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Parfois la vie semble une répétition infinie de la même chose. Quand cette sensation de la vanité de notre existence nous tombe dessus, nous nous agrippons au week-end, à une journée d’éclate, aux vacances. Mais sans pitié, la répétition recommence et la prochaine fois, nous allongeons nos mains vers les antidépresseurs qui nous font oublier ou nous saisissons la moindre occasion pour nous embrouiller avec ceux et celles qu’on aime. Ainsi, le monde continue toujours à tourner en rond ; et malgré toute la misère, la guerre, l’exploitation, tout semble totalement bloqué, dans une impasse.
Si nous essayons de faire sortir ce petit journal toutes les trois semaines, si nous allons dans la rue et descendons dans les métros, c’est parce que nous sommes bien déterminés à donner à cette répétition de toujours la même histoire une grosse baffe ; pour arracher le masque de ceux dont le boulot est de professer que tout doit rester comme c’est. Et nous ne sommes pas seuls. Plein d’autres, de différentes manières, tentent de rompre le cercle qui les étouffe. Si tu nous demande qu’est-ce que c’est le but de ce journal, qu’est-ce qu’on veut en faire, c’est sans aucun doute au moins ceci : parler de notre rébellion, inciter à la révolte et donner du courage à tout ceux et celles qui choisissent d’aller sur ce chemin libératoire.
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Une vie de calculs
Tout doit être calculé et compté. Une vague de chiffres, de nombres, de colonnes et de statistiques noient nos vies dans l’océan de l’économie. Car, pour éviter que nous dépassions les bornes, pour garder sous contrôle les incartades, le pouvoir ne dispose pas de meilleure arme que de nous rendre tous comptables.
Des comptables qui mesurent leur vie à l’aide des heures accomplies afin de payer le loyer à la case 30 ou 31 du mois. Ces tas de papiers et de formulaires roses remplis de chiffres que nous devrions sauvegarder soigneusement afin de ne pas accumuler les payements arriérés, de ne pas tomber dans la merde et de voir inonder la boîte aux lettres avec davantage de lettres marquées en grand « à payer immédiatement ». Et pendant que nous sommes tous plongés dans les problèmes de calculs de l’économie et son sacro-saint argent, nos vies nous escamotent. Nous ne vivons pas, nous sommes vécus.
Et pour ceux que préféreraient peut-être à ne plus gaspiller leur temps à calculer et qui prennent leur temps, l'État leur réserve encore plus de calculs arithmétiques. Les juges sont maîtres prestidigitateurs ès chiffres. En un clin d’œil, ils prononcent d’ interminables mois et années de peines. Commence alors le comptage des jours que tu devras encore passer en cellule, dans la triste attente de pouvoir recommencer à vivre tandis que tes amis dehors doivent suspendre à durée déterminée le rapport qu’ils entretenaient avec toi.
Mais il n’en va pas que des calculs de monnaie sonnante et trébuchante. Dans les écoles, où en premier lieu, ils apprennent aux « élèves » à obéir et, où seulement la connaissance jugée utile à cette société entre en ligne de compte, les heures et les jours sont comptés infiniment. Aux jeunes, on sert déjà le miroir de la vie rigidement ordonnée qui les attend : deux heures de classe, dix minutes de cour, deux heures de classe, cinquante minutes de pause, trois heures de classe et ensuite encore deux heures de devoirs. Voilà le schéma classique d’une journée de travail classique de huit heures qui ne laisse pas de porte de sortie.
Même quand nous pensons briser temporairement la routine des calculs (le temps libre et les vacances tant loués), nous sommes encore rattrapés par les prix et les schémas du temps. Un film coûte une heure de travail, un match d’abrutissement coûte probablement une demi-journée. Un hôtel Club Med est tout aussi rigide que l'école ou l'usine et les impératifs sont tout aussi raides (au lieu de tu devras travailler c'est tu devras te décontracter). Le cercle de la routine sans fin de nos vie ne laisse pas d'évasion...
A moins que...à moins que nous ne nous laissions plus bercer avec un peu de temps libre ici et là (“pour recharger les batteries...”), à moins que nous, sans demander permission à qui que ce soit, balayions les calculs et essayions de vivre une vie qui en vaut la peine. Une vie où chaque pas que nous franchissons est le début d'une nouvelle découverte, de nouvelles rencontres et d'activités qui se sont libérées de la terreur du calcul. Mais ne nous faisons pas d'illusion, l'économie doit tourner et nous devons sacrifier notre vie pour elle. Il est dangereux de vouloir autre chose. Notre libération du rôle du comptable commence par chérir cette dangerosité, pas comme un rêve lointain mais comme une rébellion ici et maintenant, comme une vie en révolte contre ce qui nous rogne les ailes.
Des comptables qui mesurent leur vie à l’aide des heures accomplies afin de payer le loyer à la case 30 ou 31 du mois. Ces tas de papiers et de formulaires roses remplis de chiffres que nous devrions sauvegarder soigneusement afin de ne pas accumuler les payements arriérés, de ne pas tomber dans la merde et de voir inonder la boîte aux lettres avec davantage de lettres marquées en grand « à payer immédiatement ». Et pendant que nous sommes tous plongés dans les problèmes de calculs de l’économie et son sacro-saint argent, nos vies nous escamotent. Nous ne vivons pas, nous sommes vécus.
Et pour ceux que préféreraient peut-être à ne plus gaspiller leur temps à calculer et qui prennent leur temps, l'État leur réserve encore plus de calculs arithmétiques. Les juges sont maîtres prestidigitateurs ès chiffres. En un clin d’œil, ils prononcent d’ interminables mois et années de peines. Commence alors le comptage des jours que tu devras encore passer en cellule, dans la triste attente de pouvoir recommencer à vivre tandis que tes amis dehors doivent suspendre à durée déterminée le rapport qu’ils entretenaient avec toi.
Mais il n’en va pas que des calculs de monnaie sonnante et trébuchante. Dans les écoles, où en premier lieu, ils apprennent aux « élèves » à obéir et, où seulement la connaissance jugée utile à cette société entre en ligne de compte, les heures et les jours sont comptés infiniment. Aux jeunes, on sert déjà le miroir de la vie rigidement ordonnée qui les attend : deux heures de classe, dix minutes de cour, deux heures de classe, cinquante minutes de pause, trois heures de classe et ensuite encore deux heures de devoirs. Voilà le schéma classique d’une journée de travail classique de huit heures qui ne laisse pas de porte de sortie.
Même quand nous pensons briser temporairement la routine des calculs (le temps libre et les vacances tant loués), nous sommes encore rattrapés par les prix et les schémas du temps. Un film coûte une heure de travail, un match d’abrutissement coûte probablement une demi-journée. Un hôtel Club Med est tout aussi rigide que l'école ou l'usine et les impératifs sont tout aussi raides (au lieu de tu devras travailler c'est tu devras te décontracter). Le cercle de la routine sans fin de nos vie ne laisse pas d'évasion...
A moins que...à moins que nous ne nous laissions plus bercer avec un peu de temps libre ici et là (“pour recharger les batteries...”), à moins que nous, sans demander permission à qui que ce soit, balayions les calculs et essayions de vivre une vie qui en vaut la peine. Une vie où chaque pas que nous franchissons est le début d'une nouvelle découverte, de nouvelles rencontres et d'activités qui se sont libérées de la terreur du calcul. Mais ne nous faisons pas d'illusion, l'économie doit tourner et nous devons sacrifier notre vie pour elle. Il est dangereux de vouloir autre chose. Notre libération du rôle du comptable commence par chérir cette dangerosité, pas comme un rêve lointain mais comme une rébellion ici et maintenant, comme une vie en révolte contre ce qui nous rogne les ailes.
Plaisir en taule
Les prisons ne sont pas, elles non plus, restées impassibles ces derniers mois. Nous avons reçu deux lettres qui témoignent de cela. Une depuis la prison de Louvain, qui parle des humiliations quotidiennes de la part des matons, qui de temps en temps reçoivent une belle réponse. Les prisonniers qui, début 2010, ont été massivement, et souvent contre leur volonté, déportés vers la prison de Tilburg, se sont fait entendre à plusieurs reprises. Quand bien même les autorités hollandaises veulent taire ces révoltes, elles trouvent un chemin vers l'extérieur. Quelques jours après que quelques détenus se sont bagarrés avec les matons à l'heure de la distribution du repas (au cours duquel un maton a dû être envoyé à l'hôpital), un maton de la prison de Verviers a reçu plusieurs coups de couteau dans la figure. Pas n'importe quel maton, un qui est connu pour humilier les prisonniers. Après l'attaque, les matons sont immédiatement passés au service minimum et la police locale est venue prendre leur place. Leurs exigences ont immédiatement été accordées, 5 transferts et plus d'investissements répressifs. Mais les matons ne sont pas toujours intouchables, en témoigne la deuxième lettre.
