé pour y implanter des buildings et des maisons luxueuses.
C’est l’histoire de ces personnes EXPULSEES des listes de l’ONEM, du CPAS, des allocations parce qu’ils sont de mauvais élèves

C’est le cours de l’histoire de toutes ces histoires que nous voulons changer.
Elles nous font chaud au cœur ces histoires où un frigo tombe par la fenêtre sur la gueule des flics alors qu’ils essayent d’arrêter une famille de sans papiers ;
Où des personnes se fabriquent de faux contrats de travail pour frauder le chômage ;
Où un gars tire sur le juge qui a ordonné de l’expulser de sa maison ;
Où un quartier entier s’oppose à un projet urba nistique ;
Où toute une rue refuse de payer son loyer…

Nous aimons les histoires où ce qui se partage, ce ne sont pas seulement des conditions de misère mais surtout l’envie de rendre les coups.