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Centre fermé pour illégaux, Steenokkerzeel, à 15 kilomètres de Bruxelles. Le 27 mai, vers 21h, quatre sans-papiers incendient simultanément leurs cellules. Toute une aile est temporairement fermée et une quarantaine de prisonniers sont évacués. La police descend massivement sur les lieux pour empêcher, la matraque à la main, une éventuelle extension de la révolte ou une évasion.
Dans des temps où on pense obscurcir le vrai caractère des choses avec de faux mots, un premier pas est peut-être d’appeler un chat un chat. Car contrairement à ce qui semble être à la mode dans les médias, un centre fermé pour illégaux n’est pas un centre d’accueil et d’aide aux réfugiés. Un centre fermé est une prison où des personnes, qui ne disposent pas des papiers de séjour exigés, sont enfermées en attendant leur expulsion forcée. Et, en fait, même ces mots obscurcissent le vrai caractère de ces centres. En d’autres temps, on aurait peut-être eu moins de scrupules à appeler un lieu où des personnes sont incarcérées pour des raisons administratives et transportées de force vers un autre lieu, vers un autre pays, simplement un camp de déportation. Et à ne pas appeler les personnes qui tournent la clé des portes des cellules, qui mettent sous le joug les prisonniers et qui les terrorisent, des accompagnateurs ou des assistants sociaux, mais simplement des matons ou des gardes de camp.
Comme en août 2008 où deux ailes du centre fermé à Steenokkerzeel ont été incendiées par des prisonniers, les révoltés d’aujourd’hui ont mis en pratique la seule critique possible de ces camps : leur destruction. Les centres fermés ne peuvent pas être améliorés ou reformés, leur caractère sera toujours celui d’un camp de détention, un outrage criminel de la liberté humaine et une chaîne autour de la cheville de quiconque veut se battre pour la liberté et la solidarité. La violence ardente de cette révolte est juste parce que cette violence est libératrice, parce qu’elle affranchit et tente de détruire des structures de l’enfermement. Ainsi, elle offre un contraste criant avec la violence que cette société exerce quotidiennement, cette société qui enferme et annihile des gens dans des camps, des prisons, des centres psychiatriques, des églises et des familles.
Littéralement à côté du centre fermé de Steenokkerzeel, l'État est en train de construire actuellement un nouveau centre fermé spécialement conçu pour mater ce genre de révoltes. Depuis des mois, une lutte est en cours dans la rue contre cette construction. Notre solidarité avec la révolte de ces quatre individus à Steenokkerzeel est donc de continuer la lutte contre les centres fermés, existants ou ceux en construction. La révolte à Steenokkerzeel est une invitation à chacun.e qui veut se battre contre la politique d’exclusion, les déportations et les centres fermés afin d’intensifier la lutte. De mettre, ici et maintenant, avec tous les moyens qu’on estime opportuns, des bâtons dans les roues des gens, des entreprises et des institutions qui font exister ces centres fermés écœurants.
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Sommes-nous prêts à étouffer dans ce monde, ou allons nous faire quelque chose?
Des prisonniers boutent le feu à leur cellule. Sommes nous fous de déclarer notre solidarité? Sommes-nous aveugles pour y voir une signification, une qui fait même battre nos cœurs plus vite? Mais bien sûr que non! Regardez autour de vous. Peut être que ça ne vous parle pas, mais moi aussi, je me sens parfois prisonnier, cloué par le cours normale des choses. Je regarde autour de moi et je me rends compte que je n'ai jamais choisi cette merde ! Et ils essayent de me faire marcher dedans quand même. École, travail, courir contre la montre, obéir. La police et la prison tout près, l'environnement foutu, partout du baratin politique qui veut nous faire fermer les yeux sur la situation sans issue à laquelle nous sommes condamnés.
Mais c'est intenable et c'est toujours plus difficile à camoufler. Plus de pauvreté, travailler plus longtemps, moins de certitudes, apprendre à vivre avec une pollution inimaginable. Lentement, mais sûrement, ils nous prennent à la gorge. Non, faut pas se dire anarchiste pour réaliser que le pouvoir des hommes d'affaires et des politiciens (de n'importe quelle couleur) ne nous laissera plus beaucoup d'oxygène. Sommes-nous prêts à étouffer, ou allons nous faire quelque chose ?
Dans une prison, la révolte c'est une question de vie. Tu es confronté à une oppression brute. T'es poussé de chaque côté, dans une réalité quotidienne qui veut t'enlever toute perspective, qui veut te faire croire que la seule force est chez les matons, la direction, le système. Ils parlent un langage clair, et ils te placent devant un ultimatum clair. Est-ce je veux renoncer à moi-même et accepter ce genre de vie... Ou est-ce que je refuse de croire que je n'ai aucune force et que rien n'est possible. Ces questions te donnent les mains moites. Parce que là, tu te rends compte qu'il n'y a que toi pour y répondre, et que le résultat pourrait bien échapper à tous tes calculs préalables. Mais à un certain moment, tu sais juste que tout refus petit ou grand peut t'arracher à un vide étouffant et te rendre ta dignité. Au milieu des matons, des caméras et des barbelés, mettre le feu à sa cellule est un acte qui n'a pas besoin de mots, que du courage.
Hors des murs des prisons aussi, la révolte c'est une question de vie. Ce n'est ni plus ni moins que la question: “Quelle vie voulons-nous?” Est-ce que c'est ça ou est-ce qu'il y a plus...Voulons-nous mourir dans l'attente de quelques miettes qui nous seront peut être jetées, et que nous appellerons alors liberté? Ou sommes-nous prêts à renoncer à la certitude apparente de cette société, et à plonger dans une aventure qui puisse transformer nos vies, et nous permettre de trouver de nouveaux possibles ? La force nous appartient, et nous n'acceptons plus d'être balancés entre travail et plus de travail, obéissance et captivité.
Voulons-nous vivre ou être vécu? Parfois avec d'autres, mais toujours à nous seuls, c'est ce choix que nous pouvons faire. Le choix de mettre le feu à notre cellule, de se révolter...
Mais c'est intenable et c'est toujours plus difficile à camoufler. Plus de pauvreté, travailler plus longtemps, moins de certitudes, apprendre à vivre avec une pollution inimaginable. Lentement, mais sûrement, ils nous prennent à la gorge. Non, faut pas se dire anarchiste pour réaliser que le pouvoir des hommes d'affaires et des politiciens (de n'importe quelle couleur) ne nous laissera plus beaucoup d'oxygène. Sommes-nous prêts à étouffer, ou allons nous faire quelque chose ?