Lettre de Louvain
“Dans la prison de Louvain, certaines choses se sont passées encore, qui ne peuvent pas voir la lumière du jour. Ça s'est passé le 15 juillet. À la visite, quelqu'un voulait aller aux toilettes. Il l'a fait et le maton a dit qu'il devait laisser la porte ouverte. Comment il l'a dit, je ne sais pas, mais je peux m'imaginer que c'était d'un ton arrogant et humiliant. Il y en a beaucoup comme ça ici, et puis ils pleurnichent encore pour du respect!? Il ne voulait pas ouvrir la porte, et ça a tourné à la bagarre. Le prisonnier ne s'est pas laissé faire et la mâchoire d'un maton serait brisée. Je ne sais pas si c'est vrai, le truc de la mâchoire, car ici, on a tendance à exagérer les histoires. Une deuxième matonne a été légèrement blessée par un coup de pouce par ce même prisonnier. Elle a eu un hématome dans la jambe. Il a fait 9 jours de cachot et a ensuite été transféré vers la prison de Oudenaarde.
Après il y a encore une deuxième histoire que le monde extérieur ne peut pas savoir. Cette fois-ci depuis Tilburg. Apparemment, une petite émeute a éclaté dans une des ailes. Les matons font tout pour taxer les prisonniers d'animaux et de drogués. Ils ont des propos comme: « Ils se sont démenés comme des sauvages et étaient complètement loin de ce monde. » Voici le compte rendu de ce que je sais. Le motif exact, je ne le connais pas, mais à un certain moment, quatre prisonniers ont cherché la bagarre avec les matons. Finalement, une matonne a perdu un œil et un autre maton s'est déboîté le bras. La cuisine d'une aile aurait été incendiée et le réfectoire serait complètement détruit. Au moins trois émeutiers ont été transférés à Bruges, en quartier de haute sécurité. Une personne a écopé trois mois de strict et les deux autres de 6 mois. »
Lettre de Verviers
Prison de Verviers = Hangar de stockage!
Ce mercredi 4 août, un agent, Olivier Wagner, a été planté par un détenu. Cet agent est connu pour provoquer les détenus, et comme la direction est inexistante, ça devait arriver un jour ou l'autre.
Moi-même, j'ai été frappé d'un coup de pied par l'agent Serge Krosvelt, devant une dizaine d'autres agents, pas un n'a parlé. Le directeur Detilloux a étouffé l'affaire et nié que j'avais reçu un coup de pied au visage.
Les deux agents, Dany Maréchal et Ivo Roland, qui ont parlé aux journalistes sont deux salopards qui prennent les détenus pour des chiens!!! Ce qui ne passe pas!
Il n'y a pas de règlement, c'est au bon vouloir des agents. La direction ne répond pas aux demandes des détenus, sauf lorsqu'il y a un rapport disciplinaire. Le dîner est servi froid, il y a peu à manger de toute façon et il n'y a pas de boissons chaudes le soir. Le service social est complètement débordé, il n'y a aucun suivi digne de ce nom avec les détenus. Il y a des dossiers qui disparaissent, on les retrouve déchiquetés dans la poubelle.
Oui, la prison de Verviers est un hangar de stockage.
La prison facilite le trafic de toutes sortes. Lorsque des agents se font prendre, ça reste des affaires internes. La prison facilite le trafic de drogue et beaucoup de détenus y succombent et ressortent drogués et plus en marge de la société qu'avant.
Merci de permettre aux détenus qui ne sont pas tous pourris de défendre leur vie.
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Le maton Olivier a directement compris pourquoi il a été attaqué: « J'ai subi cela dans le cadre de mes fonctions. »
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Lettre de Louvain
“Dans la prison de Louvain, certaines choses se sont passées encore, qui ne peuvent pas voir la lumière du jour. Ça s'est passé le 15 juillet. À la visite, quelqu'un voulait aller aux toilettes. Il l'a fait et le maton a dit qu'il devait laisser la porte ouverte. Comment il l'a dit, je ne sais pas, mais je peux m'imaginer que c'était d'un ton arrogant et humiliant. Il y en a beaucoup comme ça ici, et puis ils pleurnichent encore pour du respect!? Il ne voulait pas ouvrir la porte, et ça a tourné à la bagarre. Le prisonnier ne s'est pas laissé faire et la mâchoire d'un maton serait brisée. Je ne sais pas si c'est vrai, le truc de la mâchoire, car ici, on a tendance à exagérer les histoires. Une deuxième matonne a été légèrement blessée par un coup de pouce par ce même prisonnier. Elle a eu un hématome dans la jambe. Il a fait 9 jours de cachot et a ensuite été transféré vers la prison de Oudenaarde.
Après il y a encore une deuxième histoire que le monde extérieur ne peut pas savoir. Cette fois-ci depuis Tilburg. Apparemment, une petite émeute a éclaté dans une des ailes. Les matons font tout pour taxer les prisonniers d'animaux et de drogués. Ils ont des propos comme: « Ils se sont démenés comme des sauvages et étaient complètement loin de ce monde. » Voici le compte rendu de ce que je sais. Le motif exact, je ne le connais pas, mais à un certain moment, quatre prisonniers ont cherché la bagarre avec les matons. Finalement, une matonne a perdu un œil et un autre maton s'est déboîté le bras. La cuisine d'une aile aurait été incendiée et le réfectoire serait complètement détruit. Au moins trois émeutiers ont été transférés à Bruges, en quartier de haute sécurité. Une personne a écopé trois mois de strict et les deux autres de 6 mois. »
Lettre de Verviers
Prison de Verviers = Hangar de stockage!
Ce mercredi 4 août, un agent, Olivier Wagner, a été planté par un détenu. Cet agent est connu pour provoquer les détenus, et comme la direction est inexistante, ça devait arriver un jour ou l'autre.
Moi-même, j'ai été frappé d'un coup de pied par l'agent Serge Krosvelt, devant une dizaine d'autres agents, pas un n'a parlé. Le directeur Detilloux a étouffé l'affaire et nié que j'avais reçu un coup de pied au visage.
Les deux agents, Dany Maréchal et Ivo Roland, qui ont parlé aux journalistes sont deux salopards qui prennent les détenus pour des chiens!!! Ce qui ne passe pas!
Il n'y a pas de règlement, c'est au bon vouloir des agents. La direction ne répond pas aux demandes des détenus, sauf lorsqu'il y a un rapport disciplinaire. Le dîner est servi froid, il y a peu à manger de toute façon et il n'y a pas de boissons chaudes le soir. Le service social est complètement débordé, il n'y a aucun suivi digne de ce nom avec les détenus. Il y a des dossiers qui disparaissent, on les retrouve déchiquetés dans la poubelle.
Oui, la prison de Verviers est un hangar de stockage.
La prison facilite le trafic de toutes sortes. Lorsque des agents se font prendre, ça reste des affaires internes. La prison facilite le trafic de drogue et beaucoup de détenus y succombent et ressortent drogués et plus en marge de la société qu'avant.
Merci de permettre aux détenus qui ne sont pas tous pourris de défendre leur vie.
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Le maton Olivier a directement compris pourquoi il a été attaqué: « J'ai subi cela dans le cadre de mes fonctions. »
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Forer et creuser...
Le 20 avril, la plateforme de forage 'Deepwater Horizon' part en flammes dans le Golfe du Mexique. Onze personnes meurent et 17 sont blessées. Au cours de la tentative d'éteindre le feu, la plateforme coule et la barre de forage perce. Et depuis lors, des tonnes de pétrole coulent dans l'océan, d'une profondeur de 1500 mètres. Il s'agit ici de 8 à 11 million de litres par jour. Mais comme le big boss Tony Hayward disait alors, tout ça ne pose pas tant de problèmes, car « le Golfe de Mexique est un très grand océan et la quantité de pétrole et de produits chimiques que nous y déversons est limitée comparée au volume d'eau au total. » Sérieux?!
Bon, comme nous le savions déjà, ces propos du manager, de léger mauvais goût, ne se sont pas avérés vraiment juste.
Depuis plus de 10 semaines déjà, le gouvernement américain et BP se chamaillent sur la responsabilité de cette misère, sur la 'solution du problème' et sur les travaux de nettoyage où, en plus de prisonniers obligés, sont employés des bénévoles mal équipés et mal informés, qui subissent de graves dégâts physiques.
Dans cette guerre contre le pétrole, tous les moyens sont bons – comme toujours lorsqu'il s'agit de défendre ou d'agrandir son capital ou son pouvoir. Tant qu'on ne touche pas à la logique qui se cache derrière.
Mais peut être pouvons-nous y consacrer un peu plus de mots:
Un tel fait avec une telle portée pour l'homme, l'animal et la nature mène en première et souvent en deuxième instance aussi à l'inquiétude et à la peur. Et ce, pas seulement sur place. Surtout un tel désastre comme celui-ci nous fait réaliser que la terre n'est pas assez grande pour pouvoir nous faire croire qu'il y aura toujours quelque chose comme un port dans la tempête. C'est vrai que nous ne sentirons pas les conséquences de la même manière, souvent même pas au même moment. Mais les destructions locales ne restent jamais seulement locales et ont toujours un effet pour la terre entière et donc pour nous tous et toutes. Si nous parlons du pétrole dans l'océan, cette pensée devient un peu plus évidente...
