"La police a déjà essayé dix fois d’installer une caméra au square. Les fils sont à chaque fois coupés."
Suite à des braquages, il y a eu quelques confrontations avec les flics et cela a donné lieu aux déclarations les plus fâcheuses. Propos des porte-paroles de la police : « La racaille doit être balayée de la rue » dixit Jan Schonkeren (dans la meilleure des traditions fascistes et racistes) jusqu’aux politiciens de droite et de gauche : « On ne peut plus sortir sans recevoir le couteau sur la gorge » ; une petite exagération Monsieur Tavernier ?
Ils sont tous prêts au premier rang, maintenant que c’est permis, afin de montrer leur vrai visage dans les médias (qui, évidemment, y participent soigneusement). Après toutes les tentatives d’intégration, allant de la traque des offres d’emploi jusqu’à la traque des assistants sociaux et de toutes sortes de services de prévention, l’heure est au balayage de ceux qui sont restés derrière (comme l’annonçaient déjà les vieilles affiches du Vlaams Blok).
Une fois de plus, la police pose ses exigences. Ils veulent plus de sécurité, des meilleures conditions de travail, plus de peines, et également des peines plus rapides. Excusez-moi? Attendez, et parcourons une fois ces derniers mois. Fin octobre, c’est Houssein qui se fait buter dans la prison de Louvain par le service d’intervention après s’être barricadé dans la cellule. Dans le centre fermé de Vottem, Yahya Tabbabi meurt, début janvier, d’une overdose de méthadone prescrite par le médecin. Deux jours plus tard, Jonathan se fait arrêter à Mortsel (près d’Anvers), et après avoir résisté à son internement, il est jeté au cachot, les pieds et les mains menottés. De nouveau, c’est un docteur qui apparaît et lui injecte de l’Haldol. Suite à cela, Jonathan meurt dans le commissariat. Le 16 janvier, Alexandre Varga s’évade de la prison d’Andenne. Il est repris par les gardiens et jeté au cachot. Le lendemain, il est retrouvé mort. Le 21 janvier, après un braquage d’un supermarché et une course poursuite par les flics, Hassan est buté au milieu de la rue à Laeken.
“Si un combi est laissé seul, il est endommagé.” La sécurité de ceux au pouvoir, les riches et leurs laquais, nous nous en foutons.
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Un nouveau centre fermé: qu'est-ce que ça peut nous foutre?
Depuis le printemps de 2009, un nouveau centre fermé est en construction à côté de l’aéroport de Zaventem. Une nouvelle prison, équipée de cellules individuelles, où seront isolés les sans-papiers qui résistent à leur déportation.
Nous en avons bien quelque chose à foutre, de ce nouveau centre. Non pas parce que nous pensons que la politique d’asile devrait quand-même changer un peu, non pas parce que nous ne la trouvons pas assez humaine ou parce qu’il faudrait mieux traiter les dupés, mais bien parce que ce centre nous en dit long sur le monde dans lequel on vit. Parce que la construction de ce centre est une de ces choses qui clarifient non seulement sur quelles bases tourne la société et quelles logiques il y a derrière, mais aussi pourquoi il existe des prisons, qui y est enfermé et qui a les clés en mains. Pourquoi certains se trouvent en haut de l’échelle sociale et ne manquent de rien tandis que les autres se retrouvent en bas, leurs vies réduites à survivre ou à crever. Bref, ce nouveau centre nous parle de ceux qui ont tout à perdre, et de ceux qui ont tout à gagner lorsque l’échelle sera sciée.
C’est toute cette société qui a besoin de centres fermés qu’on veut entièrement remettre en question. C’est toute logique qui est contraire à la liberté de chacun et chacune que nous voulons attaquer.
La politique de migration menée actuellement en Belgique écoute surtout ce que l’économie lui dicte. On regarde combien de gens pourrait dévorer l’économie : ceux qui recevront finalement des papiers sont ceux qui peuvent travailler, ceux qui travailleront en étant disposés à devenir des citoyens exemplaires. Quant à ceux qui restent, tous ceux qui ne sont qu’un poids pour la prospérité, ils devront donc être aussi efficacement que possible éliminés. C’est là qu’entrent en scène les centres fermés, un des rouages de la “machine à expulser”. La machine à expulser, c’est l’ensemble de moyens utilisés pour contrôler, chasser, arrêter, enfermer et expulser des sans-papiers. Elle se concrétise par exemple par des rafles, des contrôles d’identités, les centres fermés et ouverts, les déportations,… Ce qui semble contradictoire au premier coup d’oeil est pourtant tout à fait logique : d’un côté il y a les immigrés qui seront régularisés, d’un autre côté il y a les immigrés qui seront terrorisés, poursuivis et emprisonnés.
Dans un monde qui essaye à tout prix de rendre impossible le fait de pouvoir survivre sans papiers, les centres fermés sont indispensables. S’il est donc compréhensible que des gens veuillent des papiers, tout simplement parce que ça pourrait les aider à survivre, c’est pourtant l’ensemble de ce monde qui nous tracasse.
Les immigrés qui se sont finalement vus octroyer des permis de séjour sont invités, tout comme nous, à user leur temps et leur énergie au jeu de la concurrence, au travail comme à l’intégration. Avec cette promesse en prime que, si tu excelles en
servilité, tu pourras peut-être même grimper l’échelle sociale, voire devenir chef toi-même ! Quant à ceux qui refusent cette invitation, il y a la prison, et surtout la peur de la prison afin que tout marche comme sur des roulettes. On t’inculque ainsi l’idée que si tu n’acceptes pas la prison de dehors, il y en a une autre, bien pire, qui t’attend dedans.
Avec ou sans papiers, le chantage est le même contre nous tous.
Ce monde qui veut que nous montrions des papiers est le même monde qui exige qu’on travaille, qu’on obéisse au patron ou au flic, qu’on se plie à un cours des choses qu’on n’a pas choisi. Qu’est-ce qu’on peut y faire ? Au final, il ne nous reste qu’un seul choix. Soit mener notre vie comme si on était déjà mort, ou bien… vivre. Et vivre, ça veut surtout dire se battre pour quelque chose de totalement différent, parce que nous ne pourrons jamais vivre en paix avec ce monde.
En réalité, nous voulons parler de ce nouveau centre fermé, parce que nous voulons parler de tout ce qui nous emprisonne, de tout ce qui nous fait chanter et peut nous tuer à l’intérieur. Nous voulons lutter contre ce nouveau centre fermé, parce que nous voulons lutter contre tout ce qui enferme et fait chanter.
Pour que ça ne puisse pas nous assassiner.
Nous en avons bien quelque chose à foutre, de ce nouveau centre. Non pas parce que nous pensons que la politique d’asile devrait quand-même changer un peu, non pas parce que nous ne la trouvons pas assez humaine ou parce qu’il faudrait mieux traiter les dupés, mais bien parce que ce centre nous en dit long sur le monde dans lequel on vit. Parce que la construction de ce centre est une de ces choses qui clarifient non seulement sur quelles bases tourne la société et quelles logiques il y a derrière, mais aussi pourquoi il existe des prisons, qui y est enfermé et qui a les clés en mains. Pourquoi certains se trouvent en haut de l’échelle sociale et ne manquent de rien tandis que les autres se retrouvent en bas, leurs vies réduites à survivre ou à crever. Bref, ce nouveau centre nous parle de ceux qui ont tout à perdre, et de ceux qui ont tout à gagner lorsque l’échelle sera sciée.
C’est toute cette société qui a besoin de centres fermés qu’on veut entièrement remettre en question. C’est toute logique qui est contraire à la liberté de chacun et chacune que nous voulons attaquer.
La politique de migration menée actuellement en Belgique écoute surtout ce que l’économie lui dicte. On regarde combien de gens pourrait dévorer l’économie : ceux qui recevront finalement des papiers sont ceux qui peuvent travailler, ceux qui travailleront en étant disposés à devenir des citoyens exemplaires. Quant à ceux qui restent, tous ceux qui ne sont qu’un poids pour la prospérité, ils devront donc être aussi efficacement que possible éliminés. C’est là qu’entrent en scène les centres fermés, un des rouages de la “machine à expulser”. La machine à expulser, c’est l’ensemble de moyens utilisés pour contrôler, chasser, arrêter, enfermer et expulser des sans-papiers. Elle se concrétise par exemple par des rafles, des contrôles d’identités, les centres fermés et ouverts, les déportations,… Ce qui semble contradictoire au premier coup d’oeil est pourtant tout à fait logique : d’un côté il y a les immigrés qui seront régularisés, d’un autre côté il y a les immigrés qui seront terrorisés, poursuivis et emprisonnés.
Dans un monde qui essaye à tout prix de rendre impossible le fait de pouvoir survivre sans papiers, les centres fermés sont indispensables. S’il est donc compréhensible que des gens veuillent des papiers, tout simplement parce que ça pourrait les aider à survivre, c’est pourtant l’ensemble de ce monde qui nous tracasse.
Les immigrés qui se sont finalement vus octroyer des permis de séjour sont invités, tout comme nous, à user leur temps et leur énergie au jeu de la concurrence, au travail comme à l’intégration. Avec cette promesse en prime que, si tu excelles en
servilité, tu pourras peut-être même grimper l’échelle sociale, voire devenir chef toi-même ! Quant à ceux qui refusent cette invitation, il y a la prison, et surtout la peur de la prison afin que tout marche comme sur des roulettes. On t’inculque ainsi l’idée que si tu n’acceptes pas la prison de dehors, il y en a une autre, bien pire, qui t’attend dedans.
Avec ou sans papiers, le chantage est le même contre nous tous.