Dans une prison, la révolte c'est une question de vie. Tu es confronté à une oppression brute. T'es poussé de chaque côté, dans une réalité quotidienne qui veut t'enlever toute perspective, qui veut te faire croire que la seule force est chez les matons, la direction, le système. Ils parlent un langage clair, et ils te placent devant un ultimatum clair. Est-ce je veux renoncer à moi-même et accepter ce genre de vie... Ou est-ce que je refuse de croire que je n'ai aucune force et que rien n'est possible. Ces questions te donnent les mains moites. Parce que là, tu te rends compte qu'il n'y a que toi pour y répondre, et que le résultat pourrait bien échapper à tous tes calculs préalables. Mais à un certain moment, tu sais juste que tout refus petit ou grand peut t'arracher à un vide étouffant et te rendre ta dignité. Au milieu des matons, des caméras et des barbelés, mettre le feu à sa cellule est un acte qui n'a pas besoin de mots, que du courage.
Hors des murs des prisons aussi, la révolte c'est une question de vie. Ce n'est ni plus ni moins que la question: “Quelle vie voulons-nous?” Est-ce que c'est ça ou est-ce qu'il y a plus...Voulons-nous mourir dans l'attente de quelques miettes qui nous seront peut être jetées, et que nous appellerons alors liberté? Ou sommes-nous prêts à renoncer à la certitude apparente de cette société, et à plonger dans une aventure qui puisse transformer nos vies, et nous permettre de trouver de nouveaux possibles ? La force nous appartient, et nous n'acceptons plus d'être balancés entre travail et plus de travail, obéissance et captivité.
Voulons-nous vivre ou être vécu? Parfois avec d'autres, mais toujours à nous seuls, c'est ce choix que nous pouvons faire. Le choix de mettre le feu à notre cellule, de se révolter...
Un coup dans l'ordre normale des choses
Cette matinée ne s'est pas tout à fait passée comme prévue au palais de justice bruxellois. Elle ne s'est pas déroulée comme toutes les autres. D'habitude, chaque jour, à la chaîne, les juges inspectent, analysent, humilient et finalement condamnent. Les juges prévoient quotidiennement le cadre légal pour enfermer des gens derrière des barreaux. 5 ans, 10 ans, 15 ans.... Mais parfois, on serre les chaînes un peu moins fort, parce que la machine doit tourner, et la répression seule ne marche pas. Les gens doivent aussi “recevoir une deuxième chance” pour encore fonctionner dans ce système. S'intégrer, avaler leur éducation, travailler, dire oui, baisser la tête... Un TIG (travaux d'intérêt général) par ci, un bracelet électronique par là. Bientôt un GPS et un appareil qui reconnaît la voix, pour mieux pouvoir nous garder sous le joug. Pour priver de liberté ceux qui, jusqu'à l'heure, pouvait échapper à la prison ferme. Des greffiers , les meilleurs parmi les « bons bureaucrates », griffonnent avec précision la fastueuse justice, la font exister. Ils organisent tout méticuleusement, un report par ci, un report par là : “Le détenu a-t-il de nouveau attendu pendant une heure et demie dans les caves glaciales du tribunal ? L'équipe d'intervention spéciale lui a t-elle de nouveau menotté les pieds et les mains, lui a-t-elle de nouveau bandé les yeux ? Ben, on refera tout ça le mois prochain...
Deux personnes sont mortes ce matin. Cette fois-ci, ce n'était pas un prisonnier qui a été étouffé par la matraque d'un maton (ah non, c'était un suicide, n'est-ce pas?). Ce n'était pas non plus un braqueur qui a été abattu après une course poursuite, histoire de ne même plus prendre la peine de l'enfermer. Ce n'était pas un sans-abri qui ne s'est plus réveillé à cause de la misère. À croire les médias, ce petit pays tremble sur ces fondations. Le cœur de la Justice a été touché, le poumon de la Démocratie et l'Artère de la Légitimité. En fait, ce ne sont que les politiciens qui parlent ainsi. Madame j'empeste-la-vie-des-sans-papiers, Annemie Turtelboom et monsieur master plan-10-nouvelles-prisons, Stefaan de Clerck disent être fortement choqués. Mais Stefaan n'a pas pu s'abstenir de remarquer que c'était quand même un mauvais moment pour descendre des juges de cette manière, en pleine campagne électorale.
Donc aujourd'hui il s'agissait surtout de la sécurisation des tribunaux, thème qui est discuté depuis longtemps. Ce n'est en effet pas faux que l'État ait déjà essuyé quelques affronts. Des détenus qui tentent le sprint vers la liberté sans trop de peine, des compagnons qui, à main armée, viennent reprendre leurs potes détenus...et partent par la petite porte. Quasi toute la caste politique est d'avis que le palais de justice doit devenir un bastion hautement sécurisé. Mais avec les justices de paix, c'est déjà plus difficile, car c'est justement leur but de se porter garant de la paix. Et avec tous ces robocops et armes de guerre, ça ne fait pas vraiment l'affaire.
L'audience dans la justice de paix, 4ième canton, ne s'est pas tout à fait déroulée comme toutes les autres. A la fin de l'audience, un homme a pris son arme, et a abattu une juge de la paix et un greffier. Il n'a pas tiré dans le tas, mais sur une juge. Et pas n'importe quelle juge, celle qui avait ordonné de l'expulser de sa maison, et s'était portée garante des intérêts de son propriétaire. Car, à part jouer à l'arbitre dans les querelles entre voisins et dans les divorces, c'est aussi la fonction d'un juge de la paix. Veiller à ce que l'argent reste chez les riches, que les rapports sociaux de ce monde soient maintenus. Envoyer les huissiers lorsqu'il y a des conflits avec les propriétaires ou des factures non-payées, expulser des gens, ordonner les placements forcés dans les institutions fermées pour ceux que cette société a qualifié de malades mentaux...
Dans la soirée, l'homme a été violemment arrêté dans un parc près de la rue de la Loi quand il pointait son arme symboliquement vers les bureaux du gouvernement. Il a pris la responsabilité de son acte et a déclaré avoir agi par vengeance, contre la Justice en général et contre ce juge en particulier.
Ce choix n'est pas tombé dans les oreilles d'un sourd. C'est en effet l'intention derrière cet acte qui dit tant de choses, qui ouvre mille chemins, ou qui peut les fermer. La Justice, tout comme l'État, n'est pas quelque chose d'abstrait, elle est exprimée par des personnes. Des personnes qui peuvent être très réactionnaires, mais tout aussi bien progressistes, des personnes qui veulent rendre le système répressif plus 'supportable', plus 'humain'. En effet, une personne est morte aujourd'hui, une personne qui avait choisi d'être juge et donc de mettre d'autres personnes dans la misère, ce 'tireur' inclus.