Le pas suivant, le résultat de ces pensées, a souvent un caractère très pratique. Sur place, cela signifie peut être de se manifester comme bénévole pour les travaux de nettoyage (et ne me comprends pas de travers, je comprends très bien pourquoi les gens le font). À cela s'ajoute peut être la diffusion d'information et la fondation de comités pour réclamer des indemnisations (dans ce cas-ci) de BP. Alors qu'ailleurs, l'inquiétude et l'indignation diminuent à mesure que l'article du journal se réduit.
Entre-temps, ils déversent, soi-disant dans la lutte contre le pétrole, tonne après tonne de poison dans l'océan. Pour la même raison, ils y mettent le feu et oops, d'innombrables animaux qui s'y retrouvent sont brûlés vifs. Sans oublier les milliers de petites et plus grandes créatures qui meurent, les personnes qui sont malades et la pluie qui semble tout à coup contenir du pétrole...
Ce qui attire l'attention dans un tel drame, c'est la dimension de la destruction, la corruption, l'arrogance et le pouvoir (dans ce cas-ci) de BP, les pleurnichements et la frénésie du gouvernement pour mettre fin aux désagréments.
Ok, jusque là tout va bien, nous touchons la terre. Mais ici et maintenant, c'est exactement cette terre fixe qui ne peut pas nous empêcher de continuer. Pas quand nous avons assez du tourbillon sans fin d'événements, qui nous entraîne et qui, finalement balancé dans un coin, nous laisse couchés, désemparés en apparence. Pas quand nous voulons venir aux fond des choses. Et donc nous commençons à creuser...
...la catastrophe pétrolière du Golfe du Mexique est seulement l'un des plus visibles abcès des jeux de pouvoir joués et gérés par les états, les politiciens et les lobbyistes. La région touchée à présent est en grande partie la même qui a été sévèrement ravagée par l'ouragan Katrina. Les digues qui ont
craquées, ont été construites par BP et d'autres compagnies pétrolières pour étendre leur business. Plus de 1800 personnes y ont trouvé la mort. Pensez aussi à la Chine où, mi-juillet, deux pipelines de BP -à nouveau- ont explosé, aux innombrables grands et plus petits accidents nucléaires, comme Tchernobyl, le plus mortel jusqu'à présent. Chaque désastre raconte l'histoire d'un monde qui est prêt à tout mettre en jeu pour maintenir des choses comme les nations, l'économie, la concurrence et la domination. Ce qui signifie que l'on puisse tous et toutes être utilisés comme possible mise. Par là, nous avons déjà creusé la première couche de terre douce et nous sommes arrivés à la cause. Mais si ces grands désastres n'expriment désormais que l'abcès visible, cela indique que la 'maladie' est présente en permanence et produit aussi des effets moins visibles. Et là, on se heurte aux premières pierres: un désastre est horrible, secouant et donne souvent lieu à des réactions de protestation. Mais si nous voulons réellement changer quelque chose, si nous voulons vraiment lutter, nous devons commencer à l'origine de la misère. Alors il s'agit de voir que ce monde, et comment il tourne à présent, ne peut que nous détruire. Il nous faut alors voir les conséquences quotidiennes et les 'petites calamités' et les reconnaître en tant que telles. Toutes les choses qui, coup après coup, nous font cogner la tête contre les murs qui nous entourent.
Et pour finir, revenons au discours de Tony à propos de la quantité peu problématique de pétrole et de produits chimiques en comparaison avec la largeur de l'océan. Chaque fichue goutte en est une de trop. Chaque rivière contaminée, chaque animal intoxiqué, chaque personne souffrant des conséquences de la destruction, est en une de trop. Trop pompeux? Loin de là. Ça signifie seulement que nous ne regardons pas à notre vie à travers les schémas de calculs des dominants. Comment nous nous rapportons à ce monde, comment nous ne laissons pas s'accorder notre flamme notre rage et notre combativité à la cruauté ou la douceur des puissants. Si nous luttons, c'est parce que nous portons en nous notre propre idée d'un autre monde.
[cadre]
En plus de toutes les manifestations de protestation qui ont eu lieu dans plusieurs régions, certains ont aussi protesté avec plus de fermeté. Ainsi, vers début juin, des dizaines de pêcheurs ont bloqué la navigation à Bayou La Batre. Avec leur bateaux, ils ont empêché les véhicules de BP, parmi d'autres, de naviguer dans un des canaux. A savoir que plus de 3000 plateformes de forage sont opérationnelles dans le Golfe. Parce que ce n'est clairement pas le but de bloquer l'économie de telle manière, la police maritime est immédiatement intervenue et a arrêté quelques pêcheurs.
Bon, comme nous le savions déjà, ces propos du manager, de léger mauvais goût, ne se sont pas avérés vraiment juste.
Depuis plus de 10 semaines déjà, le gouvernement américain et BP se chamaillent sur la responsabilité de cette misère, sur la 'solution du problème' et sur les travaux de nettoyage où, en plus de prisonniers obligés, sont employés des bénévoles mal équipés et mal informés, qui subissent de graves dégâts physiques.
Dans cette guerre contre le pétrole, tous les moyens sont bons – comme toujours lorsqu'il s'agit de défendre ou d'agrandir son capital ou son pouvoir. Tant qu'on ne touche pas à la logique qui se cache derrière.
Mais peut être pouvons-nous y consacrer un peu plus de mots:
Un tel fait avec une telle portée pour l'homme, l'animal et la nature mène en première et souvent en deuxième instance aussi à l'inquiétude et à la peur. Et ce, pas seulement sur place. Surtout un tel désastre comme celui-ci nous fait réaliser que la terre n'est pas assez grande pour pouvoir nous faire croire qu'il y aura toujours quelque chose comme un port dans la tempête. C'est vrai que nous ne sentirons pas les conséquences de la même manière, souvent même pas au même moment. Mais les destructions locales ne restent jamais seulement locales et ont toujours un effet pour la terre entière et donc pour nous tous et toutes. Si nous parlons du pétrole dans l'océan, cette pensée devient un peu plus évidente...
Le pas suivant, le résultat de ces pensées, a souvent un caractère très pratique. Sur place, cela signifie peut être de se manifester comme bénévole pour les travaux de nettoyage (et ne me comprends pas de travers, je comprends très bien pourquoi les gens le font). À cela s'ajoute peut être la diffusion d'information et la fondation de comités pour réclamer des indemnisations (dans ce cas-ci) de BP. Alors qu'ailleurs, l'inquiétude et l'indignation diminuent à mesure que l'article du journal se réduit.
Entre-temps, ils déversent, soi-disant dans la lutte contre le pétrole, tonne après tonne de poison dans l'océan. Pour la même raison, ils y mettent le feu et oops, d'innombrables animaux qui s'y retrouvent sont brûlés vifs. Sans oublier les milliers de petites et plus grandes créatures qui meurent, les personnes qui sont malades et la pluie qui semble tout à coup contenir du pétrole...
Ce qui attire l'attention dans un tel drame, c'est la dimension de la destruction, la corruption, l'arrogance et le pouvoir (dans ce cas-ci) de BP, les pleurnichements et la frénésie du gouvernement pour mettre fin aux désagréments.
Ok, jusque là tout va bien, nous touchons la terre. Mais ici et maintenant, c'est exactement cette terre fixe qui ne peut pas nous empêcher de continuer. Pas quand nous avons assez du tourbillon sans fin d'événements, qui nous entraîne et qui, finalement balancé dans un coin, nous laisse couchés, désemparés en apparence. Pas quand nous voulons venir aux fond des choses. Et donc nous commençons à creuser...
...la catastrophe pétrolière du Golfe du Mexique est seulement l'un des plus visibles abcès des jeux de pouvoir joués et gérés par les états, les politiciens et les lobbyistes. La région touchée à présent est en grande partie la même qui a été sévèrement ravagée par l'ouragan Katrina. Les digues qui ont
craquées, ont été construites par BP et d'autres compagnies pétrolières pour étendre leur business. Plus de 1800 personnes y ont trouvé la mort. Pensez aussi à la Chine où, mi-juillet, deux pipelines de BP -à nouveau- ont explosé, aux innombrables grands et plus petits accidents nucléaires, comme Tchernobyl, le plus mortel jusqu'à présent. Chaque désastre raconte l'histoire d'un monde qui est prêt à tout mettre en jeu pour maintenir des choses comme les nations, l'économie, la concurrence et la domination. Ce qui signifie que l'on puisse tous et toutes être utilisés comme possible mise. Par là, nous avons déjà creusé la première couche de terre douce et nous sommes arrivés à la cause. Mais si ces grands désastres n'expriment désormais que l'abcès visible, cela indique que la 'maladie' est présente en permanence et produit aussi des effets moins visibles. Et là, on se heurte aux premières pierres: un désastre est horrible, secouant et donne souvent lieu à des réactions de protestation. Mais si nous voulons réellement changer quelque chose, si nous voulons vraiment lutter, nous devons commencer à l'origine de la misère. Alors il s'agit de voir que ce monde, et comment il tourne à présent, ne peut que nous détruire. Il nous faut alors voir les conséquences quotidiennes et les 'petites calamités' et les reconnaître en tant que telles. Toutes les choses qui, coup après coup, nous font cogner la tête contre les murs qui nous entourent.