Ce monde qui veut que nous montrions des papiers est le même monde qui exige qu’on travaille, qu’on obéisse au patron ou au flic, qu’on se plie à un cours des choses qu’on n’a pas choisi. Qu’est-ce qu’on peut y faire ? Au final, il ne nous reste qu’un seul choix. Soit mener notre vie comme si on était déjà mort, ou bien… vivre. Et vivre, ça veut surtout dire se battre pour quelque chose de totalement différent, parce que nous ne pourrons jamais vivre en paix avec ce monde.
En réalité, nous voulons parler de ce nouveau centre fermé, parce que nous voulons parler de tout ce qui nous emprisonne, de tout ce qui nous fait chanter et peut nous tuer à l’intérieur. Nous voulons lutter contre ce nouveau centre fermé, parce que nous voulons lutter contre tout ce qui enferme et fait chanter.
Pour que ça ne puisse pas nous assassiner.
La prison a encore exigé une vie humaine
Enfermer un homme des mois et des années dans une cellule de quelques mètres carrés. Le contrôler, l’humilier, le briser. La prison est un engrenage qui se nourrit de vies d’hommes. Elle leur suce toute leur force de vivre, les anéantit physiquement ou, une fois mentalement brisés, elle les revomit dans une société qui nécessite ses prisons pour garder les pauvres dans les rangs, pour faire valoir la Loi.
Le 17 janvier 2010, Alexandre Varga a été retrouvé mort dans une cellule d’isolement à la prison d’Andenne. La veille, il avait essayé de s’évader. A l’aide d’un couteau, il a pris en otage un maton et a obligé les autres matons à ouvrir toutes les portes de la prison. Une fois dehors, il a relâché le maton, s’est mis à courir mais a été rattrapé par une horde de matons. Ensuite, ils l’ont mis au cachot. Il ne faut pas être une lumière pour comprendre que, par rancune, les matons se sont vengés sur Alexandre. Quelques heures plus tard, Alexandre était mort.
Tout de suite, les matons ont entamé une grève. Ainsi, ils évitent non seulement qu’on examine les conditions exactes de ce « suicide », mais en plus ils utilisent le cadavre encore chaud d’Alexandre pour soutenir leurs revendications misérables: plus de sécurité, plus de barreaux, plus de marge et de caution officielle pour faire des prisonniers ce qu’ils veulent. Entre-temps, les mercenaires de la Police Fédérale ont repris le contrôle de la prison… et, il n’y a pas si longtemps, à la prison de Forest, il est devenu clair pour tous que la présence de la police à l’intérieur des murs signifie une augmentation des mauvais traitements et de la torture. Une grève des matons n’est pas autre chose qu’une punition supplémentaire, mais officieuse, de tous les prisonniers. Et, surtout, comme c’est le cas maintenant à Andenne, une mesure sécuritaire préventive contre de possibles réactions enragées ou des mutineries.
Quand un prisonnier rassemble son courage pour tenter la fuite vers la liberté, il met en jeu tout ce qui reste encore de son existence. Une évasion n’est pas un acte de désespoir, mais au contraire un saut courageux dans l’inconnu, une exigence de vivre sans compromis. Que quelqu’un, quelques heures après un tel saut, se prive de la vie dans une cellule où il n’y a rien, mais vraiment rien, pour attacher une corde, est plus que douteux. Mais même dans le cas où Alexandre aurait lui-même enroulé les vêtements autour de son cou, c’est encore la prison qui a pris sa vie. C’est la désolation d’une existence réduite à quelques mètres carrés, d’une vue toujours encadrée par des barreaux, d’une violence ininterrompue contre tout ce qui fait de l’homme un homme, de coups de matraques soudains et des humiliations, d’une cellule d’isolement nue où ne rentre pas le moindre rayon de soleil. Et c’est pour ça que chaque mort en prison est un meurtre de l’Etat. Une vengeance sanguinaire de la Loi contre ceux qui l’ont défiée.
Et Alexandre n’a pas seulement défié la Loi en plongeant ses mains dans les coffres des banques. Il a aussi, de différentes manières, défié les règles qui perpétuent cette société d’exploitation et d’autorité. Ainsi, lors d’une braquage dans un supermarché en 1989, il a laissé une partie de l’argent sur place avec une note : « Pour le personnel ». Ainsi, au cours des années, il a aidé d’autres prisonniers à se faire la belle. Ainsi, en 2008, il a dénoncé devant le tribunal les mauvais traitements et les tortures de détenus internés par des matons et les conditions d’enfermement à la prison de Mons. Il portait à ce moment la fameuse chemise orange où on lisait « Guantanamons ». Ainsi, il a diffusé des textes et des tracts à propos de la lutte dans et contre la prison. Ainsi il a choisi, toujours et par principe, son camp contre les représentants de l’Ordre et de l’Appareil Judiciaire – une attitude de « la vieille école » que quelques hors-la-loi continuent à maintenir.
Nous n’oublierons pas les morts dans les prisons. Nous ne laisserons pas des grèves de matons les camoufler ou des « enquêtes indépendantes » les enterrer ; enquêtes qui ne font que chercher des preuves pour la Raison de la prison. Ces morts, ils continuent à vivre dans les révoltes de tous ceux qui portent la liberté au coeur et qui mettent leur vie en jeu pour en finir avec la honte de cette société et de ses matons, avec la docilité de ses sujets qui cautionnent sa survie.
Le 17 janvier 2010, Alexandre Varga a été retrouvé mort dans une cellule d’isolement à la prison d’Andenne. La veille, il avait essayé de s’évader. A l’aide d’un couteau, il a pris en otage un maton et a obligé les autres matons à ouvrir toutes les portes de la prison. Une fois dehors, il a relâché le maton, s’est mis à courir mais a été rattrapé par une horde de matons. Ensuite, ils l’ont mis au cachot. Il ne faut pas être une lumière pour comprendre que, par rancune, les matons se sont vengés sur Alexandre. Quelques heures plus tard, Alexandre était mort.
Tout de suite, les matons ont entamé une grève. Ainsi, ils évitent non seulement qu’on examine les conditions exactes de ce « suicide », mais en plus ils utilisent le cadavre encore chaud d’Alexandre pour soutenir leurs revendications misérables: plus de sécurité, plus de barreaux, plus de marge et de caution officielle pour faire des prisonniers ce qu’ils veulent. Entre-temps, les mercenaires de la Police Fédérale ont repris le contrôle de la prison… et, il n’y a pas si longtemps, à la prison de Forest, il est devenu clair pour tous que la présence de la police à l’intérieur des murs signifie une augmentation des mauvais traitements et de la torture. Une grève des matons n’est pas autre chose qu’une punition supplémentaire, mais officieuse, de tous les prisonniers. Et, surtout, comme c’est le cas maintenant à Andenne, une mesure sécuritaire préventive contre de possibles réactions enragées ou des mutineries.
Quand un prisonnier rassemble son courage pour tenter la fuite vers la liberté, il met en jeu tout ce qui reste encore de son existence. Une évasion n’est pas un acte de désespoir, mais au contraire un saut courageux dans l’inconnu, une exigence de vivre sans compromis. Que quelqu’un, quelques heures après un tel saut, se prive de la vie dans une cellule où il n’y a rien, mais vraiment rien, pour attacher une corde, est plus que douteux. Mais même dans le cas où Alexandre aurait lui-même enroulé les vêtements autour de son cou, c’est encore la prison qui a pris sa vie. C’est la désolation d’une existence réduite à quelques mètres carrés, d’une vue toujours encadrée par des barreaux, d’une violence ininterrompue contre tout ce qui fait de l’homme un homme, de coups de matraques soudains et des humiliations, d’une cellule d’isolement nue où ne rentre pas le moindre rayon de soleil. Et c’est pour ça que chaque mort en prison est un meurtre de l’Etat. Une vengeance sanguinaire de la Loi contre ceux qui l’ont défiée.
Et Alexandre n’a pas seulement défié la Loi en plongeant ses mains dans les coffres des banques. Il a aussi, de différentes manières, défié les règles qui perpétuent cette société d’exploitation et d’autorité. Ainsi, lors d’une braquage dans un supermarché en 1989, il a laissé une partie de l’argent sur place avec une note : « Pour le personnel ». Ainsi, au cours des années, il a aidé d’autres prisonniers à se faire la belle. Ainsi, en 2008, il a dénoncé devant le tribunal les mauvais traitements et les tortures de détenus internés par des matons et les conditions d’enfermement à la prison de Mons. Il portait à ce moment la fameuse chemise orange où on lisait « Guantanamons ». Ainsi, il a diffusé des textes et des tracts à propos de la lutte dans et contre la prison. Ainsi il a choisi, toujours et par principe, son camp contre les représentants de l’Ordre et de l’Appareil Judiciaire – une attitude de « la vieille école » que quelques hors-la-loi continuent à maintenir.
Nous n’oublierons pas les morts dans les prisons. Nous ne laisserons pas des grèves de matons les camoufler ou des « enquêtes indépendantes » les enterrer ; enquêtes qui ne font que chercher des preuves pour la Raison de la prison. Ces morts, ils continuent à vivre dans les révoltes de tous ceux qui portent la liberté au coeur et qui mettent leur vie en jeu pour en finir avec la honte de cette société et de ses matons, avec la docilité de ses sujets qui cautionnent sa survie.
Ils nous tuent (et une lettre de quelques prisonniers de Forest)
Cinq morts tombés sous les balles des flics, les matraques des matons, les calmants administrés par des docteurs complices en à peine quelques mois. Cinq personnes qui, d’une manière ou d’une autre, n’ont pas simplement baissé la tête quand on s’apprêtait à leur infliger de la prison.