Ce n'est pas sans arrière-pensées que, à peine quelques heures après les faits et sans beaucoup d'indications, la police diffuse l'information que c'était un tueur à gages impassible qui avait tiré. Mais ce n'était pas un tueur à gages. C'était un homme qui a d'abord eu des problèmes avec le gouvernement réactionnaire en Iran et qui avait été reconnu comme réfugié politique ici. Un homme qui, comme tant d'autres, ne pouvait plus joindre les deux bouts et avait été expulsé de sa maison.
Ce qu'ils veulent éviter, c'est que puisse vivre l'idée que les choses ne doivent pas forcément rester comme elles sont ; Qu'il y a des responsables à notre misère ; Que chaque exploité pourrait y voir une possibilité. Et pour éviter cela, la figure d'un tueur à gages à sang froid est très convenable. Il reste très loin de nous. Tuer pour l'argent, tuer n'importe qui, travailler pour n'importe qui. Puis, quand cette option ne tient plus la route, ils essayent de le présenter comme un fou frénétique, un homme confus. Mais il n'est pas confus, il a juste compris avec beaucoup de lucidité qui était co-responsable de sa misère et a agi en conséquence. À l'heure qu'il est, ils mettront tout en œuvre pour balayer toutes les questions autour de toucher quoi ou qui, de quelle manière et pourquoi ? Parce qu'ils savent que de telles questions ébranlent leur monde d'oppression. De plus en plus, la pacification de ce pays est brisée, et il est de plus en plus important de parler de l'intention qui porte nos actes. De rendre clair, loin de tous les mensonges des médias et de tout le baratin politique, ce pourquoi nous luttons, et vers où nous voulons aller.
Deux personnes sont mortes ce matin. Cette fois-ci, ce n'était pas un prisonnier qui a été étouffé par la matraque d'un maton (ah non, c'était un suicide, n'est-ce pas?). Ce n'était pas non plus un braqueur qui a été abattu après une course poursuite, histoire de ne même plus prendre la peine de l'enfermer. Ce n'était pas un sans-abri qui ne s'est plus réveillé à cause de la misère. À croire les médias, ce petit pays tremble sur ces fondations. Le cœur de la Justice a été touché, le poumon de la Démocratie et l'Artère de la Légitimité. En fait, ce ne sont que les politiciens qui parlent ainsi. Madame j'empeste-la-vie-des-sans-papiers, Annemie Turtelboom et monsieur master plan-10-nouvelles-prisons, Stefaan de Clerck disent être fortement choqués. Mais Stefaan n'a pas pu s'abstenir de remarquer que c'était quand même un mauvais moment pour descendre des juges de cette manière, en pleine campagne électorale.
Donc aujourd'hui il s'agissait surtout de la sécurisation des tribunaux, thème qui est discuté depuis longtemps. Ce n'est en effet pas faux que l'État ait déjà essuyé quelques affronts. Des détenus qui tentent le sprint vers la liberté sans trop de peine, des compagnons qui, à main armée, viennent reprendre leurs potes détenus...et partent par la petite porte. Quasi toute la caste politique est d'avis que le palais de justice doit devenir un bastion hautement sécurisé. Mais avec les justices de paix, c'est déjà plus difficile, car c'est justement leur but de se porter garant de la paix. Et avec tous ces robocops et armes de guerre, ça ne fait pas vraiment l'affaire.
L'audience dans la justice de paix, 4ième canton, ne s'est pas tout à fait déroulée comme toutes les autres. A la fin de l'audience, un homme a pris son arme, et a abattu une juge de la paix et un greffier. Il n'a pas tiré dans le tas, mais sur une juge. Et pas n'importe quelle juge, celle qui avait ordonné de l'expulser de sa maison, et s'était portée garante des intérêts de son propriétaire. Car, à part jouer à l'arbitre dans les querelles entre voisins et dans les divorces, c'est aussi la fonction d'un juge de la paix. Veiller à ce que l'argent reste chez les riches, que les rapports sociaux de ce monde soient maintenus. Envoyer les huissiers lorsqu'il y a des conflits avec les propriétaires ou des factures non-payées, expulser des gens, ordonner les placements forcés dans les institutions fermées pour ceux que cette société a qualifié de malades mentaux...
Dans la soirée, l'homme a été violemment arrêté dans un parc près de la rue de la Loi quand il pointait son arme symboliquement vers les bureaux du gouvernement. Il a pris la responsabilité de son acte et a déclaré avoir agi par vengeance, contre la Justice en général et contre ce juge en particulier.
Ce choix n'est pas tombé dans les oreilles d'un sourd. C'est en effet l'intention derrière cet acte qui dit tant de choses, qui ouvre mille chemins, ou qui peut les fermer. La Justice, tout comme l'État, n'est pas quelque chose d'abstrait, elle est exprimée par des personnes. Des personnes qui peuvent être très réactionnaires, mais tout aussi bien progressistes, des personnes qui veulent rendre le système répressif plus 'supportable', plus 'humain'. En effet, une personne est morte aujourd'hui, une personne qui avait choisi d'être juge et donc de mettre d'autres personnes dans la misère, ce 'tireur' inclus.
Ce n'est pas sans arrière-pensées que, à peine quelques heures après les faits et sans beaucoup d'indications, la police diffuse l'information que c'était un tueur à gages impassible qui avait tiré. Mais ce n'était pas un tueur à gages. C'était un homme qui a d'abord eu des problèmes avec le gouvernement réactionnaire en Iran et qui avait été reconnu comme réfugié politique ici. Un homme qui, comme tant d'autres, ne pouvait plus joindre les deux bouts et avait été expulsé de sa maison.
Ce qu'ils veulent éviter, c'est que puisse vivre l'idée que les choses ne doivent pas forcément rester comme elles sont ; Qu'il y a des responsables à notre misère ; Que chaque exploité pourrait y voir une possibilité. Et pour éviter cela, la figure d'un tueur à gages à sang froid est très convenable. Il reste très loin de nous. Tuer pour l'argent, tuer n'importe qui, travailler pour n'importe qui. Puis, quand cette option ne tient plus la route, ils essayent de le présenter comme un fou frénétique, un homme confus. Mais il n'est pas confus, il a juste compris avec beaucoup de lucidité qui était co-responsable de sa misère et a agi en conséquence. À l'heure qu'il est, ils mettront tout en œuvre pour balayer toutes les questions autour de toucher quoi ou qui, de quelle manière et pourquoi ? Parce qu'ils savent que de telles questions ébranlent leur monde d'oppression. De plus en plus, la pacification de ce pays est brisée, et il est de plus en plus important de parler de l'intention qui porte nos actes. De rendre clair, loin de tous les mensonges des médias et de tout le baratin politique, ce pourquoi nous luttons, et vers où nous voulons aller.