Et pour finir, revenons au discours de Tony à propos de la quantité peu problématique de pétrole et de produits chimiques en comparaison avec la largeur de l'océan. Chaque fichue goutte en est une de trop. Chaque rivière contaminée, chaque animal intoxiqué, chaque personne souffrant des conséquences de la destruction, est en une de trop. Trop pompeux? Loin de là. Ça signifie seulement que nous ne regardons pas à notre vie à travers les schémas de calculs des dominants. Comment nous nous rapportons à ce monde, comment nous ne laissons pas s'accorder notre flamme notre rage et notre combativité à la cruauté ou la douceur des puissants. Si nous luttons, c'est parce que nous portons en nous notre propre idée d'un autre monde.
[cadre]
En plus de toutes les manifestations de protestation qui ont eu lieu dans plusieurs régions, certains ont aussi protesté avec plus de fermeté. Ainsi, vers début juin, des dizaines de pêcheurs ont bloqué la navigation à Bayou La Batre. Avec leur bateaux, ils ont empêché les véhicules de BP, parmi d'autres, de naviguer dans un des canaux. A savoir que plus de 3000 plateformes de forage sont opérationnelles dans le Golfe. Parce que ce n'est clairement pas le but de bloquer l'économie de telle manière, la police maritime est immédiatement intervenue et a arrêté quelques pêcheurs.
Le meilleur de la semaine 8
Windstil
De zomermaanden kruipen stilletjes voorbij. Het lijkt wel alsof ze onopgemerkt aan ons voorbij willen gaan. De zachte zonnestralen verwarmen onze lichamen, uitgeput van zoveel winter, van zoveel werk, van zoveel paperassen, van zoveel teleurstellingen. Zelfs de regering en de politiekers zijn weggetrokken, naar hun villa’s ergens in het zuiden van Frankrijk of in Italië. Ook al lijkt het windstil, geen enkele machine staat nochtans op pauze. Ononderbroken worden papierlozen aangevoerd naar gesloten centra en gedeporteerd, worden gevangenen in cachots gestoken en mishandeld. En ook al is het zomer, het einde van de maand blijft dezelfde problemen stellen als de maand daarvoor, en de maand daarvoor en… Begrijp me niet verkeerd, ook ik rust graag uit maar dan wel niet ná ondergane vernederingen. Ik rust graag uit nadat ik een vurige, ook al is het maar kortstondige storm hebben doen razen doorheen de ijzige windstilte van de instellingen en de economie. Die rust, die zowel in de zomer als in de winter, zowel in de lente als in de herfst kan, zowel in het putje van de nacht als in de namiddag, heeft bovendien de zoete smaak van een droom, een droom van een wereld waar de orkanen samenvallen met de passie van het leven en de windstiltes met een genot dat geen grenzen meer kent.
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Au-delà des frontières
Comme on l'écrivait déjà dans le dernier numéro, les révoltes dans les centres fermés pour illégaux en Italie continuent en s’amplifiant. Ce dernier mois, les camps de déportation ont de nouveau été secoués par plusieurs mutineries tandis que des dizaines de sans-papiers se sont évadés. D’ailleurs, l’Etat italien se sert toujours plus de l’armée, avec l’aide de milices de citoyens racistes et des négriers modernes de la mafia, pour contenir les immigrés sans permis de séjour. Qu’aussi cette révolte prenne la route des vacances pour enflammer les centres fermés partout dans le monde ; exactement comme elle a déjà fait étape en Norvège, où, récemment, des sans-papiers ont entièrement brûlé un centre fermé.
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Les homejackeurs étaient des militaires
A la mi-juillet, un home-jacking a lieu dans la province de Liège. Quelques personnes pénètrent dans la villa d'un riche propriétaire de commerce, garrottent toute la famille et décampent avec plusieurs bien précieux. La police, qui se lance à leur poursuite peu après, se fait tirer dessus avec des armes automatiques. Un flic prend une balle dans la face. Deux personnes sont arrêtées et ont déjà avoué le home-jacking. Ce qui a fait scandale dans cette histoire, c'est que les auteurs sont des militaires, opérant dans l'armée belge. La police s'attendait pas vraiment à une chose pareille de la part de ses ' collègues '…
Au fond, ça a un côté comique. En tant que militaires, ces garçons reçoivent des ordres à suivre. Et l'armée, c'est quoi ? Exécuter des missions extérieures, occuper des territoires,...et vous savez comment ça peut être...prendre d'assaut des villages, bombarder ça et là, violer, voler, passer sur le ventre des gens. Les ministres en charge n'y perdent plus le sommeil. Mais attendez, quand certaines de ces machines manifestent une erreur de programmation et décident de grignoter quelques part du gâteaux sur le sol intérieur en assaillant la villa de l'un ou l'autre couillon riche, ça fait sauter la baraque !
De zomermaanden kruipen stilletjes voorbij. Het lijkt wel alsof ze onopgemerkt aan ons voorbij willen gaan. De zachte zonnestralen verwarmen onze lichamen, uitgeput van zoveel winter, van zoveel werk, van zoveel paperassen, van zoveel teleurstellingen. Zelfs de regering en de politiekers zijn weggetrokken, naar hun villa’s ergens in het zuiden van Frankrijk of in Italië. Ook al lijkt het windstil, geen enkele machine staat nochtans op pauze. Ononderbroken worden papierlozen aangevoerd naar gesloten centra en gedeporteerd, worden gevangenen in cachots gestoken en mishandeld. En ook al is het zomer, het einde van de maand blijft dezelfde problemen stellen als de maand daarvoor, en de maand daarvoor en… Begrijp me niet verkeerd, ook ik rust graag uit maar dan wel niet ná ondergane vernederingen. Ik rust graag uit nadat ik een vurige, ook al is het maar kortstondige storm hebben doen razen doorheen de ijzige windstilte van de instellingen en de economie. Die rust, die zowel in de zomer als in de winter, zowel in de lente als in de herfst kan, zowel in het putje van de nacht als in de namiddag, heeft bovendien de zoete smaak van een droom, een droom van een wereld waar de orkanen samenvallen met de passie van het leven en de windstiltes met een genot dat geen grenzen meer kent.
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Au-delà des frontières
Comme on l'écrivait déjà dans le dernier numéro, les révoltes dans les centres fermés pour illégaux en Italie continuent en s’amplifiant. Ce dernier mois, les camps de déportation ont de nouveau été secoués par plusieurs mutineries tandis que des dizaines de sans-papiers se sont évadés. D’ailleurs, l’Etat italien se sert toujours plus de l’armée, avec l’aide de milices de citoyens racistes et des négriers modernes de la mafia, pour contenir les immigrés sans permis de séjour. Qu’aussi cette révolte prenne la route des vacances pour enflammer les centres fermés partout dans le monde ; exactement comme elle a déjà fait étape en Norvège, où, récemment, des sans-papiers ont entièrement brûlé un centre fermé.
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Les homejackeurs étaient des militaires
A la mi-juillet, un home-jacking a lieu dans la province de Liège. Quelques personnes pénètrent dans la villa d'un riche propriétaire de commerce, garrottent toute la famille et décampent avec plusieurs bien précieux. La police, qui se lance à leur poursuite peu après, se fait tirer dessus avec des armes automatiques. Un flic prend une balle dans la face. Deux personnes sont arrêtées et ont déjà avoué le home-jacking. Ce qui a fait scandale dans cette histoire, c'est que les auteurs sont des militaires, opérant dans l'armée belge. La police s'attendait pas vraiment à une chose pareille de la part de ses ' collègues '…
Au fond, ça a un côté comique. En tant que militaires, ces garçons reçoivent des ordres à suivre. Et l'armée, c'est quoi ? Exécuter des missions extérieures, occuper des territoires,...et vous savez comment ça peut être...prendre d'assaut des villages, bombarder ça et là, violer, voler, passer sur le ventre des gens. Les ministres en charge n'y perdent plus le sommeil. Mais attendez, quand certaines de ces machines manifestent une erreur de programmation et décident de grignoter quelques part du gâteaux sur le sol intérieur en assaillant la villa de l'un ou l'autre couillon riche, ça fait sauter la baraque !
Lâcher l'animal en moi
T'es assis à un bureau dans une société d'assurances. De l'autre côté de la table trop lustrée, une bureaucrate typique prend place. Elle demande ce qu'elle peut faire pour toi, et pousse un sourire tordu qui ne fait que rendre cette visite encore plus absurde. T'as pu racheter un vieux tacot de quelqu'un et là, tu fais une tentative de mettre la paperasse en ordre. Elle fait comme si tout ça devrait être plaisant, mais t'es sur tes gardes. Finalement, tu reçois l'addition et tu comprends toute de suite pourquoi. Tu te fâches, tu ne peux pas faire autrement. Pensent-ils vraiment qu'on peut cracher une telle somme, comme ça? Cette punaise devant son ordi. Elle a tout le pouvoir maintenant et te traite comme si tu étais trop con pour comprendre le cours normal des choses. Quelle peste ! Tu t'y opposes, mais tu te heurtes à un mur entre deux planètes. Tu quittes la pièce en claquant la porte violemment. Un peu calmé, tu réalises que tu ne pourras jamais cadrer avec eux et que ce n'est pas non plus le but. Tu comprends qu'à tant de moments, tant de personnes sont simplement rejetées, au vu et au su de tous... On leur fait comprendre qu'ils ne pourront jamais tout avoir. Car c'est comme ça que ça marche. Dans ce monde, il n'y aura jamais de paradis pour tout le monde.