Cinq personnes qui ont dû payer cette résistance avec leur mort. Tandis que la mutinerie à la prison d’Andenne, le commissariat brûlée à Anderlecht et la rafale de mitraillette contre la porte de la prison de Forest ont rappelé, par la révolte, les tortures des prisonniers et la torture de l’enfermement même, ils font le tout pour camoufler ces cinq morts, comme si rien n’en était.
Mais, ce n’est pas de l’indignation suite à tant de violence de la part de l’Etat ou parce que les « droits démocratiques » auraient été bafoués que nous recherchons ici. Ce n’est pas de l’indignation à propos de la manifestation honteuse des matons qui a parcouru la ville aujourd’hui, exigeant davantage de barreaux et de marge pour tortures les détenus, que nous recherchons. Ce n’est pas de l’indignation à propos des conditions de vie et de survie qui se durcissent pour tout le monde et exigent déjà des cadavres, que nous voulons. Car, aussi cruel que se soit, c’est « le cours normale » des choses dans cette société. Un cours normale qui continue à être accepté par trop de pauvres, trop d’opprimés.
Lasses d’être indignés à propos de tant d’injustice et de sang, il est temps que la riposte prend une tournure différente, une tournure autre que des larmes pour les droits bafoués ou des lamentations que c’est toujours nous, les pauvres, qui payent l’addition pour préserver les profits et le pouvoir des riches. Que la riposte s’alimente alors de la rage qui gronde dans nos ventres, qu’elle devienne révolte contre tout ce qui nous encage ou opprime. Qu’elle oppose à leur monde mortifère notre dignité qui ne tolère plus la résignation. Que nos rêves d’une autre vie, de liberté boutent le feu à leurs palais.
***
Lettre reçue de quelques prisonniers de Forest
« En effet quelque chose ne colle pas. Varga était un battant, c’est lui qui, lors de son passage aux Assises de Mons, est arrivé avec une combinaison orange comme à Guantanamo, avec écrit en gros dans le dos ‘Guantanamons’.
La presse a dit qu’il a fait une tentative de suicide 4 jours avant sa tentative d’évasion. Ensuite il a fait une prise d’otage avec un simple couteau, ça rate. Les matons annoncent de se mettre en grève à cause de cette tentative. A 6h du matin, la grève démarre et à 7h15, la radio et la TV annoncent le suicide de Varga dans le cachot.
Tout ça ne tient pas la route. Voici que nous, des prisonniers à Forest, pensons :
- Varga a fait une fausse tentative de suicide, pensant pouvoir s’arracher de l’hôpital. Trop bien gardé, il a vu que c’était impossible, alors, il a tenté le coup le dimanche.
C’est là que ça ne va plus. Il se serait pendu au cachot ? Les cachots d’Andenne sont les mêmes que ceux d’Ittre. Il est impossible de s’y pendre !
Voilà donc ce que nous pensons : quand Varga a été repris, il a été tabassé à mort et pour cacher cette mort, les matons se mettent en grève ; c’est le cas de Lantin que l’on avait dénoncé ou celui du jeune Nigérien qui s’était aussi prétendument pendu alors qu’il est mort sous les coups. »
***
Cinq personnes qui ont dû payer cette résistance avec leur mort. Tandis que la mutinerie à la prison d’Andenne, le commissariat brûlée à Anderlecht et la rafale de mitraillette contre la porte de la prison de Forest ont rappelé, par la révolte, les tortures des prisonniers et la torture de l’enfermement même, ils font le tout pour camoufler ces cinq morts, comme si rien n’en était.
Mais, ce n’est pas de l’indignation suite à tant de violence de la part de l’Etat ou parce que les « droits démocratiques » auraient été bafoués que nous recherchons ici. Ce n’est pas de l’indignation à propos de la manifestation honteuse des matons qui a parcouru la ville aujourd’hui, exigeant davantage de barreaux et de marge pour tortures les détenus, que nous recherchons. Ce n’est pas de l’indignation à propos des conditions de vie et de survie qui se durcissent pour tout le monde et exigent déjà des cadavres, que nous voulons. Car, aussi cruel que se soit, c’est « le cours normale » des choses dans cette société. Un cours normale qui continue à être accepté par trop de pauvres, trop d’opprimés.
Lasses d’être indignés à propos de tant d’injustice et de sang, il est temps que la riposte prend une tournure différente, une tournure autre que des larmes pour les droits bafoués ou des lamentations que c’est toujours nous, les pauvres, qui payent l’addition pour préserver les profits et le pouvoir des riches. Que la riposte s’alimente alors de la rage qui gronde dans nos ventres, qu’elle devienne révolte contre tout ce qui nous encage ou opprime. Qu’elle oppose à leur monde mortifère notre dignité qui ne tolère plus la résignation. Que nos rêves d’une autre vie, de liberté boutent le feu à leurs palais.
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Lettre reçue de quelques prisonniers de Forest
« En effet quelque chose ne colle pas. Varga était un battant, c’est lui qui, lors de son passage aux Assises de Mons, est arrivé avec une combinaison orange comme à Guantanamo, avec écrit en gros dans le dos ‘Guantanamons’.
La presse a dit qu’il a fait une tentative de suicide 4 jours avant sa tentative d’évasion. Ensuite il a fait une prise d’otage avec un simple couteau, ça rate. Les matons annoncent de se mettre en grève à cause de cette tentative. A 6h du matin, la grève démarre et à 7h15, la radio et la TV annoncent le suicide de Varga dans le cachot.
Tout ça ne tient pas la route. Voici que nous, des prisonniers à Forest, pensons :
- Varga a fait une fausse tentative de suicide, pensant pouvoir s’arracher de l’hôpital. Trop bien gardé, il a vu que c’était impossible, alors, il a tenté le coup le dimanche.
C’est là que ça ne va plus. Il se serait pendu au cachot ? Les cachots d’Andenne sont les mêmes que ceux d’Ittre. Il est impossible de s’y pendre !
Voilà donc ce que nous pensons : quand Varga a été repris, il a été tabassé à mort et pour cacher cette mort, les matons se mettent en grève ; c’est le cas de Lantin que l’on avait dénoncé ou celui du jeune Nigérien qui s’était aussi prétendument pendu alors qu’il est mort sous les coups. »
***
Une fleuve de poison
Ça a été l’alarme générale. Cela faisait un sacré bout de temps que les installations d’épuration d’eau de Bruxelles ne fonctionnaient plus, et que les eaux d’égout étaient déversées sans traitement dans les fleuves. Pendant que les politiciens et Aquiris, l’entreprise responsable de la gestion des eaux, rejetaient les responsabilités sur d’autres, tous les autres, la majorité a de nouveau pu se complaire dans le rôle de spectateurs passifs.
Le progrès économique avec ses usines, ses centrales nucléaires, ses procédés chimiques et ses développements technologiques a désormais pourri la planète à un tel point qu’il devient quasi ridicule de sursauter encore à propos d’eaux d’égout qui arrivent « non-épurées » dans les fleuves. S’ils nous servent ainsi de grands « scénarios du désastre », c’est aussi pour que nous nous sentions à nouveau petits et impuissants, livrés aux connaissances techniques des spécialistes. Et surtout pour rejeter à l’arrière-plan la pollution et l’intoxication permanentes de notre environnement et de nos corps.
Au fur et à mesure des années, des centaines -sinon des milliers- de blocs d’appartements, de bâtiments publics, d’écoles et d’institutions ont vu pousser des antennes de téléphone portable dont les radiations favorisent sans doute les cancers. Et on a pas besoin de scientifiques pour nous confirmer la vérité, ou même son contraire : chacun sait qu’il ne vaut mieux pas mettre sa tête dans un micro-onde ! De la même façon, des dizaines d’incinérateurs vomissent aussi chaque jour des fumées toxiques dans l’atmosphère… qui se nicheront ensuite dans nos poumons.
Mais comme il n’est pas suffisant qu’ils mettent en scène leur spectacle politique quotidien au-dessus de nos têtes, ils martèlent en plus de tous côtés que le problème, ce serait nous. Non non, le problème ce ne sont pas leurs incinérateurs, mais les gens qui continuent de fumer. Non non, le problème ce n’est pas la production infinie de produits stupides et nocifs dans le seul but de remplir les poches d’un petit nombre de personnes, mais bien le fait que nous produisions trop de déchets et que nous ne fassions pas assez de recyclage. Non non, ce n’est pas la voracité insatiable de l’économie, mais c’est bien nous qui en voulons trop. Ils ont rendu la planète invivable, et maintenant ils essayent de nous en blâmer.
Derrière le spectacle du désastre qu’ils nous servent de temps en temps, il est pourtant possible de retracer les vrais responsables de l’intoxication. Ce ne sont pas seulement une poignée de chefs d’entreprises qui se font du fric du haut de leurs tours de bureaux, ou les politiciens qui essayent de dicter comment nous devrions vivre depuis les bancs du Parlement… non, ce sont aussi toutes ces « petites » structures, juste là où l’on vit. L’antenne de portable qu’ils ont placée là et que nous n’avons pas (encore) osé casser ; les câbles électriques qui passent devant nos maisons et alimentent leurs usines polluantes ; les entreprises de construction qui transforment chaque bout de l’environnement en fonction de l’économie et du contrôle ; les apprentis sorciers qui, chaque matin, partent au boulot pour élaborer un autre bout du puzzle du développement mortifère des technologies.