Comment pourrait-il en être autrement?
Normal. C'est un mot terrible. Mais c’est trop souvent la réponse qu'on reçoit quand on critique cette société. Mais qu’est-ce que tu crois ? Les choses sont comme ça ! Le jugement de ce qui est normal et de ce qui ne l’est pas n’est pas aussi objectif que le prétendent les interlocuteurs. Ça dépend du regard qu'on y porte.
Pour l'État, c’est un crime. Pour les racistes, c’est une preuve de méchanceté innée d’immigrés. Pour les politiciens, c’est un prétexte pour exiger plus de sécurité et plus de prisons. Pour l’assistant social, pour celui qui pense qu’avec un peu de maquillage, la sale gueule de ce monde serait plus belle, c’est un signe qu’il faudrait s’y prendre un peu plus humainement. Pour le brave travailleur qui croît que les immigrés menacent son existence précaire, qu'ils vont lui piquer son boulot et donc ses sous ; qui ne croît pas que les capitalistes, les banques, les propriétaires, les riches le font bosser pour ensuite encaisser les profits ; pour ce brave homme, c’est quelque chose sur quoi il préfère fermer les yeux.
Dans les mois d’avril et de mai, de nombreuses révoltes, mutineries et évasions ont eu lieu dans les centres fermés italiens où sont enfermés des clandestins en attendant leur déportation. Des dizaines de personnes ont réussi à se faire la belle. A Gradisca, Rome et Brindisi, des dizaines de prisonniers sans-papiers se sont affrontés avec les matons et les militaires (en Italie, l’armée participe à la surveillance des centres fermés) et ont réussi à s’évader ensemble. Dans d’autres centres, comme à Bologne, des prisonniers ont brûlé leurs cellules et à Rome, quelques bâtiments du centre fermé ont été incendiés à deux reprises.
Et comment pourrait-il en être autrement ? Selon moi, il est normal que les individus chassés, raflés, arrêtés, enfermés, isolés et terrorisés en attendant une déportation vers un pays où ils ne veulent ou ne peuvent plus être, se révoltent. Je pense que profondément, dans chaque être humain, réside un désir de liberté. Les États, les religions, les idéologies essayent de faire pencher ce désir vers l’acceptation de l’autorité alors que l’autorité est pour la liberté ce que l’huile est pour l’eau. Ils essayent ainsi de présenter comme normal que les pauvres doivent être pauvres, que les étrangers doivent être haïs ; que certains puissent jouer au chef. Ils essayent de faire passer comme normal que la liberté soit en fait d'obéir. Mais tout comme ceux qui brûlent leur cellule, qui essayent de s’évader quand ils sont mis en cages, je regarde les choses avec d’autres yeux. Je regarde avec des yeux qui cherchent des possibilités pour attaquer les obstacles qui barrent la route de ma liberté et de celle des autres. Et tandis que, pour retourner à la situation italienne, certains brûlent leur cellule, d’autres, dehors, passent à l’attaque contre ceux qui rendent possible les centres fermés. Comme à Florence, où quelques voitures de l’association catholique Misericordia, responsable de la gestion de plusieurs centres fermés en Italie, ont été incendiées. Comme à Modène, où une dizaine de personnes ont perturbé une messe dans la cathédrale pour dénoncer le rôle du maton de Misericordia.
Je regarde avec d’autres yeux. Je ne trouve pas normal que les gens continuent à s’incliner, qu’ils se résignent au fait d’être mis sous pression, exploités, abusés et commandés. Selon moi, c'est normal, même si ce n’est que le début d’un chemin difficile et hasardeux, qu'ils tentent de résister, qu'ils se révoltent, se soutiennent et se donnent du courage.
Pour l'État, c’est un crime. Pour les racistes, c’est une preuve de méchanceté innée d’immigrés. Pour les politiciens, c’est un prétexte pour exiger plus de sécurité et plus de prisons. Pour l’assistant social, pour celui qui pense qu’avec un peu de maquillage, la sale gueule de ce monde serait plus belle, c’est un signe qu’il faudrait s’y prendre un peu plus humainement. Pour le brave travailleur qui croît que les immigrés menacent son existence précaire, qu'ils vont lui piquer son boulot et donc ses sous ; qui ne croît pas que les capitalistes, les banques, les propriétaires, les riches le font bosser pour ensuite encaisser les profits ; pour ce brave homme, c’est quelque chose sur quoi il préfère fermer les yeux.
Dans les mois d’avril et de mai, de nombreuses révoltes, mutineries et évasions ont eu lieu dans les centres fermés italiens où sont enfermés des clandestins en attendant leur déportation. Des dizaines de personnes ont réussi à se faire la belle. A Gradisca, Rome et Brindisi, des dizaines de prisonniers sans-papiers se sont affrontés avec les matons et les militaires (en Italie, l’armée participe à la surveillance des centres fermés) et ont réussi à s’évader ensemble. Dans d’autres centres, comme à Bologne, des prisonniers ont brûlé leurs cellules et à Rome, quelques bâtiments du centre fermé ont été incendiés à deux reprises.
Et comment pourrait-il en être autrement ? Selon moi, il est normal que les individus chassés, raflés, arrêtés, enfermés, isolés et terrorisés en attendant une déportation vers un pays où ils ne veulent ou ne peuvent plus être, se révoltent. Je pense que profondément, dans chaque être humain, réside un désir de liberté. Les États, les religions, les idéologies essayent de faire pencher ce désir vers l’acceptation de l’autorité alors que l’autorité est pour la liberté ce que l’huile est pour l’eau. Ils essayent ainsi de présenter comme normal que les pauvres doivent être pauvres, que les étrangers doivent être haïs ; que certains puissent jouer au chef. Ils essayent de faire passer comme normal que la liberté soit en fait d'obéir. Mais tout comme ceux qui brûlent leur cellule, qui essayent de s’évader quand ils sont mis en cages, je regarde les choses avec d’autres yeux. Je regarde avec des yeux qui cherchent des possibilités pour attaquer les obstacles qui barrent la route de ma liberté et de celle des autres. Et tandis que, pour retourner à la situation italienne, certains brûlent leur cellule, d’autres, dehors, passent à l’attaque contre ceux qui rendent possible les centres fermés. Comme à Florence, où quelques voitures de l’association catholique Misericordia, responsable de la gestion de plusieurs centres fermés en Italie, ont été incendiées. Comme à Modène, où une dizaine de personnes ont perturbé une messe dans la cathédrale pour dénoncer le rôle du maton de Misericordia.