Je ne veux pas cadrer. Dans une société où les gens ont ce genre de rapport, je me heurterais toujours. En plus, ceux qui y trouvent leur compte me donnent envie de gerber. Regardes-les prendre place aux tables abondantes. Prêts à se bourrer jusqu'à ce qu'ils explosent. Ils me regardent comme si j'étais un chien. S'ils veulent, ils me frappent, s'ils trouvent mes yeux juste assez pitoyables, ils me jettent peut être quelques miettes. Tu connais ce sentiment? Au final, tu ne peux plus te poser nulle part tranquillement et ça te rend dingue. Jusqu'à ce que tu sautes debout et que tu suives tes sens. Tu mords dans chaque jambe que tu peux trouver sous la table, tu traces ton territoire sur leurs vestes coûteuse et tu quittes la pièce. Frétillant la queue vers l'air frais.
Je ne veux pas cadrer. Dans une société où les gens ont ce genre de rapport, je me heurterais toujours. En plus, ceux qui y trouvent leur compte me donnent envie de gerber. Regardes-les prendre place aux tables abondantes. Prêts à se bourrer jusqu'à ce qu'ils explosent. Ils me regardent comme si j'étais un chien. S'ils veulent, ils me frappent, s'ils trouvent mes yeux juste assez pitoyables, ils me jettent peut être quelques miettes. Tu connais ce sentiment? Au final, tu ne peux plus te poser nulle part tranquillement et ça te rend dingue. Jusqu'à ce que tu sautes debout et que tu suives tes sens. Tu mords dans chaque jambe que tu peux trouver sous la table, tu traces ton territoire sur leurs vestes coûteuse et tu quittes la pièce. Frétillant la queue vers l'air frais.
Manifestation sauvage contre toutes les expulsions
Manifestation sauvage contre l'expulsion du squat La Mère Mine à St Josse
C’est l’histoire de La Mère Mine, une maison occupée au 44 rue du Méridien à St Josse (Bruxelles) et de ses habitants qui apprennent leur expulsion. Tracts, affiches, barricades, banderole (« Face aux expulsions d'indesirables (sans papiers, pauvres, squats, ...) Rendons les coups ! ») déployée sur la façade,…
Le jeudi 5 août (48h après l’avis d’expulsion), la rue est bloquée au matin par 6 combis de flics, une flopée de civils plus ou moins discrets, quelques ouvriers et un camion nacelle pour l’expulsion. Après avoir sonné à la porte, pris des photos et claqué quelques coups de pieds d’usage, le convoi de gyrophares repart bredouille sous le regard amusé des occupants.
Le soir, une manifestation sauvage s’improvise. Plusieurs dizaines de personnes se rassemblent et déambulent dans les rues avoisinantes en distribuant des tracts et en laissant sur leur passage de nombreux tags et affiches. Des paroles de soutien s’expriment de la part des passants déjà bien au courant. Deux voitures de la commune de St Josse et une voiture d’ISS (entreprise de nettoyage qui se fait des tunes sur l’enfermement dans les centres fermés) disparaissent sous les tags et affiches. Petit passage par « La mission locale » pour l’emploi et « l’agence immobilière sociale » de St Josse qui y ont également droit. Pour finir, une petite faveur est accordée à la « Justice de paix » et au « Service de prévention » de la commune où les promeneurs s’essaient, après quelques tags et un coup de bombe sur la caméra, au lancer de nombreuses boules de peinture sur leurs tristes façades.
Le mardi 10 août, c’est un gros dispositif policier qui a à nouveau pris place, à l’aube, Rue du Méridien pour retenter l’expulsion du squat. Les coups de bélier vont résonner et réveiller tout le quartier pendant plus d’une demie heure. La porte résiste toujours et la police décide d’abandonner cette cible et de s’attaquer au volet. Ils parviennent non sans mal à venir à bout de cette barricade et auront mis au total 1h30 à expulser la maison…vide, et à en décrocher la banderole! Les habitants étant déjà partis…
Sur l’affiche et les tracts, on peut lire ceci :
« Expulsés !?...
C’est l’histoire de quelques personnes qui décident d’investir une maison vide et oubliée au 44 rue du Méridien. Quelques personnes qui se donnent les moyens de diminuer la pression de l’argent sur leurs vies et d’avoir un lieu où elles partagent leurs luttes et leurs révoltes.
Mais c’est aussi l’histoire de deux proprios qui, quand leur maison reprend vie, se rappellent soudainement de son existence. Les deux proprios se rendent alors chez un juge de paix qui ordonne : « EXPULSEZ les squatteurs, par la force s’il le faut ! »
C’est l’histoire quotidienne de personnes qui se retrouvent à la rue, EXPULSEES par la police parce qu’elles ne peuvent ou ne veulent plus payer leurs loyers.
C’est l’histoire de ces personnes arrivées en Belgique EXPULSEES sur ordre d’un fonctionnaire de l’Office des étrangers : hors critères, délit de sale gueule,…
C’est l’histoire d’une commune qui EXPULSE ses pauvres pour les remplacer par des fonctionnaires européens aux poches bien remplies. C’est l’histoire d’un quartier vivant, rasé pour y implanter des buildings et des maisons luxueuses.
C’est l’histoire de ces personnes EXPULSEES des listes de l’ONEM, du CPAS, des allocations parce qu’ils sont de mauvais élèves
…
C’est le cours de l’histoire de toutes ces histoires que nous voulons changer.
Elles nous font chaud au cœur ces histoires où un frigo tombe par la fenêtre sur la gueule des flics alors qu’ils essayent d’arrêter une famille de sans papiers ;
Où des personnes se fabriquent de faux contrats de travail pour frauder le chômage ;
Où un gars tire sur le juge qui a ordonné de l’expulser de sa maison ;
Où un quartier entier s’oppose à un projet urba nistique ;
Où toute une rue refuse de payer son loyer…
Nous aimons les histoires où ce qui se partage, ce ne sont pas seulement des conditions de misère mais surtout l’envie de rendre les coups.
C’est l’histoire de La Mère Mine, une maison occupée au 44 rue du Méridien à St Josse (Bruxelles) et de ses habitants qui apprennent leur expulsion. Tracts, affiches, barricades, banderole (« Face aux expulsions d'indesirables (sans papiers, pauvres, squats, ...) Rendons les coups ! ») déployée sur la façade,…
Le jeudi 5 août (48h après l’avis d’expulsion), la rue est bloquée au matin par 6 combis de flics, une flopée de civils plus ou moins discrets, quelques ouvriers et un camion nacelle pour l’expulsion. Après avoir sonné à la porte, pris des photos et claqué quelques coups de pieds d’usage, le convoi de gyrophares repart bredouille sous le regard amusé des occupants.
Le soir, une manifestation sauvage s’improvise. Plusieurs dizaines de personnes se rassemblent et déambulent dans les rues avoisinantes en distribuant des tracts et en laissant sur leur passage de nombreux tags et affiches. Des paroles de soutien s’expriment de la part des passants déjà bien au courant. Deux voitures de la commune de St Josse et une voiture d’ISS (entreprise de nettoyage qui se fait des tunes sur l’enfermement dans les centres fermés) disparaissent sous les tags et affiches. Petit passage par « La mission locale » pour l’emploi et « l’agence immobilière sociale » de St Josse qui y ont également droit. Pour finir, une petite faveur est accordée à la « Justice de paix » et au « Service de prévention » de la commune où les promeneurs s’essaient, après quelques tags et un coup de bombe sur la caméra, au lancer de nombreuses boules de peinture sur leurs tristes façades.
Le mardi 10 août, c’est un gros dispositif policier qui a à nouveau pris place, à l’aube, Rue du Méridien pour retenter l’expulsion du squat. Les coups de bélier vont résonner et réveiller tout le quartier pendant plus d’une demie heure. La porte résiste toujours et la police décide d’abandonner cette cible et de s’attaquer au volet. Ils parviennent non sans mal à venir à bout de cette barricade et auront mis au total 1h30 à expulser la maison…vide, et à en décrocher la banderole! Les habitants étant déjà partis…
Sur l’affiche et les tracts, on peut lire ceci :
« Expulsés !?...
C’est l’histoire de quelques personnes qui décident d’investir une maison vide et oubliée au 44 rue du Méridien. Quelques personnes qui se donnent les moyens de diminuer la pression de l’argent sur leurs vies et d’avoir un lieu où elles partagent leurs luttes et leurs révoltes.
Mais c’est aussi l’histoire de deux proprios qui, quand leur maison reprend vie, se rappellent soudainement de son existence. Les deux proprios se rendent alors chez un juge de paix qui ordonne : « EXPULSEZ les squatteurs, par la force s’il le faut ! »
C’est l’histoire quotidienne de personnes qui se retrouvent à la rue, EXPULSEES par la police parce qu’elles ne peuvent ou ne veulent plus payer leurs loyers.