Une fois que tu commences à regarder les choses de cette manière, il y a quelque chose qui te saisit à la gorge et qui ne te lâchera plus jamais : le fait que le problème n’est pas seulement qu’existent des politiciens, des chefs d’entreprise et des riches, mais aussi – et peut-être surtout – que la majorité s’y résigne et n’ose pas agir.
Mais il n’est jamais trop tard pour aller dans une autre direction…
Le progrès économique avec ses usines, ses centrales nucléaires, ses procédés chimiques et ses développements technologiques a désormais pourri la planète à un tel point qu’il devient quasi ridicule de sursauter encore à propos d’eaux d’égout qui arrivent « non-épurées » dans les fleuves. S’ils nous servent ainsi de grands « scénarios du désastre », c’est aussi pour que nous nous sentions à nouveau petits et impuissants, livrés aux connaissances techniques des spécialistes. Et surtout pour rejeter à l’arrière-plan la pollution et l’intoxication permanentes de notre environnement et de nos corps.
Au fur et à mesure des années, des centaines -sinon des milliers- de blocs d’appartements, de bâtiments publics, d’écoles et d’institutions ont vu pousser des antennes de téléphone portable dont les radiations favorisent sans doute les cancers. Et on a pas besoin de scientifiques pour nous confirmer la vérité, ou même son contraire : chacun sait qu’il ne vaut mieux pas mettre sa tête dans un micro-onde ! De la même façon, des dizaines d’incinérateurs vomissent aussi chaque jour des fumées toxiques dans l’atmosphère… qui se nicheront ensuite dans nos poumons.
Mais comme il n’est pas suffisant qu’ils mettent en scène leur spectacle politique quotidien au-dessus de nos têtes, ils martèlent en plus de tous côtés que le problème, ce serait nous. Non non, le problème ce ne sont pas leurs incinérateurs, mais les gens qui continuent de fumer. Non non, le problème ce n’est pas la production infinie de produits stupides et nocifs dans le seul but de remplir les poches d’un petit nombre de personnes, mais bien le fait que nous produisions trop de déchets et que nous ne fassions pas assez de recyclage. Non non, ce n’est pas la voracité insatiable de l’économie, mais c’est bien nous qui en voulons trop. Ils ont rendu la planète invivable, et maintenant ils essayent de nous en blâmer.
Derrière le spectacle du désastre qu’ils nous servent de temps en temps, il est pourtant possible de retracer les vrais responsables de l’intoxication. Ce ne sont pas seulement une poignée de chefs d’entreprises qui se font du fric du haut de leurs tours de bureaux, ou les politiciens qui essayent de dicter comment nous devrions vivre depuis les bancs du Parlement… non, ce sont aussi toutes ces « petites » structures, juste là où l’on vit. L’antenne de portable qu’ils ont placée là et que nous n’avons pas (encore) osé casser ; les câbles électriques qui passent devant nos maisons et alimentent leurs usines polluantes ; les entreprises de construction qui transforment chaque bout de l’environnement en fonction de l’économie et du contrôle ; les apprentis sorciers qui, chaque matin, partent au boulot pour élaborer un autre bout du puzzle du développement mortifère des technologies.
Une fois que tu commences à regarder les choses de cette manière, il y a quelque chose qui te saisit à la gorge et qui ne te lâchera plus jamais : le fait que le problème n’est pas seulement qu’existent des politiciens, des chefs d’entreprise et des riches, mais aussi – et peut-être surtout – que la majorité s’y résigne et n’ose pas agir.
Mais il n’est jamais trop tard pour aller dans une autre direction…
La révolte à Rosarno (Italie): Spartacus est de retour!
Les 9 et 10 janvier, des centaines d’immigrés se sont insurgés à Rosarno, une petite ville du sud de l’Italie. Après que quelques immigrés se soient faits tirer dessus avec une carabine à air comprimé, les insurgés, armés de bâtons et de pierres, ont bloqué les axes routiers en dressant des barricades. Dans le centre de Rosarno, des vitres de magasins et de commerces ont été fracassées, des barricades ont été incendiées et il y a eut de durs affrontements avec la police... et une partie de la population locale qui exigeait que « tous les noirs soient expulsés de Rosarno ». Certains citoyens ont utilisé leur voiture pour renverser des immigrés, d’autres se sont armés de bâtons, de haches et de fusils pour mater la révolte. Le soir du 10 janvier, la police et les citoyens ont réussi à chasser les immigrés de la ville. Plus de mille immigrés ont été transférés vers des centres de rétention en attente de leur expulsion, des centaines d’autres ont fui Rosarno à pied, en voiture ou par train. Quatre mille immigrés ont été chassés de Rosarno. Des dizaines d’immigrés ont été gravèment blessés.
Dans le sud de l’Italie, surtout dans l’agriculture, des dizaines de milliers d’immigrés sont exploités dans des conditions d’esclavage par une alliance de mafias, de politiciens locaux et d’entrepreneurs. La plupart dorment dans des bâtiments d’usines désaffectés, sans eau, chauffage ou électricité. Auparavant déjà, il y avait eu des révoltes, qui ont souvent été réprimées dans le sang par les mercenaires de la mafia.
Tandis que des anarchistes distribuaient dans plusieurs villes italiennes des tracts en solidarité avec la révolte et qu’à Rome, des affrontements ont eu lieu entre des individus solidaires et la police, les politiciens, les fascistes et les braves citoyens lançaient une rafale de racisme. D’ailleurs, la révolte de Rosarno a aussi fait écho à Bruxelles : l’Institut Italien pour le Commerce Extérieur a été attaqué avec des pierres et de la peinture en solidarité avec la révolte. Un petit signe que la révolte ne connaît pas de frontières, que la solidarité consiste à continuer l’attaque contre tout ce qui nous opprime.
Le tract ci-dessous a notamment été distribué à Gênes.
Spartacus est de retour. Vive Spartacus!
L’esclave cesse d’en être un à l’instant où il essaye de briser ses chaînes. A cet instant-là, insouciant des conséquences de sa tentative, la dignité, le désir, la rage et un sentiment profond d’injustice contre le patron, contre celui qui le force à l’esclavage, surgissent à nouveau de manière libératoire.
La révolte de l’esclave est un acte suprême, c’est - au-dessus de tout - un acte d’amour pour soi et pour l’humanité toute entière. La révolte de l’esclave est l’espoir et la justice forgés en armes pour devenir la possibilité concrète de l’émancipation. C’est tout simplement la volonté d’une vie autre, peut-être heureuse, qui s’affirme. Les esclaves de Rosarno en ont parlé. Ils en ont parlé à travers leurs actes et leur rage. Dans l’incendie, dans les vitres fracassées, dans les panneaux arrachés, dans les coups de bâton contre la police se cache la poésie d’un amant.
Peut-être l’amour sans calculs, l’amour désespéré, l’amour capable de tomber, est-il une vieille chose. Tout comme l’esclavage est une vieille chose. Peut-être est-ce justement à cause de cela que ceux qui sont capables de comprendre, que ceux qui savent lire la poésie des esclaves de Rosarno sont aujoud’hui peu nombreux.
Dans cette Italie lamentable, plongée dans la peur de ce qui est « différent » et imprégnée d’hypocrisie, gouvernée par des vermines soutenues par des foules encore plus imbéciles, corrompue par la haine et élevée dans le mirage de l’accumulation et de la richesse, tous crient aujourd’hui au scandale. Au scandale à cause de la violence, de l’immigration clandestine, des conditions de travail, de l’insécurité et de l’exaspération.
Et bien, Seigneurs choqués, Citoyens honnêtes, que vous soyez de droite ou de gauche, que vous soyez englués de mélasse chrétienne ou que vous soyez forgés à coups de marteau du Droit, Vous êtes des cadavres.
Parce que seul un « mort d’esprit » peut débattre au sein du droit et dans les pages des journaux d’une déclaration d’amour d’un amant. Une telle déclaration, soit tu l’acceptes, soit tu la refuses.
Ceux qui acceptent jour après jour le joug toujours plus insupportable de l’Etat ; ceux qui font le baisemain quand les mafias fulminent ; ceux qui lèchent les bottes du patron - pour ensuite gronder contre ceux qui sont plus pauvres ou moins fortunés - et tous ceux qui tirent avantage de la misère d’autrui ; tous ces gens refuseront certainement les avances des immigrés de Rosarno. Mais ces gens ne méritent pas de discours, ce n’est pas à eux que nous voulons parler.
Ceux qui sauront certainement encore écouter sont « les libertins », les esprits qui savent encore désirer, qui connaissent encore la différence entre vivre et survivre, entre la liberté et l’esclavage. Qui savent qu’un millier de voitures brûlées ne vaut pas la liberté et la dignité d’un homme.
L’esclavage est fait d’hommes et de marchandises, d’entreprises et de rapports. Il est possible grâce à une politique toujours plus xénophobe et classiste soutenue par des armées d’uniformes et de mafieux en chemise blanche.
L’amour de la liberté est fait de complicité et de fantaisie. La révolte des immigrés africains de Rosarno est un don pour nous tous, maintenant c’est à nous de redonner quelque chose.
Parce qu’aucun homme ne sera libre tant que la dernière chaîne ne sera pas rompue.
Anarchistes et libertaires à Gênes.
Dans le sud de l’Italie, surtout dans l’agriculture, des dizaines de milliers d’immigrés sont exploités dans des conditions d’esclavage par une alliance de mafias, de politiciens locaux et d’entrepreneurs. La plupart dorment dans des bâtiments d’usines désaffectés, sans eau, chauffage ou électricité. Auparavant déjà, il y avait eu des révoltes, qui ont souvent été réprimées dans le sang par les mercenaires de la mafia.