Je regarde avec d’autres yeux. Je ne trouve pas normal que les gens continuent à s’incliner, qu’ils se résignent au fait d’être mis sous pression, exploités, abusés et commandés. Selon moi, c'est normal, même si ce n’est que le début d’un chemin difficile et hasardeux, qu'ils tentent de résister, qu'ils se révoltent, se soutiennent et se donnent du courage.
Celui qui ne disparaît pas, se fait avoir!
« Les politiciens l’ont bousillé. Je ne vais pas voter et j’appelle tout le monde à ne pas aller voter. » C'était avec un peu de joie, que j’écoutais la voix de l’intellectuel/artiste sur la radio. Ce jour-là, il faisait beau (évidemment pas vraiment, il faisait le temps pleuvasse typiquement belge, heureusement on n’aura plus de ça quand le pays sera finalement scissionné). Mais mon sourire s’éclipse aussi vite qu’il était venu quand je comprends que l’appel à ne pas participer à la Roue de la Fortune de la démocratie avait justement l’intention de sauver cette même démocratie. Quelque chose avec « envoyer un signal » et « réveiller » les politiciens ? Quelle confusion.
L’appel se noyait donc rapidement dans des plaidoyers bienveillants invitant quand même à aller voter pour les « bons ». Selon les uns, ce sont ceux qui sont capables de demeurer intraitables ; selon les autres, ce sont ceux qui savent faire des compromis. Selon les uns, ce sont ceux qui ont compris que la scission de BHV est prioritaire ; selon d’autres, ce sont ceux qui s’attaqueront à la crise en scissionnant les sous (plus pour « l’économie en souffrance » et donc plus pour les patrons). Encore plus de confusion.
« Le capitalisme est malade. » Des propos surprenants pour le rédacteur en chef d’un journal consommé quotidiennement par tous les capitalistes du pays. Bien sûr, il voulait en fait dire que le capitalisme normalement rayonnant de santé, a attrapé un petit rhume. Rien auquel les bons médocs – et pour l’avenir le suivi des prescriptions des médecins – ne pourraient pas remédier. « De toute façon, il n’y a pas d’alternative. » Bref, il n’y a pas de soucis et de toute façon, on n’a pas le choix. Pauvreté ? Exploitation ? Oppression? Qui parlait de confusion?
Un peu naïf de ma part de croire un instant que ces deux clowns/représentants de l’élite intellectuel et économique (les grands défenseurs respectivement de la démocratie et du capitalisme) seraient entrés soudainement dans le cœur des choses.
Assez de confusion. Enfin, les choses ne sont pas aussi difficiles. Même s’ils prétendent, lors de chaque spectacle électoral, qu’il est d’intérêt vital d’aller voter et de colorer en plus la « bonne » case. Bien avant ces nouvelles élections, il était clair qu’aller voter ne nous donne pas plus de pouvoir sur notre propre vie. A chaque fois de nouveau l’espoir de, peut-être, quelque part dans les engrenages des mécanismes économiques et politiques, exercer quand même de l’influence. Et entretemps, on a donné notre voix, on a donné le pouvoir aux autres. On laisse les décisions à d’autres : des bureaucrates, des spécialistes, les écrivains professionnels de discours. Tout comme aller travailler et gagner de l’argent ne nous ont jamais vraiment donné plus de choix. Tout au plus, le choix entre quelques articles de consommation et encore, selon son salaire. Mais au-delà de ça, ça nous a surtout pris beaucoup de temps et d’énergie.
Je ne vais pas aller voter, moi. Tout comme j’essaye de gaspiller le moins de temps possible à travailler. Clairement, ce ne sont que deux petits gestes de désobéissance. Je ne veux donc pas dire que ne pas aller aux bureaux de vote déstabiliserait tout d’un coup le système, non, c’est presque symbolique. Mais ces gestes me fournissent de l’espace dans ma tête pour remplir le reste de l’année, le reste du temps, de manière intéressante. Pour faire les choix que je compte faire et avec un grand majeur contre tous ceux qui essayent de m’en empêcher.
L’appel se noyait donc rapidement dans des plaidoyers bienveillants invitant quand même à aller voter pour les « bons ». Selon les uns, ce sont ceux qui sont capables de demeurer intraitables ; selon les autres, ce sont ceux qui savent faire des compromis. Selon les uns, ce sont ceux qui ont compris que la scission de BHV est prioritaire ; selon d’autres, ce sont ceux qui s’attaqueront à la crise en scissionnant les sous (plus pour « l’économie en souffrance » et donc plus pour les patrons). Encore plus de confusion.
« Le capitalisme est malade. » Des propos surprenants pour le rédacteur en chef d’un journal consommé quotidiennement par tous les capitalistes du pays. Bien sûr, il voulait en fait dire que le capitalisme normalement rayonnant de santé, a attrapé un petit rhume. Rien auquel les bons médocs – et pour l’avenir le suivi des prescriptions des médecins – ne pourraient pas remédier. « De toute façon, il n’y a pas d’alternative. » Bref, il n’y a pas de soucis et de toute façon, on n’a pas le choix. Pauvreté ? Exploitation ? Oppression? Qui parlait de confusion?
Un peu naïf de ma part de croire un instant que ces deux clowns/représentants de l’élite intellectuel et économique (les grands défenseurs respectivement de la démocratie et du capitalisme) seraient entrés soudainement dans le cœur des choses.
Assez de confusion. Enfin, les choses ne sont pas aussi difficiles. Même s’ils prétendent, lors de chaque spectacle électoral, qu’il est d’intérêt vital d’aller voter et de colorer en plus la « bonne » case. Bien avant ces nouvelles élections, il était clair qu’aller voter ne nous donne pas plus de pouvoir sur notre propre vie. A chaque fois de nouveau l’espoir de, peut-être, quelque part dans les engrenages des mécanismes économiques et politiques, exercer quand même de l’influence. Et entretemps, on a donné notre voix, on a donné le pouvoir aux autres. On laisse les décisions à d’autres : des bureaucrates, des spécialistes, les écrivains professionnels de discours. Tout comme aller travailler et gagner de l’argent ne nous ont jamais vraiment donné plus de choix. Tout au plus, le choix entre quelques articles de consommation et encore, selon son salaire. Mais au-delà de ça, ça nous a surtout pris beaucoup de temps et d’énergie.