C’est l’histoire de ces personnes arrivées en Belgique EXPULSEES sur ordre d’un fonctionnaire de l’Office des étrangers : hors critères, délit de sale gueule,…
C’est l’histoire d’une commune qui EXPULSE ses pauvres pour les remplacer par des fonctionnaires européens aux poches bien remplies. C’est l’histoire d’un quartier vivant, rasé pour y implanter des buildings et des maisons luxueuses.
C’est l’histoire de ces personnes EXPULSEES des listes de l’ONEM, du CPAS, des allocations parce qu’ils sont de mauvais élèves
…
C’est le cours de l’histoire de toutes ces histoires que nous voulons changer.
Elles nous font chaud au cœur ces histoires où un frigo tombe par la fenêtre sur la gueule des flics alors qu’ils essayent d’arrêter une famille de sans papiers ;
Où des personnes se fabriquent de faux contrats de travail pour frauder le chômage ;
Où un gars tire sur le juge qui a ordonné de l’expulser de sa maison ;
Où un quartier entier s’oppose à un projet urba nistique ;
Où toute une rue refuse de payer son loyer…
Nous aimons les histoires où ce qui se partage, ce ne sont pas seulement des conditions de misère mais surtout l’envie de rendre les coups.
Au fond des choses - Face à nous-mêmes
Au fond des choses
Souvent les mots n’ont pas la même signification pour tout le monde, et certainement pas quand ces mots réfèrent à des idées et des visions sous-jacentes. En tant qu’ennemis de toute autorité, il ne nous n’intéresse pas de donner une signification univoque à chaque mot, construisant ainsi un catéchisme normatif. Néanmoins, nous nous servons souvent de certains concepts pour exprimer nos idées. Dans cette rubrique nous clarifierons chaque numéro quelques concepts ; ou plutôt, nous les éluciderons à l’aide de nos idées, ces idées que nous nommons anarchistes.
Face-à-face avec nous-mêmes
A travers toute l’histoire, l’individu a été déprécié, humilié, écrasé et nié. En même temps, comme si c’était un courant imperceptible de la vie humaine, l’individu s’est toujours et partout révolté pour briser les chaînes et décider sur sa propre vie.
Des guerres ont été menées, des camps de concentration ont été érigés, des dieux et des races supérieurs ont été inventés pour faire marcher l’homme au pas. Pour nier qu’il existe quelque chose comme un moi qui est unique ; et que l’humanité n’est rien d’autre, rien de moins ou de plus, que pleins de différents moi. Sur quoi est-ce que ceux qui jurent sur l’asservissement de l’individu se basent ? quelles raisons estiment-ils pouvoir invoquer pour légitimer leur conduite ?
Certains s’appuient sur la nature. Ils prétendent qu’il existe des lois naturelles qu’on doit suivre, peu importe si nous pouvons les connaître ou pas, inconsciemment ou consciemment. La nature est alors souvent présentée comme une hiérarchie fixée pour toujours, avec les forts en hauts et les faibles en bas (« des loups et des moutons »). Néanmoins, et dans la mesure où il y aurait une différence entre « notre » monde et le monde « naturel », ça déborde d’exemples qui contredisent et infirment cette hiérarchie naturelle. L’animal le plus « fort » ne survit pas toujours et l’« aide mutuelle » entre les espèces semble être plus déterminante que la concurrence effrénée. En fait, il est difficile de parler de quelque chose comme « une loi naturelle objective » qui ferait sentir toujours et partout sa logique. Les développements « naturels » sont tellement divers, tellement liés aux situations, tellement contradictoires aussi qu’on ne peut en dériver aucune loi, au-delà peut-être du fait que chaque être vivant veut vivre. En découle alors que ceux qui invoquent une telle loi naturelle, le font en fait au nom de quelque chose qui est inexistant – et que, en effet, ce sont simplement leurs idées qu’ils veulent imposer en invoquant quelque chose qui serait « objectif », au-dessus de toute contradiction ou de doute.
Ensuite, il y en a ceux qui disent que c’est Dieu qui guide et dirige tout ; que Dieu a imposé des commandements qu’on doit suivre. Néanmoins, nous constatons que tous ceux qui se présentent comme les représentants sur terre ou au moins les connaisseurs de Dieu (les prêtres, les imams, les rabbis, les gourous,…) ont surtout utilisé leur « autorité » pour perpétuer les rapports de pouvoir existant. Tout-à-fait comme avec la « loi naturelle », on voit des gens invoquer quelque chose qu’ils font passer pour objectif (la volonté divine) et qu’en plus, eux seuls peuvent connaître, pour imposer un code de conduite, une camisole à l’homme. En plus, la morale céleste et divine enlève à chacun la responsabilité de déterminer soi-même ce qu’il trouve bien ou mal – la seule chose qui reste à faire, malgré ses propres pensées, volonté et désirs, c’est suivre ce qui est écrit dans les étoiles.
D’autres encore, qui ont peut-être compris que Dieu n’est qu’une fiction, un fruit de l’imagination de l’homme et qui n’existe donc pas « objectivement », invoquent la Morale qui aurait droit à déterminer nos vies. Souvent, la Morale (l’ensemble de codes de conduites que l’homme est supposé de suivre) est légitimée en faisant référence à la Majorité. Que la majorité des hommes pense que ça c’est bien et ça c’est mauvais, et que tout le monde devrait manier ces même critères. Mais qu’est-ce que c’est « la Majorité » ? Est-ce que ce sont les sondages d’opinion ? Est-ce que personne ne s’est jamais occupé de demander à chacun et à chacune sur cette planète qu’est-ce qu’il ou elle pense? Non, évidemment. Et voilà pourquoi les prêtres modernes ont inventé et instauré un tas de choses qui représenteraient cette fameuse Majorité. L’Etat en est un exemple par excellence. Au nom de l’Etat (et donc, selon ses croyants, au nom de la « majorité démocratique ») des guerres sont menées, des gens sont enfermés, des minorités sont exterminées et au nom de l’Etat, tout le monde doit se tenir à la même loi. De nouveau, la mission historique, le sens de l’existence de l’homme, est bêtement de suivre.
Tout ceux qui prétendent pouvoir imposer une morale, un carcan, « au nom de… » ont toujours produit de l’oppression. Je pense que ce n’est que quand nous arrêtons avec ce « au nom de… » que nous pouvons commencer à expérimenter différentes formes de rapports, de liens, de relations libres. Que quand chaque individu est pour lui-même la seule source d’éthique, de l’évaluation du bien et du mal (ou plutôt, du bon et du mauvais) ; quand il devient le seul à pouvoir revendiquer sa vie. Contre ces formes de société (une société où les rapports sont imposés d’en haut, peu importe s’il s’agit de Dieu, de la Morale ou de la Majorité), je me bats, en tant qu’individu, pour un archipel toujours étendant de relations individuelles, que j’engage ou romps librement, sur base de mes propres jugements et désirs. Des relations qui peuvent aussi bien être conflictuelles ou harmonieuses, mais où c’est toujours moi et d’autres moi qui en déterminent les formes et les intensités. Une vie où moi, avec tous mes défauts et mes qualités, je tiens la barre et me lie avec d’autres individu, m’associe, sur base de besoins et de désirs partagés. Vu de cette manière, la liberté n’est pas un droit et peut-être non plus un idéal, mais une pratique vivante. La libération de l’individu ne peut pas être proclamée ou imposée d’en haut, ce n’est peut qu’être l’effort de l’individu même, au nom de lui-même.
La révolte du moi contre les carcans et les cages trahit une beauté, une déclaration d’amour pour la vie qui est un coup dans la gueule moche et sanglante de toute autorité. Ces flammes d’amour, justement parce qu’il s’agit de moi-même, sont inextinguibles.
(Dans le prochain numéro, un article sur le pourquoi de notre hostilité face à toutes les autorités.)
"Celui qui commande se déprave, celui qui obéit se rapetisse. La morale qui naît de la hiérarchie sociale est forcément corrompue."
(Elisee Reclus, 1830 - 1905 )
"Je suis un amant fanatique de la liberté, la considérant comme l'unique milieu au sein duquel puissent se développer et grandir l'intelligence, la dignité et le bonheur des hommes ; non de cette liberté toute formelle, octroyée, mesurée et réglementée par l'État, mensonge éternel et qui en réalité ne représente jamais rien que le privilège de quelques-uns fondé sur l'esclavage de tout le monde."
(Michel Bakounine, 1814 - 1876)
"Résignés, regardez, je crache sur vos idoles; je crache sur Dieu, je crache sur la Patrie, je crache sur le Christ, je crache sur les Drapeaux, je crache sur le Capital et sur le Veau d'or, je crache sur les Lois et sur les Codes, sur les Symboles et les Religions: ce sont des hochets, je m'en moque, je m'en ris..."
(Albert Libertad, 1875 - 1908)
Souvent les mots n’ont pas la même signification pour tout le monde, et certainement pas quand ces mots réfèrent à des idées et des visions sous-jacentes. En tant qu’ennemis de toute autorité, il ne nous n’intéresse pas de donner une signification univoque à chaque mot, construisant ainsi un catéchisme normatif. Néanmoins, nous nous servons souvent de certains concepts pour exprimer nos idées. Dans cette rubrique nous clarifierons chaque numéro quelques concepts ; ou plutôt, nous les éluciderons à l’aide de nos idées, ces idées que nous nommons anarchistes.