Tandis que des anarchistes distribuaient dans plusieurs villes italiennes des tracts en solidarité avec la révolte et qu’à Rome, des affrontements ont eu lieu entre des individus solidaires et la police, les politiciens, les fascistes et les braves citoyens lançaient une rafale de racisme. D’ailleurs, la révolte de Rosarno a aussi fait écho à Bruxelles : l’Institut Italien pour le Commerce Extérieur a été attaqué avec des pierres et de la peinture en solidarité avec la révolte. Un petit signe que la révolte ne connaît pas de frontières, que la solidarité consiste à continuer l’attaque contre tout ce qui nous opprime.
Le tract ci-dessous a notamment été distribué à Gênes.
Spartacus est de retour. Vive Spartacus!
L’esclave cesse d’en être un à l’instant où il essaye de briser ses chaînes. A cet instant-là, insouciant des conséquences de sa tentative, la dignité, le désir, la rage et un sentiment profond d’injustice contre le patron, contre celui qui le force à l’esclavage, surgissent à nouveau de manière libératoire.
La révolte de l’esclave est un acte suprême, c’est - au-dessus de tout - un acte d’amour pour soi et pour l’humanité toute entière. La révolte de l’esclave est l’espoir et la justice forgés en armes pour devenir la possibilité concrète de l’émancipation. C’est tout simplement la volonté d’une vie autre, peut-être heureuse, qui s’affirme. Les esclaves de Rosarno en ont parlé. Ils en ont parlé à travers leurs actes et leur rage. Dans l’incendie, dans les vitres fracassées, dans les panneaux arrachés, dans les coups de bâton contre la police se cache la poésie d’un amant.
Peut-être l’amour sans calculs, l’amour désespéré, l’amour capable de tomber, est-il une vieille chose. Tout comme l’esclavage est une vieille chose. Peut-être est-ce justement à cause de cela que ceux qui sont capables de comprendre, que ceux qui savent lire la poésie des esclaves de Rosarno sont aujoud’hui peu nombreux.
Dans cette Italie lamentable, plongée dans la peur de ce qui est « différent » et imprégnée d’hypocrisie, gouvernée par des vermines soutenues par des foules encore plus imbéciles, corrompue par la haine et élevée dans le mirage de l’accumulation et de la richesse, tous crient aujourd’hui au scandale. Au scandale à cause de la violence, de l’immigration clandestine, des conditions de travail, de l’insécurité et de l’exaspération.
Et bien, Seigneurs choqués, Citoyens honnêtes, que vous soyez de droite ou de gauche, que vous soyez englués de mélasse chrétienne ou que vous soyez forgés à coups de marteau du Droit, Vous êtes des cadavres.
Parce que seul un « mort d’esprit » peut débattre au sein du droit et dans les pages des journaux d’une déclaration d’amour d’un amant. Une telle déclaration, soit tu l’acceptes, soit tu la refuses.
Ceux qui acceptent jour après jour le joug toujours plus insupportable de l’Etat ; ceux qui font le baisemain quand les mafias fulminent ; ceux qui lèchent les bottes du patron - pour ensuite gronder contre ceux qui sont plus pauvres ou moins fortunés - et tous ceux qui tirent avantage de la misère d’autrui ; tous ces gens refuseront certainement les avances des immigrés de Rosarno. Mais ces gens ne méritent pas de discours, ce n’est pas à eux que nous voulons parler.
Ceux qui sauront certainement encore écouter sont « les libertins », les esprits qui savent encore désirer, qui connaissent encore la différence entre vivre et survivre, entre la liberté et l’esclavage. Qui savent qu’un millier de voitures brûlées ne vaut pas la liberté et la dignité d’un homme.
L’esclavage est fait d’hommes et de marchandises, d’entreprises et de rapports. Il est possible grâce à une politique toujours plus xénophobe et classiste soutenue par des armées d’uniformes et de mafieux en chemise blanche.
L’amour de la liberté est fait de complicité et de fantaisie. La révolte des immigrés africains de Rosarno est un don pour nous tous, maintenant c’est à nous de redonner quelque chose.
Parce qu’aucun homme ne sera libre tant que la dernière chaîne ne sera pas rompue.
Anarchistes et libertaires à Gênes.
Il était une fois... Les Barons
Pendant des semaines, c’était lisible sur tous les trams et bus : tu iras voir le film « Les Barons » parce que même la STIB le trouve bien. Apparemment, c’était un de ces films que tu ne peux pas rater, dont il faut parler pendant des heures, et qui pourrait même provoquer des vraies discussions…
Eh alors ? Rien. On aurait pu tout aussi bien aller voir un film de promotion du service de la prévention. Le film essaye de faire rire, mais ne professe en réalité qu’un seul message : peu importe qui tu es, peu importe d’où tu es ou d’où tu viens, nous sommes tous une grande famille heureuse… il faut juste faire des efforts.
Tous une grande famille ? La réalité est bien différente à Molenbeek. A chaque coin de rue, les flics te regardent par derrière. Et si tu les rencontres, il faut mieux baisser les yeux, car sinon tu es en train de les « provoquer »… Bon, c’est vrai, dans Les Barons, il n’y a pas de flics. Dans Les Barons, il n’y a même personne qui ne se batte. A aucun moment. Ni contre les flics, ni contre ces bureaucrates ennuyeux de l’ONEM, contre rien ni contre personne. Tout le monde est heureux dans le film.
Tout le monde est heureux ? C’est facile dans Les Barons, puisque la pauvreté n’existe pas, qu’il n’y a pas de propriétaires qui t’extorquent chaque mois des centaines d’euros et qu’il n’y a pas d’huissiers qui écument les rues. Molenbeek est pourtant, au même titre qu’Anderlecht, Saint-Josse, Forest et d’autres quartiers, un de ces bacs collecteur de pauvres entassés sur quelques kilomètres carrés.
Il faut juste faire des efforts ? C’est l’histoire classique de l’intégration… en oubliant volontairement que ce système a sa marge d’enfants indésirables, qu’il décharge ou utilise à son gré. Et aucun « il faut juste faire des efforts » n’y changera quoi que ce soit. Les fables sur l’intégration dans une société basée justement sur la division entre riches et pauvres, entre intégrés et déchets, sont une fois de plus promues dans ce film.
Monsieur le régisseur, qui connaît évidemment tout de Molenbeek car c’est un spécialiste en la matière, est-ce que l’argent rentre bien ? Est-ce qu’on t’a bien payé pour ce film de promotion ? Pendant que les salles se remplissent de gens qui ont payé dix euros pour être plongé dans un éloge de la paix sociale au milieu de toute cette misère et de cette rage (soyez tranquille, on ne les voit pas à l’écran), nous continuons à nous battre. Comme on l’a toujours fait, ne fût-ce que pour garder la tête haute. Garde tes fables pour toi !
PS : Monsieur STIB, je voudrai vous déconseiller par avance de procéder à une opération identique en faisant composer un quelconque groupe de hip-hop d’Anderlecht sur votre splendide entreprise, sur vos couloirs blindés de caméras et sur vos aimables contrôleurs. Si vous passiez un tel morceau autant de fois que votre « attention, il y a des pickpockets dans la gare », vous vous exposeriez à nettoyer bien des dégueulis sur vos quais.
Eh alors ? Rien. On aurait pu tout aussi bien aller voir un film de promotion du service de la prévention. Le film essaye de faire rire, mais ne professe en réalité qu’un seul message : peu importe qui tu es, peu importe d’où tu es ou d’où tu viens, nous sommes tous une grande famille heureuse… il faut juste faire des efforts.
Tous une grande famille ? La réalité est bien différente à Molenbeek. A chaque coin de rue, les flics te regardent par derrière. Et si tu les rencontres, il faut mieux baisser les yeux, car sinon tu es en train de les « provoquer »… Bon, c’est vrai, dans Les Barons, il n’y a pas de flics. Dans Les Barons, il n’y a même personne qui ne se batte. A aucun moment. Ni contre les flics, ni contre ces bureaucrates ennuyeux de l’ONEM, contre rien ni contre personne. Tout le monde est heureux dans le film.
Tout le monde est heureux ? C’est facile dans Les Barons, puisque la pauvreté n’existe pas, qu’il n’y a pas de propriétaires qui t’extorquent chaque mois des centaines d’euros et qu’il n’y a pas d’huissiers qui écument les rues. Molenbeek est pourtant, au même titre qu’Anderlecht, Saint-Josse, Forest et d’autres quartiers, un de ces bacs collecteur de pauvres entassés sur quelques kilomètres carrés.
Il faut juste faire des efforts ? C’est l’histoire classique de l’intégration… en oubliant volontairement que ce système a sa marge d’enfants indésirables, qu’il décharge ou utilise à son gré. Et aucun « il faut juste faire des efforts » n’y changera quoi que ce soit. Les fables sur l’intégration dans une société basée justement sur la division entre riches et pauvres, entre intégrés et déchets, sont une fois de plus promues dans ce film.
Monsieur le régisseur, qui connaît évidemment tout de Molenbeek car c’est un spécialiste en la matière, est-ce que l’argent rentre bien ? Est-ce qu’on t’a bien payé pour ce film de promotion ? Pendant que les salles se remplissent de gens qui ont payé dix euros pour être plongé dans un éloge de la paix sociale au milieu de toute cette misère et de cette rage (soyez tranquille, on ne les voit pas à l’écran), nous continuons à nous battre. Comme on l’a toujours fait, ne fût-ce que pour garder la tête haute. Garde tes fables pour toi !