Je ne vais pas aller voter, moi. Tout comme j’essaye de gaspiller le moins de temps possible à travailler. Clairement, ce ne sont que deux petits gestes de désobéissance. Je ne veux donc pas dire que ne pas aller aux bureaux de vote déstabiliserait tout d’un coup le système, non, c’est presque symbolique. Mais ces gestes me fournissent de l’espace dans ma tête pour remplir le reste de l’année, le reste du temps, de manière intéressante. Pour faire les choix que je compte faire et avec un grand majeur contre tous ceux qui essayent de m’en empêcher.
La ville de Bruxelles tracasse les tsiganes
L’administration d’une ville dispose de différents moyens pour contrôler les endroits où les gens habitent ou se rassemblent. Une tactique utilisée dans beaucoup de villes est de nettoyer les quartiers « pauvres ». On expulse quelques personnes, on démolit ou on rénove une grande partie des habitations existantes, on construit de nouvelles maisons qui ont l’air plus ou moins mieux. Encore quelques petits parcs et quelques magasins et le tour est joué. Les loyers explosent et par contrainte, les indésirables n'y pointent pas le nez. Le quartier se transforme, habité par des gens avec un pouvoir d’achat un peu plus adéquat. Une autre tactique avidement expérimentée, c’est l’organisation des transports en commun. C’est très simple. Dans d’autres pays, cette tactique est utilisée de manière très frappante. Quand on préfère que tous ces jeunes zonards des quartiers pauvres ne viennent pas dans le splendide centre-ville, on fait en sorte qu’ils ne puissent simplement pas y arriver. Pas trop d’investissements donc dans les lignes de bus et de tram qui font la connexion. Dans les villes belges, ils préfèrent nous prendre financièrement par les couilles. Ils font en sorte que cela devienne presque impossible de ne pas payer quand on monte dans le bus ou le tram, espérant que nous, le rebut, de toute façon au chômage, réfléchirons à deux fois avant de nous rendre hors des frontières de notre quartier. Mais non, on est gentiment sollicité à acclamer toutes ces nouveautés et à comprendre leurs côtés positifs. Il s’agit quand même d’urbanisation, de revalorisation et de progrès. Mais t'aurais dû le dire plus tôt ! Vas-y, bats-moi à plate couture ! Ce progrès, je l’ai attendu toute ma vie... Non, toute cette gestion de la ville ne rate pas son but. Mais il faut l’avouer, ça prend parfois pas mal de temps. Un peu de créativité s’il vous plaît. Des solutions rapides pour des problèmes qui l’exigent. Voilà des années que chaque été, des tsiganes campent sur la même parcelle d’herbe à Neder-Over-Hembeek, Bruxelles. Des politiciens et des riverains trouvaient que là, la coupe était pleine avec toute cette intolérable tolérance. Cette année, ils n'en veulent plus et ils ont voulu semer de la moutarde (des sénevés) à cet endroit. Ainsi, le sol deviendrait trop délié pour pouvoir encore supporter une voiture, voire une vingtaine de roulottes. L’échevin des Espaces Verts, Bertin Mampaka (CDH) n’a rien à se reprocher car lui, il avait plein de bonnes intentions. « Ces plantes sont bien pour la biodiversité à Bruxelles, et oui, c’est vrai (je n’avais pas encore pensé à ça), ainsi, camper deviendrait difficile. » C’est comme ça qu’on les connaît, les politiciens, tout pour le climat. Finalement, le conseil communal n'a pas laisser passer le plan moutarde car il semble que ces plantes se répandent assez facilement et qu’elles se laissent difficilement exterminer. Et comme, sur ce plan-là, ils ont déjà assez de difficultés avec les gitans, ils ont ordonné de bêcher tout le terrain, ce qui devrait avoir plus ou moins le même effet que le plan moutarde. Mais « pas de panique » nous disaient encore les politiciens, « en 2011, un nouveau terrain, à Haren, serait ouvert pour les tsiganes » Chouette ! Haren se trouve plus ou moins à la même distance de la Bourse bruxelloise que l’hôtel communal de Louvain. Mais bon, peut-être que le but n’est pas tout à fait que les tsiganes organisent encore pleins d’excursions vers la ville. Où est-ce que je suis le seul à lire un peu de cynisme dans cette annonce ? Car à Haren, on commencera bientôt la construction d’une super-prison pour plus d'un millier de détenus. Mais ce lien, c’est certainement à cause de notre attitude négative qu’on l’a interprété ainsi. Toutefois, il me semble que cette prison deviendrait une nouvelle maison pour plein d’indésirables… et si nous allions semer de la moutarde et des sénevés là-bas avant que leur chantier de merde arrive…
PS : Dans la catégorie des solutions créatives, je pense que dans le jardin de monsieur Bertin Mampaka, dans la rue Beyseghem 254 à Neder-Over-Heembeek, il y a encore un peu de place pour poser des roulottes.
PS : Dans la catégorie des solutions créatives, je pense que dans le jardin de monsieur Bertin Mampaka, dans la rue Beyseghem 254 à Neder-Over-Heembeek, il y a encore un peu de place pour poser des roulottes.
T'es jeune et...
T'es jeune et t'as le sang qui bouillonne
Je l'imagine tout à fait. T'es jeune et t'as le sang qui bout. T'as une audace sympathique, t'es plein d'énergie et t'as envie d'aventures que tu ne trouves ni au club de football ni à l'école de musique. Le monde est à tes pieds et tout semble être possible. Mais là, voilà les sagouins de la police. Ces uniformes maudits qui veulent à tout prix mettre en cage ta créativité, des bornes à tes désirs. Toujours là pour te faire comprendre qu'il y a des limites et, avant même que tu t'en rendes compte, le coup de sifflet strident peut se transformer en une peine de prison effective. “Il est grand temps de recevoir un peu de feed-back” ont sans doute dû penser quelques jeunes à Louvain ce samedi après-midi à la piscine. Un commissaire s'y était rendu aussi, cherchant à faire trempette pour se relaxer de son intensif travail de police. Il avait laissé ses babouches et la clé du casier au bord de la piscine. Une fois revenu de ce qui aurait dû être un plongeon sans soucis, le commissaire s'est rendu compte que quelqu'un avait décampé avec la clé de son casier en laissant sagement les babouches sur place. Le commissaire les a précipitamment enfourchées en direction du casier, où il a pu constater que les auteurs avaient été rapides et efficaces. Ses affaires avaient déjà disparu. Problème très très sérieux, son uniforme ayant disparu également.