Face-à-face avec nous-mêmes
A travers toute l’histoire, l’individu a été déprécié, humilié, écrasé et nié. En même temps, comme si c’était un courant imperceptible de la vie humaine, l’individu s’est toujours et partout révolté pour briser les chaînes et décider sur sa propre vie.
Des guerres ont été menées, des camps de concentration ont été érigés, des dieux et des races supérieurs ont été inventés pour faire marcher l’homme au pas. Pour nier qu’il existe quelque chose comme un moi qui est unique ; et que l’humanité n’est rien d’autre, rien de moins ou de plus, que pleins de différents moi. Sur quoi est-ce que ceux qui jurent sur l’asservissement de l’individu se basent ? quelles raisons estiment-ils pouvoir invoquer pour légitimer leur conduite ?
Certains s’appuient sur la nature. Ils prétendent qu’il existe des lois naturelles qu’on doit suivre, peu importe si nous pouvons les connaître ou pas, inconsciemment ou consciemment. La nature est alors souvent présentée comme une hiérarchie fixée pour toujours, avec les forts en hauts et les faibles en bas (« des loups et des moutons »). Néanmoins, et dans la mesure où il y aurait une différence entre « notre » monde et le monde « naturel », ça déborde d’exemples qui contredisent et infirment cette hiérarchie naturelle. L’animal le plus « fort » ne survit pas toujours et l’« aide mutuelle » entre les espèces semble être plus déterminante que la concurrence effrénée. En fait, il est difficile de parler de quelque chose comme « une loi naturelle objective » qui ferait sentir toujours et partout sa logique. Les développements « naturels » sont tellement divers, tellement liés aux situations, tellement contradictoires aussi qu’on ne peut en dériver aucune loi, au-delà peut-être du fait que chaque être vivant veut vivre. En découle alors que ceux qui invoquent une telle loi naturelle, le font en fait au nom de quelque chose qui est inexistant – et que, en effet, ce sont simplement leurs idées qu’ils veulent imposer en invoquant quelque chose qui serait « objectif », au-dessus de toute contradiction ou de doute.
Ensuite, il y en a ceux qui disent que c’est Dieu qui guide et dirige tout ; que Dieu a imposé des commandements qu’on doit suivre. Néanmoins, nous constatons que tous ceux qui se présentent comme les représentants sur terre ou au moins les connaisseurs de Dieu (les prêtres, les imams, les rabbis, les gourous,…) ont surtout utilisé leur « autorité » pour perpétuer les rapports de pouvoir existant. Tout-à-fait comme avec la « loi naturelle », on voit des gens invoquer quelque chose qu’ils font passer pour objectif (la volonté divine) et qu’en plus, eux seuls peuvent connaître, pour imposer un code de conduite, une camisole à l’homme. En plus, la morale céleste et divine enlève à chacun la responsabilité de déterminer soi-même ce qu’il trouve bien ou mal – la seule chose qui reste à faire, malgré ses propres pensées, volonté et désirs, c’est suivre ce qui est écrit dans les étoiles.
D’autres encore, qui ont peut-être compris que Dieu n’est qu’une fiction, un fruit de l’imagination de l’homme et qui n’existe donc pas « objectivement », invoquent la Morale qui aurait droit à déterminer nos vies. Souvent, la Morale (l’ensemble de codes de conduites que l’homme est supposé de suivre) est légitimée en faisant référence à la Majorité. Que la majorité des hommes pense que ça c’est bien et ça c’est mauvais, et que tout le monde devrait manier ces même critères. Mais qu’est-ce que c’est « la Majorité » ? Est-ce que ce sont les sondages d’opinion ? Est-ce que personne ne s’est jamais occupé de demander à chacun et à chacune sur cette planète qu’est-ce qu’il ou elle pense? Non, évidemment. Et voilà pourquoi les prêtres modernes ont inventé et instauré un tas de choses qui représenteraient cette fameuse Majorité. L’Etat en est un exemple par excellence. Au nom de l’Etat (et donc, selon ses croyants, au nom de la « majorité démocratique ») des guerres sont menées, des gens sont enfermés, des minorités sont exterminées et au nom de l’Etat, tout le monde doit se tenir à la même loi. De nouveau, la mission historique, le sens de l’existence de l’homme, est bêtement de suivre.
Tout ceux qui prétendent pouvoir imposer une morale, un carcan, « au nom de… » ont toujours produit de l’oppression. Je pense que ce n’est que quand nous arrêtons avec ce « au nom de… » que nous pouvons commencer à expérimenter différentes formes de rapports, de liens, de relations libres. Que quand chaque individu est pour lui-même la seule source d’éthique, de l’évaluation du bien et du mal (ou plutôt, du bon et du mauvais) ; quand il devient le seul à pouvoir revendiquer sa vie. Contre ces formes de société (une société où les rapports sont imposés d’en haut, peu importe s’il s’agit de Dieu, de la Morale ou de la Majorité), je me bats, en tant qu’individu, pour un archipel toujours étendant de relations individuelles, que j’engage ou romps librement, sur base de mes propres jugements et désirs. Des relations qui peuvent aussi bien être conflictuelles ou harmonieuses, mais où c’est toujours moi et d’autres moi qui en déterminent les formes et les intensités. Une vie où moi, avec tous mes défauts et mes qualités, je tiens la barre et me lie avec d’autres individu, m’associe, sur base de besoins et de désirs partagés. Vu de cette manière, la liberté n’est pas un droit et peut-être non plus un idéal, mais une pratique vivante. La libération de l’individu ne peut pas être proclamée ou imposée d’en haut, ce n’est peut qu’être l’effort de l’individu même, au nom de lui-même.
La révolte du moi contre les carcans et les cages trahit une beauté, une déclaration d’amour pour la vie qui est un coup dans la gueule moche et sanglante de toute autorité. Ces flammes d’amour, justement parce qu’il s’agit de moi-même, sont inextinguibles.
(Dans le prochain numéro, un article sur le pourquoi de notre hostilité face à toutes les autorités.)
"Celui qui commande se déprave, celui qui obéit se rapetisse. La morale qui naît de la hiérarchie sociale est forcément corrompue."
(Elisee Reclus, 1830 - 1905 )
"Je suis un amant fanatique de la liberté, la considérant comme l'unique milieu au sein duquel puissent se développer et grandir l'intelligence, la dignité et le bonheur des hommes ; non de cette liberté toute formelle, octroyée, mesurée et réglementée par l'État, mensonge éternel et qui en réalité ne représente jamais rien que le privilège de quelques-uns fondé sur l'esclavage de tout le monde."
(Michel Bakounine, 1814 - 1876)
"Résignés, regardez, je crache sur vos idoles; je crache sur Dieu, je crache sur la Patrie, je crache sur le Christ, je crache sur les Drapeaux, je crache sur le Capital et sur le Veau d'or, je crache sur les Lois et sur les Codes, sur les Symboles et les Religions: ce sont des hochets, je m'en moque, je m'en ris..."
(Albert Libertad, 1875 - 1908)
Brèves du désordre 8
Dans chaque numéro de Hors Service, nous reprenons une poignée d'une multitude d’actes de rébellion et de révolte. En général, l’Etat, ses médias et ses journalistes préfèrent ne pas trop ébruiter ces événements ou, plus encore, les déformer, les fausser et les mutiler pour que personne ne puisse s’y reconnaître. L’Etat ne veut inspirer personne dans de mauvaises intentions – mais nous si, et voilà la raison de ces colonnes.
Mobib – Malgré toute une série de vandalisme préventif qui a causé déjà pas mal de dégâts aux portillons, par lesquels la STIB veut mieux contrôler et verbaliser « ses voyageurs », cet entreprise persévère dans la malignité. Début juillet, les premiers portillons ont été mis en route (chaque semaine, des stations de métro sont « fermées ») et ceci a provoqué, comment pouvait-il en être autrement, beaucoup de tumulte. Les stewards ont été débordés de questions… et d’insultes.
L’Eglise ciblée – A Houthalen-Helchteren, des inconnus ont essayé à deux reprises d’incendier le centre paroissial de l’Eglise catholique. A Alveringem, d’autres ont causé des dégâts à l’intérieur de l’église même et ont laissé derrière eux un beau tas de merde. Ces derniers temps, l’Eglise a perdu un peu de a « sainteté intouchable » et peut-être cela nous donnerait-il un peu plus d’espace pour formuler une critique courageuse de toutes les religions et de ceux qui au nom de dieu soutiennent les rapports de pouvoir existant.
Evasion – Un homme s’est évadé du centre fermé pour illégaux de Vottem en grimpant les enceintes (de quelques mètres de hauteur). Quelques heures plus tard, il a été arrêté dans la maison d’un cousin. Souvent, la première réaction de la police suite à une évasion est de surveiller les habitations des parents et des amis proches.