PS : Monsieur STIB, je voudrai vous déconseiller par avance de procéder à une opération identique en faisant composer un quelconque groupe de hip-hop d’Anderlecht sur votre splendide entreprise, sur vos couloirs blindés de caméras et sur vos aimables contrôleurs. Si vous passiez un tel morceau autant de fois que votre « attention, il y a des pickpockets dans la gare », vous vous exposeriez à nettoyer bien des dégueulis sur vos quais.
Nous aimons être hors jeu
A l’exemple de beaucoup de communes et de villes du reste de la Belgique, c’est maintenant au tour de Bruxelles. À partir du premier jour de l’an 2010, il sera obligatoire de trier ses déchets.
Ce que la STIB essayait déjà de nous apprendre sur ses lignes, nous devrons tous l’appliquer chez nous et mettre le bon produit dans la bonne couleur (blanc, bleu, jaune et, qui sait si s’ajoutera le vert). Toutes sortes de campagnes publiques essayaient déjà de faire la distinction entre le sale et le propre, ou plutôt entre les gens sales ou les propres, les bons et les mauvais, les noirs et les blancs. On devrait ainsi tous condamner nos voisins, comme si c’étaient eux ou un emballage de papier qui rendaient nos vies misérables. Ils essayent de nous faire porter un sentiment de culpabilité et de nous inculquer une citoyenneté vertueuse. Et visiblement, cela va de pair avec les stéréotypes sexistes. Ainsi, la fillette de 10 ans se préoccupera surtout de sa maternité future et certaine (“Parce que, tôt ou tard, j’aurais des enfants moi-même”), alors que le gars de 16 ans s’occupera surtout du foot (“Parce que je ne veux pas être hors jeu” euh, nous clairement si).
Parce qu’une telle propagande n’apporte souvent pas grand chose (les campagnes précédentes n’ont guère fait sentir leurs effets), les instances compétentes promettent d’ores et déjà des représailles financières contre les sourds et les aveugles. Des amendes de 62,5 à 625 euros seront distribuées pour les déchets non triés. Comme ça se fait déjà dans d’autres villes, ce sera votre bon copain le gardien de ville qui viendra fouiner dans vos ordures et juger si tout est trié à souhait. Le comble, c’est que les sacs poubelle blancs (pour les immondices non triés) coûteront 10 cents plus chers, sans doute comme un avant-goût de futures augmentations de prix hallucinantes (dans certains villes, unsac en plastique de la bonne couleur coûte déjà 2,5 euros !).
Le but c’est donc que chaque maison devienne un mini-centre de recyclage (je ne sais où on va trouver la place). Si nous examinons le système de recyclage, une chose saute pourtant à l’oeil. Dans le sac pour les emballages en plastique, tous ne peuvent même pas rentrer (barquettes de beurre, pots de yaourt...). C’est assez déroutant, alors pourquoi ont-ils inventé ce casse-tête miniature ? Ce n’est certes pas parce que ces déchets ne sont pas recyclables, mais tout simplement parce qu’ils sont plus chers à recycler. Alors, magiquement, comme il n’y a pas de fric à y gagner, tous les prétextes verts s’arrêtent en chemin. Et évidemment, plus vous triez correctement, moins il faut payer de gens pour tout sélectionner après le ramassage des poubelles. Oui, vous comprenez bien, vos déchets, et surtout votre triage, valent un paquet de fric.
Parce que nous en avons marre de voir et d’entendre partout des campagnes publiques qui nous pointent du doigt... Parce que nous en avons marre de l’ingérence des flics de toutes les couleurs... Parce que nous en avons marre de voir les usines (qui engraissent les riches alors que d’autres travaillent à la chaîne pour des salaires misérables), les grosses caisses (où ces messieurs en cravate se font conduire pendant que les contrôleurs de la STIB nous font toujours plus la chasse) et les centrales nucléaires (pur profit pour les entreprises énergétiques alors que nous pouvons à peine payer les factures) pomper toujours plus de saletés dans l’air, l’eau et le sol en toute tranquillité, pendant que nous sommes désignés comme les coupables du fait que la terre devienne de la merde...
...Oui, nous trierons nos déchets, mais selon notre propre méthode. D’abord, soigneusement faire en sorte que les documents personnels (lettres et autres papiers contenant des noms) soient jetés séparément (quelque part dans une poubelle dans la rue après avoir été déchirés), pour que les curieux ne trouvent pas de preuves. Quant au reste, on le mettra dans un sac de la couleur de votre choix qui sera flanqué à côté du supermarché. Retour à l’expéditeur, retour dans la gueule de tous les mêle-tout et des frimeurs (qui nous ont fourgué tous ces déchets avec leur économie basée sur toutes ces conneries de consommation).
Et, question de convivialité, nous le rebaptiserons « triage/décharge révolutionnaire » (inspiré d’une idée anversoise qui connaît un grand succès là-bas). Au plaisir du prochain nouvel an !
Ce que la STIB essayait déjà de nous apprendre sur ses lignes, nous devrons tous l’appliquer chez nous et mettre le bon produit dans la bonne couleur (blanc, bleu, jaune et, qui sait si s’ajoutera le vert). Toutes sortes de campagnes publiques essayaient déjà de faire la distinction entre le sale et le propre, ou plutôt entre les gens sales ou les propres, les bons et les mauvais, les noirs et les blancs. On devrait ainsi tous condamner nos voisins, comme si c’étaient eux ou un emballage de papier qui rendaient nos vies misérables. Ils essayent de nous faire porter un sentiment de culpabilité et de nous inculquer une citoyenneté vertueuse. Et visiblement, cela va de pair avec les stéréotypes sexistes. Ainsi, la fillette de 10 ans se préoccupera surtout de sa maternité future et certaine (“Parce que, tôt ou tard, j’aurais des enfants moi-même”), alors que le gars de 16 ans s’occupera surtout du foot (“Parce que je ne veux pas être hors jeu” euh, nous clairement si).
Parce qu’une telle propagande n’apporte souvent pas grand chose (les campagnes précédentes n’ont guère fait sentir leurs effets), les instances compétentes promettent d’ores et déjà des représailles financières contre les sourds et les aveugles. Des amendes de 62,5 à 625 euros seront distribuées pour les déchets non triés. Comme ça se fait déjà dans d’autres villes, ce sera votre bon copain le gardien de ville qui viendra fouiner dans vos ordures et juger si tout est trié à souhait. Le comble, c’est que les sacs poubelle blancs (pour les immondices non triés) coûteront 10 cents plus chers, sans doute comme un avant-goût de futures augmentations de prix hallucinantes (dans certains villes, unsac en plastique de la bonne couleur coûte déjà 2,5 euros !).
Le but c’est donc que chaque maison devienne un mini-centre de recyclage (je ne sais où on va trouver la place). Si nous examinons le système de recyclage, une chose saute pourtant à l’oeil. Dans le sac pour les emballages en plastique, tous ne peuvent même pas rentrer (barquettes de beurre, pots de yaourt...). C’est assez déroutant, alors pourquoi ont-ils inventé ce casse-tête miniature ? Ce n’est certes pas parce que ces déchets ne sont pas recyclables, mais tout simplement parce qu’ils sont plus chers à recycler. Alors, magiquement, comme il n’y a pas de fric à y gagner, tous les prétextes verts s’arrêtent en chemin. Et évidemment, plus vous triez correctement, moins il faut payer de gens pour tout sélectionner après le ramassage des poubelles. Oui, vous comprenez bien, vos déchets, et surtout votre triage, valent un paquet de fric.
Parce que nous en avons marre de voir et d’entendre partout des campagnes publiques qui nous pointent du doigt... Parce que nous en avons marre de l’ingérence des flics de toutes les couleurs... Parce que nous en avons marre de voir les usines (qui engraissent les riches alors que d’autres travaillent à la chaîne pour des salaires misérables), les grosses caisses (où ces messieurs en cravate se font conduire pendant que les contrôleurs de la STIB nous font toujours plus la chasse) et les centrales nucléaires (pur profit pour les entreprises énergétiques alors que nous pouvons à peine payer les factures) pomper toujours plus de saletés dans l’air, l’eau et le sol en toute tranquillité, pendant que nous sommes désignés comme les coupables du fait que la terre devienne de la merde...
...Oui, nous trierons nos déchets, mais selon notre propre méthode. D’abord, soigneusement faire en sorte que les documents personnels (lettres et autres papiers contenant des noms) soient jetés séparément (quelque part dans une poubelle dans la rue après avoir été déchirés), pour que les curieux ne trouvent pas de preuves. Quant au reste, on le mettra dans un sac de la couleur de votre choix qui sera flanqué à côté du supermarché. Retour à l’expéditeur, retour dans la gueule de tous les mêle-tout et des frimeurs (qui nous ont fourgué tous ces déchets avec leur économie basée sur toutes ces conneries de consommation).
Et, question de convivialité, nous le rebaptiserons « triage/décharge révolutionnaire » (inspiré d’une idée anversoise qui connaît un grand succès là-bas). Au plaisir du prochain nouvel an !
Métro
Cette femme devant moi. Les yeux grands ouverts. Inquiets, exigeants. Elle attend quelque chose de moi. Quelque chose que je ne veux pas lui donner. Je ne pourrais pas.
Je viens de lui donner un tract qui parle de la mort d’une personne en prison. Cinq personnes y sont décédées ces deux derniers mois. Certains à cause des médicaments fourgués par les médecins, d’autres sous les balles nues de la police. Pour Alex, c’était le “suicide”, une mort annoncée, un jour après avoir inhalé l’air libéré, un bref instant avant d’être repris par les matons. Personne ne saura ce qui s’est réellement passé. Ce qui est par contre clair, c’est qu’un pas a été franchi : la réponse de l’État face à trop de révolte.