Malheureusement, le commissaire n'était pas le seul flic à la piscine. Les maître-nageurs présents sont aussitôt sautés à l'aide dans ce qui est devenu une chasse aux dangereux-téméraires-responsables-de-ce-tumulte. Quelques garçons ont été arrêté un peu plus tard, en possession d'une serviette de bain policière. Ça puait le vinaigre. À ce moment là, un jeune homme en uniforme de police s'est ramené et soutenait que c'était lui le commissaire et que c'était le mec en Speedo le trompeur, en vain...
Je l'imagine tout à fait. T'es jeune et t'as le sang qui bout. T'as une audace sympathique, t'es plein d'énergie et t'as envie d'aventures que tu ne trouves ni au club de football ni à l'école de musique. Le monde est à tes pieds et tout semble être possible. Mais là, voilà les sagouins de la police. Ces uniformes maudits qui veulent à tout prix mettre en cage ta créativité, des bornes à tes désirs. Toujours là pour te faire comprendre qu'il y a des limites et, avant même que tu t'en rendes compte, le coup de sifflet strident peut se transformer en une peine de prison effective. “Il est grand temps de recevoir un peu de feed-back” ont sans doute dû penser quelques jeunes à Louvain ce samedi après-midi à la piscine. Un commissaire s'y était rendu aussi, cherchant à faire trempette pour se relaxer de son intensif travail de police. Il avait laissé ses babouches et la clé du casier au bord de la piscine. Une fois revenu de ce qui aurait dû être un plongeon sans soucis, le commissaire s'est rendu compte que quelqu'un avait décampé avec la clé de son casier en laissant sagement les babouches sur place. Le commissaire les a précipitamment enfourchées en direction du casier, où il a pu constater que les auteurs avaient été rapides et efficaces. Ses affaires avaient déjà disparu. Problème très très sérieux, son uniforme ayant disparu également.
Malheureusement, le commissaire n'était pas le seul flic à la piscine. Les maître-nageurs présents sont aussitôt sautés à l'aide dans ce qui est devenu une chasse aux dangereux-téméraires-responsables-de-ce-tumulte. Quelques garçons ont été arrêté un peu plus tard, en possession d'une serviette de bain policière. Ça puait le vinaigre. À ce moment là, un jeune homme en uniforme de police s'est ramené et soutenait que c'était lui le commissaire et que c'était le mec en Speedo le trompeur, en vain...
Brèves du désordre 6
Échapper belle – En 2009, 73 prisonniers ont réussi à faire la belle, dont 34 d'une prison ou un établissement fermé pour mineurs. La plupart des évasions ont eu lieu lors des transports ou des hospitalisations; 17 personnes se sont évadées depuis la prison même.
Voitures allumées – Dans les communes de Laeken, Evere et Schaerbeek, onze voitures sont incendiées, dans une période de trois jours. Pour l'une d'entre elles il s'agit d'une BMW, pour les autres, ce n'est pas clair de quelles voitures il s'agit. A Laeken, un tag apparaît 'Versailles nique la police'. Versailles est un quartier d'habitations sociales à Neder-Over-Heembeek.
Moins de bleus – Une voiture de police garée devant un commissariat fermé est incendiée à Anvers.
Évèques dehors – Les vitres du palais épiscopale de Bruges reçoivent une volée de pierre.
Politiciens dehors – Après le ministre de la Défense De Crem, c'est le tour de Bart de Wever, président du parti nationaliste-flamand NVA, de recevoir des cadeaux, à savoir une menace de mort personnelle. L'office du NVA à Bruxelles reçoit également des pierres. Dans plusieurs villages en Flandre, des panneaux électoraux du NVA et du Vlaams Belang sont maculés de peinture, renversés et démolis.
Récrée! - Au cours du mois de mai, la température monte sensiblement dans plusieurs écoles de la région de Louvain. Vitres fracassées, appel à une grève des écoliers, tags contre l'école, serrures bloquées à la colle, containers en feu, portes d'entrée noircies par le feu, le local des enseignants brûlé, voitures de l'école incendiées ... ça a clairement sonné.
Feu de joie – Dans le centre fermé 127bis de Steenokkerzeel, quelques prisonniers mettent le feu à leur cellule, simultanément. Une aile est évacuée et temporairement fermée. Le lendemain, des feux d'artifices sont tirés devant le centre et des slogans criés en solidarité avec la révolte.
Présenter l'addition – Depuis l'annonce des licenciements massifs par Carrefour Belgique fin février, la chaîne a perdu 95 millions d'euros par des grèves (dont certaines hors des syndicats). Après les négociations entre les patrons du syndicat et ceux de Carrefour, vers mi-mai, ils avaient décidé de suspendre les grèves. Le 22 mai, 14 supermarchés sont toutefois restés fermés par une grève sauvage.
Jouer au barque – A Deux Acren, une grue de l'entreprise de travaux de voirie Jouret est flanquée dans la rivière.
Une petite sortie – A Soignies, deux remorques de la police routière sont sabotées. Les pneus ont été lacérés, les fils d’alimentation arrachés, les remorques rendues inutilisables pour une somme de 70 000 euros.
Bagarre – Une soirée musicale dans un parc de Louvain tourne à la bagarre avec les flics. Au cours de la journée, ils avaient distribué des amendes pour des motifs futiles. Quand ils ont visé une personne en particulier, un nombre de personnes sont intervenues. Quelques coups bien envoyés ont été distribués et aucune arrestation n'a été effectuée.
Art en feu (bis) – Une pièce d'art est incendiée sur la place devant le palais de justice à Courtrai. La pièce ravagée avait été placée par le maître d'ouvrage du nouveau tribunal, la Régie des Bâtiments, pour “accentuer le caractère ouvert de la justice”. Récemment, à Bruxelles, une pièce d'art a entièrement brûlé devant le palais de Justice.
Policier visé – Un camionneur fonce sur un flic à Anvers quand celui-ci ne veut pas libérer la route et en plus, demande son identité. Le flic est serré entre le camion et le trottoir. Après une course poursuite, le policier a voulu briser sa vitre, mais a pris la porte dans sa gueule. Le camionneur a été arrêté.
Sabotage arrache la prise – Quelques milliers de Liégeois ont dû faire sans télédistribution suite à une panne chez le fournisseur Tecteo. Depuis un moment des perturbations sociales règnent dans cette entreprise. Des amplis ont été déconnectés, et les batteries de secours ont été vidées rapidement. Les employeurs exigent le retour à leur ancien statut. Les négociations entre patrons et syndicats n'ont abouties à rien. Le matin du sabotage, de nouvelles négociations étaient prévues. Les syndicats, toujours prêts à pacifier et récupérer, ont rappeler qu'ils condamnent ces agissements, comme tout acte délictueux commis par des travailleurs. Mi-mai, une partie des travailleurs est partie en grève sauvage après que le syndicat chrétien ai décidé de reprendre le boulot au bout de trois semaines de grève.