Collaborateur – A Gand, une camionnette d’ISS Cleaning a été incendiée. Cette entreprise se fait du fric en faisant des travaux d’entretien et de nettoyage dans les centres fermés pour illégaux. D’ailleurs, la même nuit, une grosse BMW a été consummée par le feu à Halle.
Sabotage sur des chantiers – Les entreprises (comme Besix et Valens) qui collaborent à la construction d’un nouveau centre fermé à Steenokkerzeel ne sont clairement pas invulnérables. Début juillet, ça a été mis encore une fois en évidence quand des inconnus s'en sont pris à un chantier gigantesque de Valens à Diegem. Les vitres d’une excavatrice ont été cassées, le câblage et des câbles ont été coupés. D’ailleurs, ce chantier appartient aussi à l’entreprise BAM, qui est candidat à la construction de nouvelles prisons.
Moins d’irradiation – A Saint-Stevens-Woluwe, les pompiers ont dû intervenir sur un relais de portables en feu. Le relais a été entièrement détruit ce qui a provoqué un petit arrêt de ces antennes cancérogènes et un assèchement léger des fleuves de communications.
Brûle bagnole brûle – Ce dernier moins, beaucoup de voitures ont été livrés aux flammes. Dans plusieurs villes, la police craint une vraie « épidémie » et la contagion d’autres régions. Surtout à Liège, la série semble continuer sans cesse et les incendiaires ciblent vraisemblablement des voitures de luxe, des camionnettes et des voitures d’entreprises. Un homme a été arrêté et accusé d'avoir carbonisé au quartier de Saint-Nicolas 5 véhicules, mais quelques heures plus tard, deux autres voitures, dont une BMW classe Z, sont incendiées. Un jour plus tard, c’est à Flémalle que quatre voitures, certaines garées devant des villas, partent en fumée. A Anvers aussi, dans la commune de Deurne, une BMW, une camionnette et d’autres véhicules ont été brûlés.
Transports de voitures – Certains le voient peut-être un peu plus grand ou voudraient peut-être ciblée le capitalisme d’une manière un peu plus directe. A trois différents endroits (Rekkem, Marke et Houthalen), à trois moments différents, des camions transportant des voitures neuves ont été incendiés sur des parkings le long de l’autoroute. Au total, ce sont quatre camions remplis de voitures neuves et un camion-citerne brûlés.
Belle tentative – Un dimanche après-midi ensoleillé, quelqu’un a essayé d’incendier un centre commercial (fermé à ce moment) à Roeselare. La police a découvert trois foyers d’incendie, mais les pompiers sont rapidement intervenus pour sauver ce temple de l’argent et de la marchandise. A Hoogstraten, des inconnus se sont introduits dans un autre temple de l’argent, une banque ING, et ont détruits les distributieurs de billet.
Bus – A Turnhout, dix bus de l’entreprise de transport en commun flamande De Lijn ont été tagués et à Bilzen, quatre bus ont été endommagés. De Lijn est entre-temps devenue une entreprise qui, non seulement, excelle en termes de contrôle et de répression, mais qui a aussi toujours bien aidé la police dans ses rafles contre des sans-papiers sur son réseau.
Feu aux camisoles – Un homme qui refusait l’internement psychiatrique, c’est-à-dire, l’incarcération forcée de quelqu’un qui est considéré comme trop « déviant » de la norme, a incendié sa cellule dans le centre psychiatrique de Grimbergen. L’incendie a également endommagé d’autres cellules. L’homme avait prévenu le personnel du centre de son acte et a revendiqué sa responsabilité, son choix, devant le juge d’instruction.
Sous le nez des flics – Un homme qui a été arrêté parce qu’il avait insulté des policiers, s’est évadé du commissariat central d’Anderlecht. Dans le commissariat, il a été maltraité par les policiers et a reçu des coups de poings. Placé en cellule, il a enlevé la vitre au-dessus de la porte en grattant la silicone autour. Ensuite, il s’est extrait de sa cellule et s’est mis à courir, s’échappant sous le nez des flics.
Mobib – Malgré toute une série de vandalisme préventif qui a causé déjà pas mal de dégâts aux portillons, par lesquels la STIB veut mieux contrôler et verbaliser « ses voyageurs », cet entreprise persévère dans la malignité. Début juillet, les premiers portillons ont été mis en route (chaque semaine, des stations de métro sont « fermées ») et ceci a provoqué, comment pouvait-il en être autrement, beaucoup de tumulte. Les stewards ont été débordés de questions… et d’insultes.
L’Eglise ciblée – A Houthalen-Helchteren, des inconnus ont essayé à deux reprises d’incendier le centre paroissial de l’Eglise catholique. A Alveringem, d’autres ont causé des dégâts à l’intérieur de l’église même et ont laissé derrière eux un beau tas de merde. Ces derniers temps, l’Eglise a perdu un peu de a « sainteté intouchable » et peut-être cela nous donnerait-il un peu plus d’espace pour formuler une critique courageuse de toutes les religions et de ceux qui au nom de dieu soutiennent les rapports de pouvoir existant.
Evasion – Un homme s’est évadé du centre fermé pour illégaux de Vottem en grimpant les enceintes (de quelques mètres de hauteur). Quelques heures plus tard, il a été arrêté dans la maison d’un cousin. Souvent, la première réaction de la police suite à une évasion est de surveiller les habitations des parents et des amis proches.
Collaborateur – A Gand, une camionnette d’ISS Cleaning a été incendiée. Cette entreprise se fait du fric en faisant des travaux d’entretien et de nettoyage dans les centres fermés pour illégaux. D’ailleurs, la même nuit, une grosse BMW a été consummée par le feu à Halle.
Sabotage sur des chantiers – Les entreprises (comme Besix et Valens) qui collaborent à la construction d’un nouveau centre fermé à Steenokkerzeel ne sont clairement pas invulnérables. Début juillet, ça a été mis encore une fois en évidence quand des inconnus s'en sont pris à un chantier gigantesque de Valens à Diegem. Les vitres d’une excavatrice ont été cassées, le câblage et des câbles ont été coupés. D’ailleurs, ce chantier appartient aussi à l’entreprise BAM, qui est candidat à la construction de nouvelles prisons.
Moins d’irradiation – A Saint-Stevens-Woluwe, les pompiers ont dû intervenir sur un relais de portables en feu. Le relais a été entièrement détruit ce qui a provoqué un petit arrêt de ces antennes cancérogènes et un assèchement léger des fleuves de communications.
Brûle bagnole brûle – Ce dernier moins, beaucoup de voitures ont été livrés aux flammes. Dans plusieurs villes, la police craint une vraie « épidémie » et la contagion d’autres régions. Surtout à Liège, la série semble continuer sans cesse et les incendiaires ciblent vraisemblablement des voitures de luxe, des camionnettes et des voitures d’entreprises. Un homme a été arrêté et accusé d'avoir carbonisé au quartier de Saint-Nicolas 5 véhicules, mais quelques heures plus tard, deux autres voitures, dont une BMW classe Z, sont incendiées. Un jour plus tard, c’est à Flémalle que quatre voitures, certaines garées devant des villas, partent en fumée. A Anvers aussi, dans la commune de Deurne, une BMW, une camionnette et d’autres véhicules ont été brûlés.
Transports de voitures – Certains le voient peut-être un peu plus grand ou voudraient peut-être ciblée le capitalisme d’une manière un peu plus directe. A trois différents endroits (Rekkem, Marke et Houthalen), à trois moments différents, des camions transportant des voitures neuves ont été incendiés sur des parkings le long de l’autoroute. Au total, ce sont quatre camions remplis de voitures neuves et un camion-citerne brûlés.
Belle tentative – Un dimanche après-midi ensoleillé, quelqu’un a essayé d’incendier un centre commercial (fermé à ce moment) à Roeselare. La police a découvert trois foyers d’incendie, mais les pompiers sont rapidement intervenus pour sauver ce temple de l’argent et de la marchandise. A Hoogstraten, des inconnus se sont introduits dans un autre temple de l’argent, une banque ING, et ont détruits les distributieurs de billet.
Bus – A Turnhout, dix bus de l’entreprise de transport en commun flamande De Lijn ont été tagués et à Bilzen, quatre bus ont été endommagés. De Lijn est entre-temps devenue une entreprise qui, non seulement, excelle en termes de contrôle et de répression, mais qui a aussi toujours bien aidé la police dans ses rafles contre des sans-papiers sur son réseau.
Feu aux camisoles – Un homme qui refusait l’internement psychiatrique, c’est-à-dire, l’incarcération forcée de quelqu’un qui est considéré comme trop « déviant » de la norme, a incendié sa cellule dans le centre psychiatrique de Grimbergen. L’incendie a également endommagé d’autres cellules. L’homme avait prévenu le personnel du centre de son acte et a revendiqué sa responsabilité, son choix, devant le juge d’instruction.
Sous le nez des flics – Un homme qui a été arrêté parce qu’il avait insulté des policiers, s’est évadé du commissariat central d’Anderlecht. Dans le commissariat, il a été maltraité par les policiers et a reçu des coups de poings. Placé en cellule, il a enlevé la vitre au-dessus de la porte en grattant la silicone autour. Ensuite, il s’est extrait de sa cellule et s’est mis à courir, s’échappant sous le nez des flics.
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