“Mais dites-moi ce qu’on peut faire ?”
La première chose qui me vient en tête: “c’est à toi-même qu’il faut te poser la question”, mais c’est assez nul comme réponse. Je murmure donc un peu et les portes du métro se renferment. “Merci.”
Qu’est-ce qu’elle attend ? Que je lui file une pétition, qu’on aille porter plainte ensemble contre les abus de pouvoir, contre les bavures, ou encore exiger des enquêtes indépendantes ? Créer l’illusion que nous ayons fait quelque chose alors que nous ne ferions que confier à d’autres la responsabilité d’agir. Se fier à ceux qui participent entièrement au cours des choses, en première ligne ou en le cautionnant, à ceux qui oeuvrent chaque jour à ce que les rapports de domination puissent se maintenir.
Je ne sais que trop bien ce que je n’ai pas envie de proposer, mais ça ne répond pas à sa question. Cette question qui me fout mal à l’aise. Je préfère de loin les deux gamins qui commencent à lire le tract à haute voix, pour tout le monde ; ou les grandes gueules de service qui, pour un bref instant, se taisent et lisent le tract, en silence, soigneusement, attentivement. Ou celui qui me lance “mais la révolte a déjà commencé ! On a tout cassé au square Albert, et les voitures continuent de brûler! La prochaine fois on prend le commissariat ensemble!” Qui sait, un jour, quand ça sera différent, quand tu ne me prendras plus pour une extra-terrestre parce que je te parle de liberté ; quand tes rêves ne seront plus dirigés par le fric. On pourra peut-être parler la même langue.
Bref, la femme.
J’ai lu quelque part dans une publication anarchiste que “nous n’avons rien à offrir”. Ça me plaît comme idée, c’est ce qui nous différencie des politiciens de tout poil, toujours disponibles avec leur programme à suivre sous le bras, avec des solutions toutes faites qui n’attendent que d’être exécutées. Il ne manquerait que de s’organiser...
Non, je n’ai rien à offrir, moi. Je me balade sur un chemin qui essaye de subvertir les autres ; je ne sais pas où il me mène. Tout ce que je sais, c’est ceux que je laisse derrière moi... ceux de la résignation, de la participation passive, de l’indifférence. Ce qui alimente mes pas, ce n’est pas seulement la rage profonde qui gronde en moi, rage contre ce monde basé sur des rapports de domination et de soumission reproduits à l’infini, rage contre chaque coup qu’on se prend dans la gueule ; ce sont autant les gestes de rébellion, de riposte, de rupture qui permettent de voir un peu plus clair dans ce brouillard de tous contre tous. Des gestes qui portent déjà les traits d’autres choses, incompréhensibles pour les défenseurs de ce monde, et incontrôlables.
Je viens de lui donner un tract qui parle de la mort d’une personne en prison. Cinq personnes y sont décédées ces deux derniers mois. Certains à cause des médicaments fourgués par les médecins, d’autres sous les balles nues de la police. Pour Alex, c’était le “suicide”, une mort annoncée, un jour après avoir inhalé l’air libéré, un bref instant avant d’être repris par les matons. Personne ne saura ce qui s’est réellement passé. Ce qui est par contre clair, c’est qu’un pas a été franchi : la réponse de l’État face à trop de révolte.
“Mais dites-moi ce qu’on peut faire ?”
La première chose qui me vient en tête: “c’est à toi-même qu’il faut te poser la question”, mais c’est assez nul comme réponse. Je murmure donc un peu et les portes du métro se renferment. “Merci.”
Qu’est-ce qu’elle attend ? Que je lui file une pétition, qu’on aille porter plainte ensemble contre les abus de pouvoir, contre les bavures, ou encore exiger des enquêtes indépendantes ? Créer l’illusion que nous ayons fait quelque chose alors que nous ne ferions que confier à d’autres la responsabilité d’agir. Se fier à ceux qui participent entièrement au cours des choses, en première ligne ou en le cautionnant, à ceux qui oeuvrent chaque jour à ce que les rapports de domination puissent se maintenir.
Je ne sais que trop bien ce que je n’ai pas envie de proposer, mais ça ne répond pas à sa question. Cette question qui me fout mal à l’aise. Je préfère de loin les deux gamins qui commencent à lire le tract à haute voix, pour tout le monde ; ou les grandes gueules de service qui, pour un bref instant, se taisent et lisent le tract, en silence, soigneusement, attentivement. Ou celui qui me lance “mais la révolte a déjà commencé ! On a tout cassé au square Albert, et les voitures continuent de brûler! La prochaine fois on prend le commissariat ensemble!” Qui sait, un jour, quand ça sera différent, quand tu ne me prendras plus pour une extra-terrestre parce que je te parle de liberté ; quand tes rêves ne seront plus dirigés par le fric. On pourra peut-être parler la même langue.
Bref, la femme.
J’ai lu quelque part dans une publication anarchiste que “nous n’avons rien à offrir”. Ça me plaît comme idée, c’est ce qui nous différencie des politiciens de tout poil, toujours disponibles avec leur programme à suivre sous le bras, avec des solutions toutes faites qui n’attendent que d’être exécutées. Il ne manquerait que de s’organiser...
Non, je n’ai rien à offrir, moi. Je me balade sur un chemin qui essaye de subvertir les autres ; je ne sais pas où il me mène. Tout ce que je sais, c’est ceux que je laisse derrière moi... ceux de la résignation, de la participation passive, de l’indifférence. Ce qui alimente mes pas, ce n’est pas seulement la rage profonde qui gronde en moi, rage contre ce monde basé sur des rapports de domination et de soumission reproduits à l’infini, rage contre chaque coup qu’on se prend dans la gueule ; ce sont autant les gestes de rébellion, de riposte, de rupture qui permettent de voir un peu plus clair dans ce brouillard de tous contre tous. Des gestes qui portent déjà les traits d’autres choses, incompréhensibles pour les défenseurs de ce monde, et incontrôlables.
STIB
STIB // Le nouvel an annonce plus de blagues encore. Dans certaines stations de métro, ils sont sur les dents. Pour l’instant, ils laissent passer tout le monde sans distinction, et dans certaines stations, seuls des trous sont pour l’instant creusés dans le sol. Ce sont les futures portes d’entrée de la STIB. Le nouvel office situé rue de la Loi, de nouvelles rames ‘design’ de métros et de trams, toutes les caméras supplémentaires, tous ces agents de prévention pour embêter les sans-abris, les rafles... tout ça a coûté du pognon fou, et doit bien être ramassé quelque part. Ils ont donc installé des portes, et sans ticket on n’entre pas.
Grâce à la “révolution” Mobib, ils pourront aussi faire un tour d’horizon des itinéraires de beaucoup de gens. Bientôt, ils pourront calculer quelles lignes et quels abonnements avantageux ne rapportent pas assez, et sur quelles lignes il y a le plus de “fraudeurs”. On peut donc déjà s’attendre à la suppression des lignes et des abonnements “inefficaces”, et à plus de contrôles ciblés. En attendant, c’est la “traditionnelle augmentation des prix de février” qui arrive une fois de plus.
Ceux qui ne peuvent ou ne veulent pas payer tout ce luxe et toutes ces grandes actions de nettoyage de “sujets indésirables” manquent de pot. Ou du moins, c’est ce qu’il paraît.
Grâce à la “révolution” Mobib, ils pourront aussi faire un tour d’horizon des itinéraires de beaucoup de gens. Bientôt, ils pourront calculer quelles lignes et quels abonnements avantageux ne rapportent pas assez, et sur quelles lignes il y a le plus de “fraudeurs”. On peut donc déjà s’attendre à la suppression des lignes et des abonnements “inefficaces”, et à plus de contrôles ciblés. En attendant, c’est la “traditionnelle augmentation des prix de février” qui arrive une fois de plus.
Ceux qui ne peuvent ou ne veulent pas payer tout ce luxe et toutes ces grandes actions de nettoyage de “sujets indésirables” manquent de pot. Ou du moins, c’est ce qu’il paraît.
Brèves de désordre
Incendie d’un chantier • Quatre grues et quelques excavatrices sont incendiées sur un chantier de Valens – Infrabel à Itterbeek. Les travaux sur le Réseau Express Régional (RER) sont temporairement suspendus. Valens fait partie du groupe d’entreprises de construction Eiffage et collabore à la construction du nouveau centre fermé à Steenokkerzeel. Infrabel est l’entreprise de gestion de l’infrastructure ferroviaire belge.
Collaborateur indigné • Longs slogans de plusieurs mètres contre l’entreprise de travaux de terrassement Michiels, à Booischot, qui collabore à la construction du nouveau centre fermé de Steenokkerzeel. “Stop déportations”, “Michiels bâtards”, “Michiels collabore”, “Pas de nouveaux centres fermés” et “Michiels fait de l’argent avec l’enfermement des sans papiers” est peint en rouge et noir sur trois églises et une école aux environs de Heist-op-den-Berg.Réaction du gérant, Herman Michiels : « Nous étions contents avec le boulot. Nous devons aussi gagner notre vie. […] J’espère que ça en restera là. Je ne voudrais pas qu’ils cassent tout ici, comme à Sint-Denijs-Westrem. [Office de Besix] »
Engluées • Les serrures de douze bâtiments de la Justice de Paix sont engluées à Bruxelles. Un message est laissé près de là : « Alors que l’Etat grec arrête préventivement plus de 150 personnes, nous présumions que la justice allait encore sévir aujourd’hui et ici. Prison, amendes peines alternatives diverses ; voilà les punitions qu’elle inflige au quotidien. C’est pourquoi nous avons décidé de la bloquer préventivement. Solidarité avec les compagnons grecs ainsi qu’avec les différents compagnons qui vont bientôt passer en procès pour s’être battu contre l’Etat et le Capital. »
Génocide rappelé • Une statue du roi Léopold II se prend un pot de peinture rouge dans le parc du musée de Tervuren. Le mot «génocide» trône sur le buste.