Feu – Sur le site des annexes du palais de Justice de Liège, une paroi est incendiée sur un chantier de l'entreprise Duchene. Duchene fait partie du groupe Eiffage qui construit le nouveau centre fermé à Steenokkerzeel. Quelques jours auparavant, un tag y avait apparu “Feu au prisons”.
Feu (bis) – A Woluwé-saint-Lambert, six voitures sont incendiées dans l'avenue Prekelinden, à la hauteur du numéro 160. L’incendie s’est d’abord déclaré dans deux véhicules puis s’est étendu.
Juge abattu – Dans la justice de paix près du palais de justice à Bruxelles, un juge et un greffier sont abattus. Le tireur est brutalement arrêté plus tard et déclare qu'il agissait par vengeance contre la justice en général et qui l'avait expulsé de sa maison quelques années auparavant.
Flic renversée – Lors d'un contrôle de police, devant le commissariat de Pecq, une flic est écrasée par une voiture qui ne voulait pas se faire contrôler/dont le conducteur refusait de se soumettre à la procédure. Celui-ci a appuyé sur l'accélérateur. La flic a été grièvement blessée.
Voitures allumées – Dans les communes de Laeken, Evere et Schaerbeek, onze voitures sont incendiées, dans une période de trois jours. Pour l'une d'entre elles il s'agit d'une BMW, pour les autres, ce n'est pas clair de quelles voitures il s'agit. A Laeken, un tag apparaît 'Versailles nique la police'. Versailles est un quartier d'habitations sociales à Neder-Over-Heembeek.
Moins de bleus – Une voiture de police garée devant un commissariat fermé est incendiée à Anvers.
Évèques dehors – Les vitres du palais épiscopale de Bruges reçoivent une volée de pierre.
Politiciens dehors – Après le ministre de la Défense De Crem, c'est le tour de Bart de Wever, président du parti nationaliste-flamand NVA, de recevoir des cadeaux, à savoir une menace de mort personnelle. L'office du NVA à Bruxelles reçoit également des pierres. Dans plusieurs villages en Flandre, des panneaux électoraux du NVA et du Vlaams Belang sont maculés de peinture, renversés et démolis.
Récrée! - Au cours du mois de mai, la température monte sensiblement dans plusieurs écoles de la région de Louvain. Vitres fracassées, appel à une grève des écoliers, tags contre l'école, serrures bloquées à la colle, containers en feu, portes d'entrée noircies par le feu, le local des enseignants brûlé, voitures de l'école incendiées ... ça a clairement sonné.
Feu de joie – Dans le centre fermé 127bis de Steenokkerzeel, quelques prisonniers mettent le feu à leur cellule, simultanément. Une aile est évacuée et temporairement fermée. Le lendemain, des feux d'artifices sont tirés devant le centre et des slogans criés en solidarité avec la révolte.
Présenter l'addition – Depuis l'annonce des licenciements massifs par Carrefour Belgique fin février, la chaîne a perdu 95 millions d'euros par des grèves (dont certaines hors des syndicats). Après les négociations entre les patrons du syndicat et ceux de Carrefour, vers mi-mai, ils avaient décidé de suspendre les grèves. Le 22 mai, 14 supermarchés sont toutefois restés fermés par une grève sauvage.
Jouer au barque – A Deux Acren, une grue de l'entreprise de travaux de voirie Jouret est flanquée dans la rivière.
Une petite sortie – A Soignies, deux remorques de la police routière sont sabotées. Les pneus ont été lacérés, les fils d’alimentation arrachés, les remorques rendues inutilisables pour une somme de 70 000 euros.
Bagarre – Une soirée musicale dans un parc de Louvain tourne à la bagarre avec les flics. Au cours de la journée, ils avaient distribué des amendes pour des motifs futiles. Quand ils ont visé une personne en particulier, un nombre de personnes sont intervenues. Quelques coups bien envoyés ont été distribués et aucune arrestation n'a été effectuée.
Art en feu (bis) – Une pièce d'art est incendiée sur la place devant le palais de justice à Courtrai. La pièce ravagée avait été placée par le maître d'ouvrage du nouveau tribunal, la Régie des Bâtiments, pour “accentuer le caractère ouvert de la justice”. Récemment, à Bruxelles, une pièce d'art a entièrement brûlé devant le palais de Justice.
Policier visé – Un camionneur fonce sur un flic à Anvers quand celui-ci ne veut pas libérer la route et en plus, demande son identité. Le flic est serré entre le camion et le trottoir. Après une course poursuite, le policier a voulu briser sa vitre, mais a pris la porte dans sa gueule. Le camionneur a été arrêté.
Sabotage arrache la prise – Quelques milliers de Liégeois ont dû faire sans télédistribution suite à une panne chez le fournisseur Tecteo. Depuis un moment des perturbations sociales règnent dans cette entreprise. Des amplis ont été déconnectés, et les batteries de secours ont été vidées rapidement. Les employeurs exigent le retour à leur ancien statut. Les négociations entre patrons et syndicats n'ont abouties à rien. Le matin du sabotage, de nouvelles négociations étaient prévues. Les syndicats, toujours prêts à pacifier et récupérer, ont rappeler qu'ils condamnent ces agissements, comme tout acte délictueux commis par des travailleurs. Mi-mai, une partie des travailleurs est partie en grève sauvage après que le syndicat chrétien ai décidé de reprendre le boulot au bout de trois semaines de grève.
Feu – Sur le site des annexes du palais de Justice de Liège, une paroi est incendiée sur un chantier de l'entreprise Duchene. Duchene fait partie du groupe Eiffage qui construit le nouveau centre fermé à Steenokkerzeel. Quelques jours auparavant, un tag y avait apparu “Feu au prisons”.
Feu (bis) – A Woluwé-saint-Lambert, six voitures sont incendiées dans l'avenue Prekelinden, à la hauteur du numéro 160. L’incendie s’est d’abord déclaré dans deux véhicules puis s’est étendu.
Juge abattu – Dans la justice de paix près du palais de justice à Bruxelles, un juge et un greffier sont abattus. Le tireur est brutalement arrêté plus tard et déclare qu'il agissait par vengeance contre la justice en général et qui l'avait expulsé de sa maison quelques années auparavant.
Flic renversée – Lors d'un contrôle de police, devant le commissariat de Pecq, une flic est écrasée par une voiture qui ne voulait pas se faire contrôler/dont le conducteur refusait de se soumettre à la procédure. Celui-ci a appuyé sur l'accélérateur. La flic a été grièvement blessée.
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