Jésus kidnappé • Dans la crèche de Noël à Hoeilaart, le petit Jésus est dérobé et remplacé par une lettre. « Ce soir, nous avons kidnappé le petit Jésus, par mesure de prudence. Puisque ce n’est qu’une question de temps avant que vous vous rendiez compte que ce gamin n’a pas de papiers, et qu’il a donc sa place dans un centre de déportation ou une autre prison. Seulement quand la construction de celui-ci sera arrêtée et les autres prisons seront démolies, nous rendrons l’enfant. »
Feu de réveillon • La veille du nouvel an, la porte d’entrée de la prison de Forest est percée à la kalachnikov. Plusieurs fenêtres volent en éclats et les balles endommagent un système d’aération au sein de la prison.
Protestation • Une trentaine de personnes manifestent devant le centre fermé de Vottem contre les négligences médicales et en mémoire de Yahya Tabbabi, qui y avait trouvé la mort le 4 janvier. Le docteur lui avait administré une overdose de méthadone et de benzodiazépine. Dans le centre, quelques sans-papiers entament une grève de la faim contre les abus des médecins.
Grue démolie • Dans le Eénmeilaan à Louvain, les vitres d’une grue volent en éclats.
Mise à sec • Les travailleurs de Inbev bloquent les usines de bière à Jupille, Hoegaarden et Leuven, contre la menace de licenciement de 300 travailleurs. Ils balancent de la bière et en donnent gratuitement. Après deux semaines de grève et la mise à sec de quelques supermarchés et cafés, ils obtiennent l’annulation des licenciements.
Place de la liberté • Deux semaines après la révolte des immigrés du 7 janvier dans le sud de l’Italie, l’Institut italien de Commerce Extérieur est attaqué à coups de pierres et de peinture rouge. Un slogan précise : «Rosarno. Contre le capital, l’Etat et la mafia».
Incendie contre une entreprise • Les 6 et 15 janvier, l’entreprise de traitement métallique RVR Technicals est la cible d’incendiaires à Ingelmunster. C’est d’abord la BMW du patron qui a été incendiée, puis est venu le tour du bâtiment lui-même. Une partie de l’intérieur et un entrepôt ont subi des dégâts. Un ex-travailleur a été arrêté à deux reprises, puis libéré faute de preuves.
Fourrage de cantine • Un groupe de personnes fait irruption dans la cantine de Sodexo sur le campus de l’ULB. Ils laissent des tracts qui précisent le rôle de Sodexo dans la machine à expulser. « […] Aujourd’hui, nous exproprions Sodexo de sa merde comestible pour que, gratuite, libérée de la chaîne financière qui la lie à l’enfermement, l’exploitation, et la colonisation, elle retrouve un goût moins amer. Aujourd’hui, nous pourrissons sa merde comestible pour que, immangeable, elle prenne le goût de cette collaboration.[…] »
Riposte • Peu après que Hassan, évadé de la prison de Namur fin décembre, soit assassiné par la police le 21 janvier lors d’une course-poursuite qui suivait le braquage d’un supermarché, des jeunes provoquent quelques destructions dans le centre d’Anderlecht, vers les Abattoirs. « Nous présumons que c’est cet événement qui a mis le feu aux poudres », selon le chef du corps adjoint de la Zone Midi, Patrick Evenepoel. « La nuit suivante, une autre fusillade a eu lieu dans notre zone lors d’une course poursuite avec nos agents. » Les vitres d’un concessionnaire Renault ainsi que celles de divers magasins volent en éclats. Une voiture est incendiée. Un mineur est arrêté en possession d’un cocktail molotov. Les jours suivants brûlent plusieurs autres voitures.
Michiels bis • Plusieurs machines de l’entreprise de construction Michiels sont détruites par le feu. A Heist-op-den-Berg des slogans avaient déjà été tagués contre Michiels qui collabore à la construction du nouveau centre fermé.
Collaborateur indigné • Longs slogans de plusieurs mètres contre l’entreprise de travaux de terrassement Michiels, à Booischot, qui collabore à la construction du nouveau centre fermé de Steenokkerzeel. “Stop déportations”, “Michiels bâtards”, “Michiels collabore”, “Pas de nouveaux centres fermés” et “Michiels fait de l’argent avec l’enfermement des sans papiers” est peint en rouge et noir sur trois églises et une école aux environs de Heist-op-den-Berg.Réaction du gérant, Herman Michiels : « Nous étions contents avec le boulot. Nous devons aussi gagner notre vie. […] J’espère que ça en restera là. Je ne voudrais pas qu’ils cassent tout ici, comme à Sint-Denijs-Westrem. [Office de Besix] »
Engluées • Les serrures de douze bâtiments de la Justice de Paix sont engluées à Bruxelles. Un message est laissé près de là : « Alors que l’Etat grec arrête préventivement plus de 150 personnes, nous présumions que la justice allait encore sévir aujourd’hui et ici. Prison, amendes peines alternatives diverses ; voilà les punitions qu’elle inflige au quotidien. C’est pourquoi nous avons décidé de la bloquer préventivement. Solidarité avec les compagnons grecs ainsi qu’avec les différents compagnons qui vont bientôt passer en procès pour s’être battu contre l’Etat et le Capital. »
Génocide rappelé • Une statue du roi Léopold II se prend un pot de peinture rouge dans le parc du musée de Tervuren. Le mot «génocide» trône sur le buste.
Jésus kidnappé • Dans la crèche de Noël à Hoeilaart, le petit Jésus est dérobé et remplacé par une lettre. « Ce soir, nous avons kidnappé le petit Jésus, par mesure de prudence. Puisque ce n’est qu’une question de temps avant que vous vous rendiez compte que ce gamin n’a pas de papiers, et qu’il a donc sa place dans un centre de déportation ou une autre prison. Seulement quand la construction de celui-ci sera arrêtée et les autres prisons seront démolies, nous rendrons l’enfant. »
Feu de réveillon • La veille du nouvel an, la porte d’entrée de la prison de Forest est percée à la kalachnikov. Plusieurs fenêtres volent en éclats et les balles endommagent un système d’aération au sein de la prison.
Protestation • Une trentaine de personnes manifestent devant le centre fermé de Vottem contre les négligences médicales et en mémoire de Yahya Tabbabi, qui y avait trouvé la mort le 4 janvier. Le docteur lui avait administré une overdose de méthadone et de benzodiazépine. Dans le centre, quelques sans-papiers entament une grève de la faim contre les abus des médecins.
Grue démolie • Dans le Eénmeilaan à Louvain, les vitres d’une grue volent en éclats.
Mise à sec • Les travailleurs de Inbev bloquent les usines de bière à Jupille, Hoegaarden et Leuven, contre la menace de licenciement de 300 travailleurs. Ils balancent de la bière et en donnent gratuitement. Après deux semaines de grève et la mise à sec de quelques supermarchés et cafés, ils obtiennent l’annulation des licenciements.
Place de la liberté • Deux semaines après la révolte des immigrés du 7 janvier dans le sud de l’Italie, l’Institut italien de Commerce Extérieur est attaqué à coups de pierres et de peinture rouge. Un slogan précise : «Rosarno. Contre le capital, l’Etat et la mafia».
Incendie contre une entreprise • Les 6 et 15 janvier, l’entreprise de traitement métallique RVR Technicals est la cible d’incendiaires à Ingelmunster. C’est d’abord la BMW du patron qui a été incendiée, puis est venu le tour du bâtiment lui-même. Une partie de l’intérieur et un entrepôt ont subi des dégâts. Un ex-travailleur a été arrêté à deux reprises, puis libéré faute de preuves.
Fourrage de cantine • Un groupe de personnes fait irruption dans la cantine de Sodexo sur le campus de l’ULB. Ils laissent des tracts qui précisent le rôle de Sodexo dans la machine à expulser. « […] Aujourd’hui, nous exproprions Sodexo de sa merde comestible pour que, gratuite, libérée de la chaîne financière qui la lie à l’enfermement, l’exploitation, et la colonisation, elle retrouve un goût moins amer. Aujourd’hui, nous pourrissons sa merde comestible pour que, immangeable, elle prenne le goût de cette collaboration.[…] »
Riposte • Peu après que Hassan, évadé de la prison de Namur fin décembre, soit assassiné par la police le 21 janvier lors d’une course-poursuite qui suivait le braquage d’un supermarché, des jeunes provoquent quelques destructions dans le centre d’Anderlecht, vers les Abattoirs. « Nous présumons que c’est cet événement qui a mis le feu aux poudres », selon le chef du corps adjoint de la Zone Midi, Patrick Evenepoel. « La nuit suivante, une autre fusillade a eu lieu dans notre zone lors d’une course poursuite avec nos agents. » Les vitres d’un concessionnaire Renault ainsi que celles de divers magasins volent en éclats. Une voiture est incendiée. Un mineur est arrêté en possession d’un cocktail molotov. Les jours suivants brûlent plusieurs autres voitures.
Michiels bis • Plusieurs machines de l’entreprise de construction Michiels sont détruites par le feu. A Heist-op-den-Berg des slogans avaient déjà été tagués contre Michiels qui collabore à la construction du nouveau centre fermé.
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